Perles de sagesse

CHRONIQUE / Quand Plume Latraverse a accepté de chanter vendredi soir, au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi, ses fans ont répondu présent. Une semaine avant ce spectacle, il ne restait qu’une poignée de billets dans les hauteurs, signe que plusieurs s’étaient ennuyés depuis la visite mémorable qu’il avait effectuée à l’été 2012, sur la Zone portuaire de Chicoutimi.

Les plus mordus ont pu le revoir en 2016, lors de son passage au Festival de la chanson de Tadoussac. Ce soir-là, l’homme était en verve, aussi drôle qu’à ses meilleurs jours. Plusieurs blagues avaient tourné autour du fait que lui et ses deux compagnons, Jean-Claude Marsan et Grégoire Morency, se produisaient dans une église. On voyait que ça lui tentait, surtout que le public, qui occupait tous les sièges, y compris au jubé, avait eu l’élégance d’écouter les chansons sans crier Bobépine à tout instant.

Cette année-là, j’ai eu la chance de réaliser une entrevue avec Plume, une belle conversation téléphonique dont voici quelques extraits, assimilables à des aphorismes, voire des perles de sagesse.

Sur sa carrière

« Le marché a changé. J’ai commencé dans les boîtes à chansons et c’est là que je vais boucler la boucle. Je suis comme un cordonnier qui travaille encore dans son atelier, alors que les multinationales vendent des chaussures. »

Sur l’inspiration

« Il y a des hauts et des bas de vague. Des fois, le puits est vide et il faut attendre. Puis, ça revient. C’est comme une maladie. »

Sur Bobépine

« J’ai fait ça en dix minutes. Une folie. Je ne pensais pas que ça collerait de même. Ce n’est pas comme avec Les pauvres, une chanson sur laquelle j’ai gossé longtemps. Il y a des fois où je peux me lever la nuit pour changer un mot. »

Sur les spectacles en trio

« J’ai toujours aimé ça. Je compare ce format à un tabouret. Il est assez solide pour asseoir des textes dessus. »

Sur la littérature

« Mon amour de base, c’est la peinture parce que t’es complètement libre. Quand tu écris un livre, par contre, t’es soumis à plein d’interventions et au bout, il te reste 10 %. J’en ai fait, à une certaine époque. Ça devait sortir, mais à la fin, il y a peu de résultats. »

Sur les régions

« J’ai connu l’époque où c’était intéressant de se promener un peu. On partait en ‘‘truck’’ avec le ‘‘staff’’. On faisait les tavernes du coin, les postes de radio. On s’abreuvait à chaque fontaine, dans chaque village. J’ai eu la chance de goûter à la culture régionale avant que s’installe la culture des fauteuils. Aujourd’hui, les stations sont en réseau et dans les salles, tout est centré sur l’humour. »

Sur une éventuelle autobiographie

« Les chansons remplissent ce mandat. »