Patrice Leblanc vit une belle expérience dans le cadre du projet Je me connais mieux. Il a pour mission d’initier au théâtre des personnes qui éprouvent le besoin d’améliorer leur aptitude à communiquer et leur estime de soi.

Patrice Leblanc au théâtre de la vie

Patrice Leblanc vit une expérience gratifiante depuis quelques mois, auprès d’une quinzaine de personnes qu’il a pour mission d’initier au théâtre. Âgées de 20 à 60 ans, elles profitent des séances hebdomadaires organisées conjointement par le Théâtre La Rubrique et le Centre de ressources de Jonquière pour développer leur estime de soi.

Pendant trois heures, le groupe apprivoise les notions de jeu et tout ce qui entoure l’activité théâtrale, y compris les aspects techniques. L’idée ne consiste pas à produire des comédiens professionnels ni du personnel de soutien. Il s’agit plutôt de favoriser le travail en équipe et la prise de parole, tout en tenant compte des capacités de chacun. Or, même ceux qui partaient de plus loin enregistrent des progrès significatifs, rapporte le cofondateur du Théâtre du Faux Coffre.

« Je leur donne confiance en eux. Je les aide à faire de la création par l’entremise du théâtre. Au début, certains étaient réfractaires à l’idée de parler devant les autres, et c’est pourquoi je les ai abordés avec douceur, sans rien brusquer. L’objectif était de s’amuser et de communiquer. Je me suis adapté à chaque individu, plutôt que l’inverse, et tous ont embarqué », a raconté Patrice Leblanc au cours d’une entrevue accordée au Progrès.

Après quelques mois, le groupe a commencé à monter des saynètes qui rejoignent sa sensibilité. L’une d’elles s’apparente à une parodie de l’émission Les Bougon, tandis qu’une autre relate le braquage d’une banque. Celle-ci possède des attributs comiques qui émerveillent l’homme de théâtre. « Il y a des choses très drôles là-dedans », fait-il observer.

Histoire de mettre le moins de pression possible sur ses camarades, il ne veut pas leur imposer de produire un spectacle en bonne et due forme. Si la chose se concrétise, ce sera seulement parce que les participants en auront exprimé le désir. Il faut dire qu’il est tôt dans le calendrier, puisque les rencontres se prolongeront jusqu’au mois d’avril. On a le temps de voir comment les choses se dessineront. Ce qui est clair, cependant, c’est que cette expérience procure une grande satisfaction à Patrice Leblanc. Lui-même venu au théâtre à l’âge de 26 ans, après avoir passé plusieurs années au bord de l’abîme, il sait comment ce mode d’expression peut constituer une fabuleuse rampe de lancement. Entre autres avantages, il permet aux participants, l’espace de quelques heures, d’évoluer dans un monde où les entraves qui compliquent leur vie en société se retrouvent entre parenthèses.

« Je me vois comme un guide et dans ce contexte, l’un de mes principes consiste à ne juger personne. Ça me vient naturellement parce que j’ai moi-même côtoyé la misère humaine. Je viens de la vie, pas du théâtre. Longtemps, j’ai été sur le bord de virer délinquant », confie le comédien, dont le projet, que vient d’appuyer Bell à hauteur de 5000 $, a pour nom Je me connais mieux.