Le Centre national d’exposition présente Dans le corps d’Olivier Corneau.

Olicorno au CNE: à l'aveugle, à la loupe

L’artiste multidisciplinaire Olivier Corneau est de retour à la maison, et ce, par la grande porte du Centre national d’exposition (CNE), à Jonquière. Le lieu de culture juché tout en haut du mont Jacob fait de la place pour l’enfant terrible de l’art performance, dont la reconnaissance provenant du milieu artistique et du public ne cesse de grandir.

Grâce à l’exposition Dans le corps, le CNE présente au public une sélection de résultats de performance ainsi que les derniers projets réalisés sur toile et en atelier de celui qui se fait appeler Olicorno. Des créations qui, au premier regard, n’ont aucun lien entre elles se retrouvent à cohabiter le même espace le temps de l’exposition solo unique.

La première portion, Beauty Is What You See, permet de découvrir l’univers de la performance de l’artiste saguenéen, qui nous a déstabilisés à maintes reprises lors de ces manifestations artistiques antérieures. Par le passé, celui qui est établi à Montréal depuis 2009 a marché les 480 kilomètres séparant la maison familiale de Jonquière à la Place des Arts de Montréal. La démarche avait été documentée et présentée dans #GloryRoad et Never Ending #GloryRoad. L’artiste, qui voyage autant que ses oeuvres, sait se faire remarquer tant en peinture qu’en performance, et avec raison.

Les oeuvres peintes à l’aveugle découlent d’une série performative dans laquelle Olicorno aborde la privation de sens. Olivier Corneau a exploré au maximum la privation sensorielle lors de cette série qui regroupe plus de 120 performances à Montréal, à Winnipeg et à New York. Les couleurs et les dosages lui sont inconnus lors de ce processus de création peu orthodoxe. Les mouvements et les résultats sont primaires. Dans la salle d’exposition, la cassure est forte entre les triptyques généralement sombres et le reste de l’exposition, qui met en valeur des coups de pinceau précis, qui illustrent le réalisme des sujets.

De son côté. Art anatomique se retrouve à mi-chemin entre la peinture et une classe de biologie. Les détails du corps humain peints sont d’une exactitude chirurgicale, la preuve des nombreuses études faites sur le corps humain et spécialement le squelette par Corneau. L’arrière-plan rouge des oeuvres tranche avec les os du corps et le coeur or qui y sont peints. 

Certaines oeuvres sont plus qu’imposantes. Gaia, cette toile de 6 pieds placée au fond de la salle, attire tous les regards. L’exposition revêt un caractère unique pour l’artiste qui y présente sa plus grande toile, Lost in a Pond, un triptyque de 7 pieds sur 12 pieds. La toile, qui a nécessité une centaine d’heures de travail, prend la place qui lui revient, en milieu de salle. 

Une quinzaine d’oeuvres, dont une vidéo de six minutes de performance, prend place dans la salle Les Amis du CNE. 

L’exposition Dans le corps de l’artiste autodidacte Olivier Corneau est présentée jusqu’au 17 juin.