Laurie Girard et Émili Dufour présentent Point de rencontre à la galerie L’Oeuvre de l’Autre, jusqu’au 12 février.

Point de rencontre: un duo improbable à L’Oeuvre de l’Autre

Point de rencontre, une exposition présentée à la Galerie l’Oeuvre de l’Autre de l’Université du Québec à Chicoutimi, crée un duo improbable. Il montre le plus récent travail de Laurie Girard et d’Émili Dufour, deux artistes qui ont trouvé un terrain commun dans la pratique du dessin.

Cette exposition s’inscrit dans une série d’invitations de la coordonnatrice de la galerie, Nathalie Villeneuve. Elle convie des artistes qui n’auraient pas tendance à travailler ensemble à collaborer. La contrainte de travailler en équipe, loin de limiter les possibilités, amène les artistes ailleurs et ouvre des portes.

Émili Dufour propose une série de petites narrations.

Dans la galerie, les oeuvres d’Émili Dufour et celles de Laurie Girard se font écho. Celles de la première, aux couleurs plus vives, montrent des scènes auxquelles on assiste comme si on était un voyeur, encadrées par des motifs. Dans celles de Laurie Girard, plus sombres et composées de petites lignes courbes répétées des centaines de fois, on décline des séries de personnages et d’animaux.

«Je suis dans le numérique beaucoup, dans l’imprimé. Émili fait différents médiums. Elle se promène entre la peinture et le dessin. Travailler ensemble, ça m’a amenée à retourner dans le figuratif. Habituellement, je suis dans l’abstraction», explique Laurie Girard, sur la façon dont ce projet a modifié son approche.

Laurie Girard a délaissé ses créations abstraites, le temps d’une exposition.

Répétition

Le point commun entre ces deux séries d’oeuvres pourrait être la répétition, la variation sur le même thème, que chacune des deux artistes a interprété à sa manière. Dans les scènes d’Émili Dufour, on remarque entre autres de petits groupes d’animaux qui se trouvent dans chacune des toiles. Les dessins de Laurie Girard, quant à eux, sont construits avec la petite ligne, qui permet à un même personnage de prendre plusieurs formes.

«Il y a des similarités dans notre pratique. Nathalie nous avait soumis le titre, Point de rencontre, et on a un peu surfé dessus. Ce qui nous rapproche, c’est le dessin, la ligne, l’utilisation du motif. Sinon, on fait des choses bien différentes. On a aussi des thèmes qui peuvent se ressembler, comme des questionnements sur l’humain. Mais on ne serait pas porté à montrer notre travail ensemble», raconte Émili Dufour.

Créer avec de petits demi-cercles, ces oeuvres donnent l’impression du mouvement.

«J’aime travailler sur l’humain actuel et le non-lieu. Émili fait des petites narrations, mais dans mes oeuvres, on ne sait pas ce qu’il se passe. Mes personnages flottent dans une atmosphère vaporeuse. On est dans un moment en suspens. Il y a actuellement beaucoup de questionnements et on ne sait pas trop où s’en aller. On se pose beaucoup de questions qui restent sans réponse», indique pour sa part Laurie Girard.

En équipe

Pour concevoir l’exposition, les deux artistes ont travaillé chacune de leur côté, utilisant courriel et réseaux sociaux pour se montrer l’avancement de leurs créations. La vraie rencontre s’est faite dans les murs de la galerie, lorsqu’est venu le temps d’accrocher les oeuvres sur les quatre murs de L’Oeuvre de l’Autre.

Les oeuvres de Laurie Girard et d’Émili Dufour se font écho, dans la galerie de l’UQAC.

«On a travaillé plus sur une mise en espace et une façon de se faire rencontrer nos deux pratiques. On ne voulait pas nécessairement changer notre travail pour plaire à l’une ou pour plaire à l’autre, mais on s’est quand même influencé», résume Émili Dufour.

Point de rencontre est présenté jusqu’au 12 février prochain.