PHOTO DE LA PAGE POSTER: Paul Sarrasin a su se réinventer, comme l’illustre sa première exposition en solo, intitulée Dialogue avec la matière. Tenue au Centre d’exposition de Jonquière jusqu’au 28 novembre, elle présente le fruit de six années de travail.

Paul Sarrasin, envers et contre tous

« Il y a deux ans, un homme de Chicago à qui j’avais montré mon travail a affirmé qu’il n’y avait pas d’exposition à tirer de ça. Ça m’a remué, puis j’ai décidé de continuer en mettant tout ce que je suis dans mes créations. Je voulais qu’elles soient aussi bonnes que possible. De cette manière, personne ne pourra m’enlever le fait que j’ai tout donné », a confié Paul Sarrasin, il y a quelques jours, lors d’une entrevue accordée au Progrès.

Il se remettait du choc provoqué par sa première exposition en solo, Dialogue avec la matière. Sa tenue jusqu’au 28 novembre, au Centre national d’exposition (CNE) de Jonquière, constitue le plus beau démenti que l’artiste aurait pu imaginer. Une grande salle renferme l’essentiel de sa production, en effet, 30 tableaux et sculptures réalisés au fil des six dernières années.

Cette oeuvre a pour titre L’âge d’or de grand-maman Jeanne. Elle a été créée à partir d’une chaise berçante récupérée par Paul Sarrasin, qui lui a donné une apparence légèrement décalée dont la paternité revient à Salvador Dalí.

On remarque d’emblée les couleurs vives, mais un examen plus attentif permet de découvrir l’artisan derrière l’artiste. Il aime travailler de ses mains, utiliser des matériaux aussi improbables qu’une table tournante, des blocs LEGO, du tissu carreauté, voire une paire de raquettes. On croit l’avoir cerné quand un tableau formé de trois masques à gaz (Artoxique) ramène le pendule à zéro. Puis, une chaise berçante « déquerrée ». Puis, un autel bouddhiste qui représente le point de départ de l’exposition.

Adepte de cette religion, Paul Sarrasin avait fabriqué plusieurs autels lorsque son père, Roger Sarrasin, lui a suggéré de pousser plus loin cette expérience. Étant lui-même artiste, son avis était celui d’un expert, pas juste de l’auteur de ses jours. C’est ainsi que la semaine suivante, l’ancien animateur à Musique Plus, qui fait maintenant carrière dans le doublage, ouvrait son atelier.

Sur cette photographie, L’Inconnu, une oeuvre inspirée par le cubisme, cohabite avec Hommage à la communauté LGBTQ2.

« Mon premier ouvrage est La cité. C’est une oeuvre tridimensionnelle constituée de blocs de bois que j’ai agencés. Elle reflète le fait que je suis passionné par le concept de la structure. Je détermine un terme et j’aime trouver des solutions afin de l’exprimer. Je trouve que ça donne des résultats intéressants », fait remarquer l’artiste originaire d’Arvida.

Guidé par la matière

Le titre de l’exposition n’est pas anodin. Souvent, la matière à laquelle il réfère tient lieu de muse, comme dans L’Inconnu. « J’ai vu apparaître un visage cubiste après avoir placé des boules de carton sur une plaque de bois. C’est sûrement l’inconscient qui travaille, ce qui me donne à penser que je ne suis pas le titulaire complet de tout ça. Des fois, j’ai l’impression que je reçois des informations de l’univers. Je me sens comme un partenaire », énonce Paul Sarrasin.

L’élément central de CHOOSE est la photographie d’un itinérant captée par Paul Sarrasin dans les rues de Montréal.

Maintes fois, cette idée que les oeuvres conçues de ses mains sont des cadeaux s’est imposée à lui. Un autre exemple est fourni par CHOOSE, dont l’élément central est la photographie d’un itinérant rencontré dans les rues de Montréal. « Il demandait des sous et je l’ai photographié avec son accord. J’ai ensuite agrandi l’image avant de la placer sur un panneau de bois. Elle m’a beaucoup inspiré », souligne l’artiste.

Une autre piste féconde fut les sphères qu’on remarque dans les deux moutures de Rêves sucrés, ainsi que Les ballons de plage. « Elles évoquent des thèmes comme le ventre des femmes, la lune et les planètes. Dans Les ballons de plage, j’ai peint des formes concaves et convexes, ce qui a produit une illusion d’optique qu’on découvre en se déplaçant devant ce tableau. On dirait que ça bouge », relate Paul Sarrasin.

Les ballons de plage a permis à Paul Sarrasin de travailler avec des sphères, ce qui a provoqué une illusion d’optique que les visiteurs peuvent expérimenter dans le cadre de son exposition intitulée Dialogue avec la matière.

Se disant privilégié d’exposer au CNE, dans la ville qui l’a vu naître, il reconnaît que l’accueil réservé à ses oeuvres l’a ému. « Ça m’a brassé pas mal, indique le sculpteur. Oui, je sais que des gens vont aimer ça et d’autres moins. Depuis l’ouverture de l’exposition, toutefois, plus rien de tout ça ne m’appartient. Je n’ai aucun contrôle sur les perceptions. »

ARTOXIQUE, de Paul Sarrasin

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DES OEUVRES CHARGÉES DU POIDS DES SOUVENIRS

« Je reviens chez nous », a écrit Paul Sarrasin dans l’une des notes accompagnant ses oeuvres présentées au Centre national d’exposition (CNE) de Jonquière. Cette allusion à la chanson de Jean-Pierre Ferland fait écho aux réminiscences qui l’ont guidé au cours des six dernières années, à l’intérieur de son atelier. Souvent, en effet, ses pensées ont été habitées par des souvenirs remontant à ses jeunes années au Saguenay.

« Ma période saguenéenne est la plus importante, celle qui a fait la personne que je suis. Je me revois faisant de la raquette avec mes parents, avec mes crayons de couleurs que je sortais de leur boîte avant de commencer un dessin, avec les chemises carreautées que je portais à l’adolescence », a-t-il raconté au Progrès. Il était donc normal que ces expériences nourrissent son imaginaire, comme le démontre l’exposition intitulée Dialogue avec la matière.

C’est ainsi que Randonnée en raquettes explore le thème de la transmission. « J’ai eu de petites raquettes à l’âge de 6 ou 7 ans. Je faisais des randonnées avec mes parents, ainsi que ma soeur, et ces sorties me sont revenues en mémoire lorsque j’ai vu des raquettes dans un magasin. Je les ai intégrées dans un tableau en ajoutant d’autres références, notamment le chien d’une amie », décrit Paul Sarrasin.

Dans Écouter la musique, c’est l’ado en lui qui se réveille, jumelé à des photos montrant l’artiste tel qu’il se présente aujourd’hui. On voit une table tournante, rappel de son amour de la musique, en plus d’un téléphone intelligent. Sur Madame courtepointe, en revanche, un violon tient compagnie à un buste féminin couvert de tissu carreauté. Là encore, le passé l’interpelle.

Il était donc normal que son père, l’artiste Roger Sarrasin, soit ému par cette exposition qui le ramène au temps où lui et sa conjointe élevaient leurs enfants à Arvida. Ce qu’il a retenu, aussi, c’est le fait que son fils a trouvé dans la création artistique un mode d’expression gratifiant. « Mon père aime la liberté que je me donne de produire des oeuvres sans entretenir d’attentes », résume Paul Sarrasin.

« Je reviens chez nous », a écrit Paul Sarrasin dans l’une des notes accompagnant ses oeuvres présentées au Centre national d’exposition (CNE) de Jonquière. Cette allusion à la chanson de Jean-Pierre Ferland fait écho aux réminiscences qui l’ont guidé au cours des six dernières années, à l’intérieur de son atelier. Souvent, en effet, ses pensées ont été habitées par des souvenirs remontant à ses jeunes années au Saguenay.
« Ma période saguenéenne est la plus importante, celle qui a fait la personne que je suis. Je me revois faisant de la raquette avec mes parents, avec mes crayons de couleurs que je sortais de leur boîte avant de commencer un dessin, avec les chemises carreautées que je portais à l’adolescence », a-t-il raconté au Progrès. Il était donc normal que ces expériences nourrissent son imaginaire, comme le démontre l’exposition intitulée Dialogue avec la matière.
C’est ainsi que Randonnée en raquettes explore le thème de la transmission. « J’ai eu de petites raquettes à l’âge de 6 ou 7 ans. Je faisais des randonnées avec mes parents, ainsi que ma soeur, et ces sorties me sont revenues en mémoire lorsque j’ai vu des raquettes dans un magasin. Je les ai intégrées dans un tableau en ajoutant d’autres références, notamment le chien d’une amie », décrit Paul Sarrasin.
Dans Écouter la musique, c’est l’ado en lui qui se réveille, jumelé à des photos montrant l’artiste tel qu’il se présente aujourd’hui. On voit une table tournante, rappel de son amour de la musique, en plus d’un téléphone intelligent. Sur Madame courtepointe, en revanche, un violon tient compagnie à un buste féminin couvert de tissu carreauté. Là encore, le passé l’interpelle.
Il était donc normal que son père, l’artiste Roger Sarrasin, soit ému par cette exposition qui le ramène au temps où lui et sa conjointe élevaient leurs enfants à Arvida. Ce qu’il a retenu, aussi, c’est le fait que son fils a trouvé dans la création artistique un mode d’expression gratifiant. « Mon père aime la liberté que je me donne de produire des oeuvres sans entretenir d’attentes », résume Paul Sarrasin.