Voici le look qu’épousera Orloge Simard à l’occasion du spectacle présenté ce soir, au Vieux Théâtre de La Baie. Les gars ont emprunté à l’esthétique de la statue du semeur qui se dresse à Grande-Baie, histoire de rendre hommage aux pionniers de la région.

Orloge Simard revient au Vieux Théâtre

Grosse ambiance anticipée ce soir, alors qu’un an après y avoir lancé l’album «Beuvez tousjours, ne mourez jamais», Orloge Simard retournera au Vieux Théâtre de La Baie. Le souvenir du joyeux délire qui avait marqué l’interprétation des nouvelles pièces colorera ce rendez-vous aux airs d’anniversaire, autant que le succès généré par cet enregistrement qui, entre autres conséquences, a permis à la formation menée par Olivier Simard de rayonner partout au Québec.

Les gars ont été très occupés, en effet, depuis qu’ils se sont pointés sur la grande scène vêtus à la manière de musiciens de la période baroque. Il y a eu plein de spectacles dans la région et aussi à l’extérieur, dont une apparition aux Francofolies de Montréal, ainsi qu’au Festival d’été de Québec. Dans chaque cas, elles ont eu des retombées positives, puisque le groupe a ensuite fait salle comble au Club Soda, de même qu’à l’Impérial.

«C’est le fun parce qu’on parle beaucoup de la région à travers nos chansons. Même si les gens ne viennent pas du Saguenay, ils se reconnaissent dans notre humour», a commenté Olivier Simard mercredi, lors d’une entrevue accordée au Progrès. À l’évidence, lui et ses complices Guillaume Bouchard (basse), Andy Ellefsen (claviers), Jean-Michel Pelletier (guitare) et Maxime Bouchard (batterie) ont touché une corde sensible qui transcende les particularités locales.

La Baie demeure leur point d’ancrage, cependant, ce qui fait du spectacle de ce soir - Mort Rose ouvrira à 20h, suivi par Orloge Simard - un rendez-vous pas comme les autres. Les chansons seront les mêmes, hormis l’insertion dans le programme d’une pièce tirée du premier album, Le Baieriverain, mise sous le boisseau pendant quelques années. En revanche, l’enrobage visuel sera à la fois nouveau et ancien.

«Nous avons fait construire une grosse croix de bois avec le drapeau du Saguenay-Lac-Saint-Jean et nous serons costumés à la manière des 21, du pionnier Alexis Simard. Nous allons semer des graines sur la scène, comme la statue à Grande-Baie, pour afficher notre côté régionaliste. Ce sera un clin d’oeil à la colonisation», explique Olivier Simard.

Assimilant cette escale au Vieux Théâtre à un retour aux sources, il prend la mesure du chemin parcouru depuis un an. Tout en haussant son profil à la grandeur de la province, Orloge Simard s’est approprié son répertoire, le maîtrise mieux que jamais. Il faut dire que le premier spectacle avait suivi de très près la sortie de l’album, ce qui avait laissé peu de temps pour négocier la transition du studio vers la scène.

«Notre performance s’est beaucoup améliorée et parfois, nous laissons une place à l’improvisation. On n’aime pas ça, faire tout le temps la même chose», souligne Olivier Simard. Il sera trop tôt, cependant, pour offrir des primeurs. Le groupe souhaite lancer un album à l’automne 2019, mais le processus de création est à peine enclenché.

«On a des idées de chansons et on commence à placer ça. Dans un mois, on doit entrer en préproduction», précise celui qui signe les textes, en plus de les interpréter. Mais avant, il y a cette soirée au Vieux Théâtre et si le passé est garant de l’avenir, il sera prudent de réserver à l’adresse www.vieuxtheatrelabaie.com ou en téléphonant au numéro 418-698-4080. Parce que la dernière fois, c’était plein comme un oeuf.

Derrière les textes vulgaires, un concept artistique

On le sait, plusieurs chansons d’Orloge Simard recevraient la cote 18 ans et plus si elles étaient diffusées à la télévision ou dans les salles de cinéma. Cabane à pêche, Pendaison de crémaillère, Golden Shower et Eurk! Un condom ne sont pas à mettre entre toutes les mains (si on peut employer une telle expression). Elles trahissent le désir du groupe de transgresser les conventions, tout en procédant d’une démarche artistique plus subtile qu’on serait porté à l’imaginer.

«Les textes plus raides ont pour but d’exprimer la vulgarité quotidienne. Bien que ce ne soit pas super joli, cette réalité existe et sans nécessairement y souscrire, j’essaie de la refléter à travers mes compositions. Je joue alors un personnage un peu fou, empreint de vulgarité, et je trouve ça le fun à faire parce que ça provoque beaucoup de réactions», relate le parolier et chanteur Olivier Simard.

Se disant influencé par le Robert Charlebois de la grande époque, dont il admire la verve extravagante, ainsi que par Jean Leloup et Mononc’ Serge, le Baieriverain affirme que de plus en plus de fans saisissent l’esprit de la démarche. Ils réalisent que ses outrances doivent être prises au deuxième degré et qu’elles ne reflètent pas sa manière d’être.

Preuve en est que le public d’Orloge Simard n’est pas exclusivement masculin. Les spectatrices forment une tranche appréciable de l’auditoire, ce que confirme le chanteur, qui évidemment s’en réjouit. «Ce n’est pas juste des gars, dans nos salles. Souvent, il y a des filles en masse et elles comprennent que derrière notre démarche, on retrouve un concept artistique», fait valoir Olivier Simard.