L’auteure de La déesse des mouches à feu a fait équipe avec le bédéiste François Vigneault (Titan) pour créer cet album graphique intitulé 13e Avenue.

Pettersen se lance dans la bédé

Après Fanny Britt, Simon Boulerice et Alain Farah, c’est au tour de Geneviève Pettersen de se lancer dans le monde de la bédé avec La Pastèque. L’auteure de La déesse des mouches à feu a fait équipe avec le bédéiste François Vigneault (Titan) pour créer cet album graphique intitulé 13e Avenue.

L’auteure et scénariste originaire de Chicoutimi avoue avoir une préférence pour les deadlines rapprochés. Ce qui fait que ce projet d’album, étalé sur près de quatre ans, lui a donné quelques angoisses existentielles. Malgré des préjugés qu’elle entretenait sur la bédé, elle s’est vite prise au jeu. « On m’avait demandé 5000 mots, j’en ai remis 22 000 ! » dit-elle en rigolant.

L’histoire de 13e Avenue est inspirée d’un fait divers entendu à la radio il y a quelques années. Il était question d’un électricien du Saguenay mort électrocuté sur un chantier de construction. Il laissait dans le deuil femme et enfant.

« Je me suis dit : “Quelle mort triste et absurde.” Je me suis mise à penser à ce petit garçon de six ans, et je me suis demandé comment on se remettait d’un drame pareil. »

C’est à partir de cette prémisse que Geneviève Pettersen a créé le personnage d’Alexis, 11 ans, qui quitte sa ville natale de Chicoutimi avec sa mère après la mort accidentelle de son père. Mère et fils s’installent à Montréal, plus précisément à Rosemont, où Geneviève Pettersen habite, soit dit en passant. Non, il n’y a pas de hasard.

« C’est la première fois que je sors du Saguenay pour raconter une histoire d’un de mes livres. Mais on retrouve toujours les thèmes de la transition et du déracinement dans ce que j’écris. Ce qui m’intéresse, c’est me plonger dans une réalité qu’on ne connaît pas. Dans ce cas-ci, le vide créé par la perte du père, le passage à la grande ville, la peur de l’autre, l’entrée au secondaire. »

Ode à un quartier

Rosemont est au cœur du travail réalisé par François Vigneault et Geneviève Pettersen.

« C’est un hommage à Rosemont, à la 13e Avenue, où j’habite, précise l’auteure. J’ai écrit ce livre pour mes enfants. D’ailleurs, les personnages du roman portent les mêmes noms que mes enfants : Ernest, Sophie, Alice. Je voulais aussi déboulonner le mythe selon lequel élever des enfants en ville, c’est de la marde. »

Il y aura une suite à 13e Avenue. Geneviève Pettersen espère même faire cinq tomes pour suivre son personnage durant ses cinq années du secondaire.