André Bouchard présente l’un des premiers tableaux où, tout en rendant hommage au monde animal, il crée un effet 3D grâce à des morceaux d’acrylique transparente. Celui-ci a pour titre Le coeur au vent.

Peindre des animaux pour sauver la planète

Pendant que des étudiants font la grève pour afficher leurs convictions écologistes, un militant de longue date pour la cause, le peintre André Bouchard, s’exprime par l’entremise de son art. Il vient d’amorcer une série de tableaux qui représenteront des animaux, dont plusieurs espèces menacées de disparition. Le thème est cher à son cœur, mais aussi la manière dont ces œuvres sont créées.

De passage au journal pour montrer le fruit de son labeur, il y a quelques jours, l’Almatois d’origine tenait fièrement un tableau intitulé Le cœur au vent. Sur un fond blanc texturé, un cheval se dresse sur les pattes d’en arrière. Le corps est couvert d’une matière transparente faisant penser à du plastique, des morceaux regroupés à l’intérieur d’une forme tracée au pinceau, ce qui constitue l’équivalent de la ligne noire dans les bandes dessinées.

Cette œuvre s’inscrit dans la foulée d’une toile produite en novembre, à la demande d’un client. C’est elle qui a donné le ton à la nouvelle série, grâce à la représentation d’un rhinocéros. « Je suis un environnementaliste dans l’âme, et ce, depuis longtemps. À l’époque, je criais contre le harnachement des rivières et la déforestation. Je demeure aussi révolté, mais aujourd’hui, je m’exprime par la peinture », raconte André Bouchard.

Le processus créatif commence avec l’application d’une épaisse couche de peinture sur un dessin fait de sa main. Ensuite, il casse des plaques d’acrylique transparente après avoir laissé sécher ce matériau dans des assiettes en plastique. Ça donne des fragments transparents, ceux mentionnés plus haut. « Je les colle de telle façon que ça ressemble à mon dessin, qui est devenu invisible. Ils produisent un effet 3D que je trouve magique », fait observer l’artiste.

Ceux qui connaissent son travail savent que l’homme est porté sur l’abstraction. Ses amours ne sont pas exclusives, toutefois, et l’idée d’entrer en mode figuratif le titillait. Il restait à trouver la manière, qui devait forcément venir de lui. « Cette approche prend du temps. Elle demande de la patience, mais me procure bien du plaisir. C’est devenu ma nouvelle passion. Je fais du figuratif qui me ressemble », indique André Bouchard.

Il a l’intention d’explorer ce créneau dans les prochaines années, si bien que l’atelier qu’il a aménagé au 371 rue Saint-Paul, à Québec, verra de plus en plus d’animaux orner ses murs. On remarquera que des feuilles d’or ont été ajoutées à la fin, tant sur le cheval que le rhinocéros, une autre manière de livrer son message. « Je le fais parce qu’à mes yeux, les animaux, c’est de l’or », résume le peintre.