L’incroyable légèreté de Luc L. met fin à un triptyque, dont les deux premiers volets ont été présentés à La Rubrique. Le dernier épisode sera présenté samedi, à la Salle Pierrette-Gaudreault.

Partir ou rester ?

L’incroyable légèreté de Luc L., une pièce de théâtre présentée samedi à la Salle Pierrette-Gaudreault, pose une question à laquelle beaucoup de personnes dans la région ont réfléchi : devrais-je partir ou rester ?

Cette pièce vient terminer un triptyque, dont les deux premiers volets ont aussi été présentés à Jonquière par La Rubrique, dans lequel un personnage s’ajoute chaque fois. C’est l’évolution d‘une aventure qui a débuté avec Les trois exils de Christian E., un spectacle solo, et qui s’est poursuivie avec Le long voyage de Pierre-Guy B., dans lequel les deux amis d’enfance se donnaient la réplique.

Cette fois-ci, le personnage de Luc L. s’invite dans l’histoire, qui, bien que fictive, demeure très près de la réalité des protagonistes.

Milieu rough

En entrevue, quelques jours avant la présentation de la pièce, le coauteur et metteur en scène des trois volets, Philippe Soldevila, raconte que l’histoire se déroule toujours au Nouveau-Brunswick, dans des milieux rough, où l’alcool coule à flots et où les batailles sont fréquentes.

La pièce soulève des questions qui trouveront écho parmi la population régionale. « Quand on habite en dehors des grands centres, tout le monde se pose la question à savoir s’il va rester dans leur milieu », explique Philippe Soldevila.

Dans ce dernier volet, les trois amis qui gagnent leur vie dans la culture apporteront des réponses différentes. Le personnage de Christian n’hésite pas à accepter des contrats à la télévision, plus commerciaux, et à quitter vers la ville. Pierre-Guy, lui est un musicien plus puriste, qui juge son ami et lui dit que son besoin de passer à la télé est une question d’ego. Entre les deux, se trouve le personnage de Luc, qui est plus « low profile », pour reprendre l’expression de M. Soldevila.

Évolution

Toujours en gardant la recette des premiers volets, qui met le jeu des acteurs et le texte à l’avant-plan, L’incroyable légèreté de Luc L. est la plus intense.

« J’ai envie de dire que, dans les trois, c’est notre spectacle le plus mature. On est moins dans l’aventure. Je pense qu’on n’avait pas le choix d’aller de plus en plus en profondeur », explique Philippe Soldevila.

Cette profondeur explore sans filtre la masculinité, dans ses plus belles facettes comme dans ses côtés les plus sombres.

« On a reçu des bons commentaires à date. Les hommes nous disent que c’est rare que l’on voie des hommes parler de leurs affaires aussi ouvertement, sur scène. Les femmes, elles, sont contentes d’avoir un accès privilégié à la masculinité, de voir comment on gère nos émotions », indique celui qui a participé à la conception des trois spectacles.