Ouverture country au Festival international des Rythmes du Monde

L’époque est country et pour la première fois dans l’histoire du Festival international des Rythmes du Monde (FIRM), c’est sur cette musique qu’a été lancée une nouvelle édition, jeudi soir, sur la scène UBISOFT-Le Quotidien de la Zone portuaire de Chicoutimi. L’honneur d’ouvrir le 17e chapitre de cet événement a été confié à une valeur montante du new country, Matt Lang, et il l’a assumé avec aplomb.

Présenté avec chaleur par sa consoeur du Saguenay, Karo Laurendeau – « On parle beaucoup de lui ces temps-ci, pour son talent et son professionnalisme », a-t-elle lancé –, le Québécois s’est pointé quelques minutes plus tôt que prévu. Or, même si des fans ont dû se hâter pour ne rien manquer du spectacle, il y en avait beaucoup, déjà, devant la scène et dans les gradins. Pour les reconnaître, il suffisait de repérer les hommes coiffés d’un chapeau de cowboy et de voir le regard allumé des femmes au moment où le grand bonhomme s’est installé au micro, entouré de ses quatre musiciens. Même les efforts du soleil couchant pour percer les nuages du côté de Chicoutimi-Nord n’ont pu détourner leur attention. Quand elles ont entendu leur idole chanter « We’ve got the night », les premiers mots de la pièce Where We Want To Be, les sortilèges du ciel ont été relégués bien loin dans leur liste de priorités.

Matt Lang a lancé avec aplomb l’édition 2019 du Festival international des Rythmes du Monde, jeudi soir. Le spectacle qu’il a présenté sur la zone portuaire de Chicoutimi, tantôt country, tantôt rock, a plu aux milliers de spectateurs rassemblés sur le site.

Il faut admettre que Matt Lang possède du charisme et qu’il n’a pas besoin de forcer la note pour le manifester. Sa présence en impose, mais d’une manière conviviale, même quand la musique devient plus musclée, comme sur sa nouvelle composition intitulée Wire Down The Whisky. L’air est accrocheur, chanté d’une voix puissante dont il a la sagesse de ne pas abuser.

David Thibault a pris le relais de Matt Lang, jeudi, sur la zone portuaire. Le jeune chanteur était l’invité du Festival international des Rythmes du Monde.

Comme pour doser ses effets, l’artiste a offert une jolie ballade, She Don’t Love You, pendant que la foule grossissait à vue d’oeil. Ce fut le prélude à une séquence enlevée, lancée par l’hymne de Dwight Yoakam, Guitars, Cadillacs. « Ça vous tente-tu de danser ? », avait demandé Matt Lang en connaissant d’avance la réponse. Une dame qui l’a filmé pendant l’interprétation de la chanson, à l’aide de son téléphone, regrette peut-être de l’avoir écouté. À voir l’image tanguer sur son écran, on se doute que ce bout de film ne fera pas une longue carrière sur Youtube.

Une belle surprise a suivi, Little Sister. La version servie sur la Zone portuaire, en attendant l’arrivée de David Thibault et du groupe américain The Mavericks, était plus dense que celles d’Elvis Presley et Robert Plant. Trois guitares superposées, jumelées à un chanteur aussi à l’aise dans un environnement rock que dans le country, produisent ce genre d’effet.

Toujours au chapitre des reprises, la plus étonnante a été celle du classique de Roy Orbison, Pretty Woman. Ceux qui avaient anticipé une version gentiment rétro, proche de la mouture originale, ont été pris à revers par le brûlot rock servi par le guitariste Étienne Joly. Non seulement a-t-il chatouillé les cordes, mais c’est lui qui chantait et ce, sans nullement démériter. Il y a même des bouts où la musique a pris des accents psychédéliques pendant que Matt Lang grattait sa guitare acoustique. Vraiment, un bel effort.

Tête d'affiche de la soirée de jeudi, le groupe américain The Mavericks a fait le bonheur des milliers de fans, qui, pour la première fois, ont pu l'entendre à Chicoutimi.

Le retour au country a pris la forme d’une ballade devenue très populaire dans les derniers mois, My Final Pour. Puis, il y a eu un nouvel intermède rock propulsé par le succès de Bryan Adams, Summer Of ‘69. Déjà, cependant, l’horloge filait. Avant que son carrosse ne se change en citrouille, Matt Lang a présenté une autre de ses compositions, Love Me Some You. Le rythme était lent, mais qu’importe. Des gens dansaient, battaient la mesure spontanément. Ils en auraient pris bien davantage, mais le moment était venu de fermer les livres. La soirée était encore jeune.