Voici Mohsen El Gharbi en pleine action, dans le cadre de la pièce Omi Mouna. Faute de la jouer le 18 avril, à Jonquière, l’auteur et comédien participera à une rencontre Facebook organisée par le Théâtre La Rubrique.
Voici Mohsen El Gharbi en pleine action, dans le cadre de la pièce Omi Mouna. Faute de la jouer le 18 avril, à Jonquière, l’auteur et comédien participera à une rencontre Facebook organisée par le Théâtre La Rubrique.

Omi mouna: un homme face au passé de son clan

Puisqu’il sera impossible de présenter la pièce Omi Mouna le 18 avril, à 20 h, à la salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière, l’auteur et comédien Mohsen El Gharbi participera à une rencontre Facebook à laquelle tous sont invités. Cette activité, offerte gratuitement par le Théâtre La Rubrique, aura lieu au moment même où le public devait se faire raconter, en mode tragicomique, le séjour en Tunisie qui a permis au jeune homme de mieux connaître l’histoire de sa famille.

L’objectif consistait à filmer son arrière-grand-mère, Omi Mouna. L’artiste originaire de la Belgique, vivant aujourd’hui au Québec, ne s’était jamais rendu dans la patrie de ses ancêtres. C’est devenu un besoin existentiel en raison de la violence que son père lui a fait subir.

« Je voulais savoir quelle en était la source et c’est ce que montre la pièce, où j’incarne tous les personnages. Comme je ne pourrai pas la jouer à Jonquière, je profiterai de la rencontre Facebook pour présenter un documentaire tourné en Tunisie avec l’aide de mon meilleur ami, Le secret d’Omi Mouna », a mentionné Mohsen El Gharbi lors d’une entrevue téléphonique accordée au Progrès.

Lui-même reconnaît que les images ont été captées n’importe comment, ce qui n’a pas empêché le film de connaître une belle carrière sur le circuit des festivals. Révélateur à bien des égards, ce document fait remonter l’origine des comportements violents jusqu’à son arrière-grand-père, l’époux d’Omi Mouna.

Un jour, par exemple, celui-ci a frappé un membre de sa famille sur la plante des pieds, au moyen d’un bâton. Pourquoi ? C’est là que la réflexion prend un tour sociologique. « Ça tient à l’existence d’un système en marge de l’autre système, celui qui fait en sorte qu’on ne se saute pas au visage. La naissance du premier système remonte à la nuit des temps, à l’époque où les chefs de clans étaient des tyrans », énonce Mohsen El Gharbi.

Homme aux idées foisonnantes, il sera heureux d’évoquer ces considérations pendant la rencontre Facebook, mais bien d’autres choses encore. Dans son esprit, en effet, il n’existe pas de questions bêtes. Toutes peuvent susciter une réflexion porteuse de sens.

« Il y en a une qui revient depuis l’Antiquité : comment on fait pour apprendre des textes souvent très longs ? Ce n’est pas banal. C’est même fondamental, soutient Mohsen El Gharbi. À Rome, les orateurs apprenaient leur discours en allant d’une pièce à l’autre, dans leur résidence, afin de stimuler leur mémoire. Apprendre par coeur, c’est apprendre avec le coeur. »

Autre sujet qui le hante, les auditions formeront la trame de sa prochaine pièce, en cours d’écriture. « J’ai un problème avec ça. Parfois, c’est super du premier coup, alors qu’à d’autres moments, je n’arrive pas à prononcer une phrase. Pourquoi ces sabotages ? Peut-être qu’inconsciemment, je me protège face à des projets qui ne concordent pas avec mes valeurs, mais ce n’est pas toujours le cas. Ça m’est arrivé avec des choses qui m’intéressaient », raconte l’homme de théâtre.

En attendant de découvrir cette production qui pourrait s’appeler Auditions, il annonce que les représentations d’Omi Mouna, qui devaient avoir lieu à Jonquière, Alma et Saint-Prime, ce printemps, ont été reportées. C’est donc partie remise, à des dates qui restent à déterminer.