Patrick Bouchard est heureux et fébrile à quelques heures de la projection de Le sujet, son film le plus personnel en carrière, dans le cadre de la 22e édition de REGARD.

Patrick Bouchard se dévoile dans «Le sujet»

Au fil des ans, Patrick Bouchard a présenté tous ses films à REGARD. Cette fois, par contre, la projection de son dernier court métrage, Le sujet, prend une dimension un peu différente. Le cinéaste qui a grandi à Chicoutimi revient chez lui avec son film le plus personnel en carrière, un court métrage d’animation de 10 minutes qui le met lui-même en scène.

À quelques heures de la projection de son film, Patrick Bouchard est heureux et fébrile. Chaque année, il se fait un devoir et un plaisir de participer à REGARD, un festival qu’il a vu naître et dans lequel il s’est impliqué. 

Lorsqu’il peut y présenter une de ses créations, le plaisir de celui qui a remporté le Jutra du meilleur court métrage d’animation avec trois de ses cinq films (Les ramoneurs cérébraux (2002), Dehors novembre (2005) et Bydlo (2012)), est exponentiel. Mais cette fois, la présentation de Le sujet génère aussi une part de stress. « Ça me stresse un peu, car ce film-là est tellement près de moi. Je me dévoile là-dedans. Je suis allé loin. C’est définitivement mon projet le plus personnel. C’est un peu aussi ma crise de la quarantaine », explique-t-il. 

Le sujet, produit par l’ONF, met en scène un animateur qui fait face à son alter ego sous la forme d’un moulage de son propre corps. Il ouvre son corps et découvre à l’intérieur toutes sortes d’objets liés à sa vie. Il en extirpe les souvenirs, les émotions, les angoisses et parvient à identifier le poids dont il veut se défaire. 

« Plus le temps avance, plus on est anxieux, plus on se questionne sur ce qu’on a fait et ce qu’il nous reste à faire. Le film est le reflet de tout ça. Ça évoque un besoin de liberté et de légèreté. Il y a une idée de libération dans le film. »

Si le thème est particulier, le processus de création a lui aussi amené le cinéaste à sortir de sa zone de confort. 

Le court métrage a pris forme au gré du tournage et du montage. « Je connaissais le début et la fin du film, je connaissais mon support, mais je ne connaissais pas tout le scénario. Habituellement, tout est prédéterminé. J’ai voulu casser le moule, travailler avec le moment présent », explique-t-il. 

Pour une première fois, Patrick Bouchard a aussi décidé de créer et d’interpréter lui-même la musique du film. 

« C’était le projet parfait pour ça », estime celui qui a été guidé par Olivier Calvert, le musicien à qui il confie habituellement cette portion du travail. 

Le créateur est heureux de l’accueil réservé au court métrage jusqu’à présent. Le sujet a été présenté en ouverture des Rendez-vous Québec cinéma 2018. Il fait aussi partie de la sélection officielle Annecy 2018.

Il sera présenté le vendredi 16 mars, à 10 h, au Cinéma Apéro de Jonquière, ainsi qu’à 19 h au Théâtre Banque Nationale. 

Pour le cinéaste, ce sera une première occasion de mesurer l’intérêt du public. 

« Je suis heureux de le présenter ici. J’aime ma région. Je suis enraciné ici », assure celui qui enseigne l’animation à l’UQAC. 

Un moulage du corps de Patrick Bouchard a été réalisé pour son dernier court métrage Le sujet.