Martin Gagné, commissaire de l’exposition, Celui qui regarde.

Otto Schauer: le plus Jeannois des peintres allemands

Otto Schauer est le plus jeannois des artistes européens. Le Centre national d’exposition (CNE) de Jonquière consacre une exposition à celui qui a peint la Petite Décharge et qui a marié une femme d’Hébertville-Station dans les années cinquante.

« C’est un Européen qui a peint nos îles et ça nous appartient », affirme le commissaire de l’exposition, Martin Gagné, lors d’une visite guidée avec Le Progrès.

Fait loin d’être banal, Otto Schauer est en quelque sorte l’oncle du commissaire par alliance, Thérèse Gagné étant la tante de Martin Gagné. Le projet de rétrospective de Schauer est donc le deuxième volet d’un hommage consacré au couple Gagné-Schauer par Martin Gagné.

Lors de l’hiver 2018, la Bibliothèque de Jonquière avait présenté une rétrospective des peintures de cette dame dont l’oeuvre n’avait jamais été célébrée chez elle imaginée par le même commissaire.

On explore les différentes époques de la carrière d’Otto Schauer dans cette rétrospective.

Aperçu

L’exposition intitulée Celui qui regarde propose un aperçu des périodes les plus importantes de la carrière d’Otto Schauer, qui débute dans les années quarante et se termine dans les années quatre-vingt. On commence le parcours avec l’apprentissage parisien du peintre.

« Il a rencontré beaucoup de grands peintres à Paris, mais il a préféré s’isoler. Il peint d’abord des intérieurs et ce qu’il voit à travers les fenêtres. C’est une période plus sombre, après la guerre. Plusieurs personnes me faisaient remarquer qu’il a l’air tourmenté », explique le commissaire.

Otto Schauer était fasciné par la beauté des îles québécoises.

Sa rencontre avec Thérèse Gagné viendra changer les choses. Schauer fait la connaissance de cette Hébertstaloise qui a immigré à Paris. Il devient son professeur, puis son mari.

« Thérèse était autodidacte. Elle avait commencé à peindre seule et c’est pour ça qu’elle était allé à Paris. C’est là qu’était le monde de la peinture à l’époque », explique M. Gagné.

Cette rencontre coïncide avec des transformations dans l’oeuvre d’Otto Schauer. Il commencera peu à peu à peindre des paysages extérieurs, et à laisser entrer la lumière et les couleurs vives dans ses tableaux.

Voyage au Canada

Dans les années soixante, Otto Schauer et Thérèse Gagné font leur premier voyage ensemble de l’autre côté de l’Atlantique. Ils iront brièvement dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Des silhouettes animales sont souvent présentes dans ses peintures.

« En 1968, il fait un second voyage. Il rencontre quelqu’un qui l’invite à visiter en avion les îles sauvages du Nord. Schauer fait plusieurs croquis, plusieurs compositions de ces îles-là », mentionne Martin Gagné. Ces images ont une place importante dans la rétrospective.

L’oeuvre de Schauer est par la suite marquée par la fascination pour les paysages. D’apparence parfois abstraite au premier regard, les toiles d’Otto Schaeur sont pourtant figuratives. De nombreuses silhouettes animales sont dissimulées dans les peintures de l’Allemand.

L’exposition Celui qui regarde est présentée jusqu’au 19 septembre prochain, au CNE, dans le Centre culturel du Mont-Jacob.