Philippe Bond a plusieurs raisons de remercier la vie, surtout depuis le début de la tournée Merci qui, le 14 décembre, le ramènera au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi.

Philippe Bond à la rencontre du public

Philippe Bond n’est pas de ces artistes qui comptent leurs pas, ou plutôt leur kilométrage. Loin d’assimiler la tournée à une corvée, il prend la route avec un plaisir renouvelé, sans égard à la distance à parcourir avant de rencontrer ses fans. Même quand l’avion constituerait une option, l’humoriste préfère rouler derrière le camion où sont regroupés les membres de l’équipe technique.

« Je le fais par respect pour eux. Il y a quelques jours encore, je les ai suivis jusqu’à Baie-Comeau et Sept-Îles, ce qui m’a permis d’arriver à la veille du spectacle, de me promener dans la ville en recueillant toutes sortes d’informations. Une fois sur scène, j’ai pu intégrer ces choses dans la partie improvisée. Les gens l’apprécient », a-t-il mentionné au cours d’une entrevue téléphonique accordée au Progrès.

Une autre de ses pratiques consiste à visiter les communautés moins populeuses, au gré de ses déplacements. Une fois rendu en Abitibi, par exemple, pourquoi ne pas étirer le séjour comme c’est arrivé plus tôt cet automne, à Lebel-sur-Quévillon ? « Après ce spectacle, je me trouvais dans un bar et plusieurs personnes sont venues me remercier d’avoir effectué un arrêt dans leur ville. Je trouve ça valorisant », explique l’humoriste.

Rendu à sa troisième tournée, intitulée Merci, il doit toutefois composer avec un nouveau facteur. À la maison, il y a désormais un enfant, de même que sa conjointe. L’idée de partir à la rencontre du Québec réel demeure attrayante, mais nécessite des ajustements. « C’est un peu plus stressant pour ma blonde. Chaque fois que je vais quelque part, elle a tendance à s’inquiéter », rapporte Philippe Bond.

Ce qui ne risque pas de changer, en revanche, c’est la durée variable de ses spectacles. Longtemps, son metteur en scène, Joseph Saint-Gelais, a voulu l’insérer dans un cadre finement calibré. « J’ai répondu que je n’étais pas un Martin Petit ou un Louis-José Houde, qui finissent toujours à la même heure. Je suis un raconteur à la Michel Barrette et Joseph l’a reconnu à la veille de la présente tournée. Il m’a dit de me laisser aller et sur scène, je trouve que ça coule mieux », affirme l’humoriste.

Il lui arrive ainsi de déborder, parfois même de franchir la barrière de deux heures. L’autre jour, par exemple, une histoire de souliers a retenu son attention, une anecdote à la fois drôle et incroyable. Ayant reçu par la poste deux souliers adaptés au pied gauche, Philippe Bond en a offert un lors d’un spectacle à Gatineau, lançant à la blague que ça pourrait intéresser un unijambiste. Or, un homme correspondant à cette description, chaussant la même pointure, s’est manifesté.

On devine que l’affaire a enflammé les médias sociaux, preuve qu’il vaut la peine de sortir du cadre, parce qu’on ne sait jamais ce qui peut arriver. Ce soir-là, néanmoins, l’homme est allé signer des autographes dans le hall, en prenant le temps de jaser avec tous ceux qui souhaitaient le faire. Parce qu’il se sent privilégié de gagner sa vie en faisant un métier qui le passionne. « Je trouve ça génial que le public me suive depuis mon premier spectacle. Il m’arrive même de voir trois générations dans la salle, des adolescents de 14 ou 15 ans accompagnés de leurs parents et de leurs grands-parents. Je suis content et en même temps, je ne veux rien prendre pour acquis », philosophe Philippe Bond, réconforté par le succès de la tournée Merci.

Amorcée en mars, elle a généré la vente de 70 000 billets à ce jour. Le nombre de représentations s’élève à plus de 130 et déjà, des supplémentaires émaillent son agenda, dont celle qui aura lieu le 14 décembre, au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi. « Si on se rend à 500 spectacles, je serai content parce qu’avec la partie improvisée, ce n’est jamais pareil », fait observer l’humoriste.