Voici le personnage central de la pièce Ogre, du moins quelques-unes de ses composantes, au moment où elles se trouvaient dans l’atelier de la conceptrice Mylène Leboeuf-Gagné. On pourra le voir dans toutes ses grosseurs du 25 au 27 avril, à la Salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière.

Ogre: « Le personnage le plus méchant de la Terre »

Bien qu’il soit l’auteur du texte intitulé Ogre, Larry Tremblay n’a vu qu’une partie de l’immense marionnette que le public découvrira jeudi, à 19 h 30, à la Salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière. À l’affiche jusqu’au 27 avril, la création du Théâtre La Rubrique et du Théâtre de la Tortue Noire sera offerte en avant-première, puisque la première mondiale aura lieu au cours de l’été, pendant le Festival international des arts de la marionnette à Saguenay.

« J’ai vu un prototype de la marionnette, ainsi que des images. Ils sont fous », a lancé le dramaturge il y a quelques jours, à l’occasion d’une entrevue téléphonique accordée au Quotidien. Ce n’est pas la première fois que l’œuvre est portée à la scène. En 1998, une version a été proposée par le Théâtre d’Aujourd’hui, sous la houlette de Carl Béchard. Une autre a vu le jour en France, s’articulant autour d’un robot, suivie par celle des étudiants de l’École nationale de théâtre, puis une lecture publique à Munich.

La différence, cette fois-ci, tient à l’impact visuel qu’aura la marionnette conçue par Mylène Leboeuf-Gagné. Manipulée par plusieurs comédiens, tandis qu’Éric Chalifour lui prêtera sa voix, elle accentuera le caractère du personnage imaginé par le Chicoutimien au milieu des années 1990. Sans le savoir, celui-ci avait anticipé l’émergence de la téléréalité.

« L’Ogre est le personnage le plus méchant de la Terre. Il traite sa femme d’orang-outan, se montre incestueux avec sa fille, se croit toujours filmé et se sent très puissant. C’est une outre gonflée à partir de laquelle j’ai développé une réflexion portant sur le vide et l’égoïsme, une réflexion qui a précédé le règne de la téléréalité. Je me souviens qu’à Montréal, des gens voulaient frapper le comédien qui l’incarnait », raconte Larry Tremblay.

Lui qui assistera à la première représentation, curieux de voir comment se déploiera la mise en scène de Dany Lefrançois, il est touché par le fait que celui-ci rêvait de travailler avec son texte depuis qu’il l’a découvert pendant ses études en théâtre. « J’ai également hâte parce que c’est audacieux. Or, j’aime l’audace », fait remarquer le dramaturge.

Il ajoute que cette œuvre fait partie d’une trilogie médiatique complétée par Téléroman (1997) et Grande écoute (2014-2015). « Ces pièces étaient critiques des médias, ainsi que des talk-show. Si je poursuivais dans la même veine, ce serait pour écrire au sujet des médias sociaux », laisse entrevoir Larry Tremblay dont un autre texte, Le garçon au visage disparu, sera à l’affiche le 10 mai, toujours à la Salle Pierrette-Gaudreault.