Claude Saucier vient de sortir un troisième album découlant de l’émission de radio C’est si bon, lequel emprunte à la thématique de Noël.

Noël au rythme de C’est si bon

Aussi intemporel que la musique qu’il affectionne, Claude Saucier anime depuis 2012 l’émission de radio C’est si bon. Diffusée le samedi, de 16 h à 19 h, cette production de la chaîne musicale de Radio-Canada génère des cotes d’écoute remarquables. Elle a aussi donné naissance à deux albums vendus à plus de 50 000 exemplaires, au total, une séquence que vient de prolonger la troisième mouture consacrée au répertoire des Fêtes.

Intitulé C’est si bon à Noël, cet enregistrement creuse un sillon familier pour les auditeurs. Il réunit des pièces enregistrées entre les années 1930 et 1970, dont une majorité évoquant l’âge d’or du ballroom. Il y en a une vingtaine, toutes sélectionnées par l’animateur, qui a collé au plus près à l’esprit de l’émission. Ainsi résonnent les voix de Bing Crosby, Mel Torme, Perry Como, Andy Williams et Nat King Cole, ainsi que de Rosemary Clooney et Doris Day, entre autres sommités.

« C’est Noël confort, un album qui possède un caractère intimiste. J’ai choisi parmi les 100 chansons les plus connues, celles que le public veut entendre. Comme il existait plein de versions, j’ai privilégié celles qui se moulent au son de C’est si bon, un son calme et chaleureux. J’en ai mis deux où on entend Bing Crosby, ce qui était inévitable, mais on remarque également quelques trouvailles », a décrit Claude Saucier il y a quelques jours, à la faveur d’une entrevue téléphonique accordée au Progrès.

Avant même l’arrivée de C’est si bon à Noël dans les magasins, 12 000 exemplaires avaient été commandés.

Parmi celles-ci, il mentionne la version de Let It Snow ! Les It Snow ! Let It Snow ! livrée par Connie Boswell, une artiste qui était appuyée par un orchestre exceptionnel. « On sait que c’est les années 1950 », fait valoir l’animateur. Il a également intégré d’autres genres musicaux par l’entremise d’Elvis Presley et son Blue Christmas, ainsi que de la grande Mahalia Jackson, par le truchement de Silent Night. Holy Night. L’album finit donc sur une touche gospel qui réfère aux origines de la fête de Noël.

Il y a une exception, un titre qui ne réfère pas au temps des Fêtes, mais parions que les gens n’y verront que du feu, puisque le ton est similaire. « C’est pour cette raison que j’ai sélectionné When You Wish Upon A Star, par le Glenn Miller Orchestra. Bien qu’il s’agisse d’une composition associée à Walt Disney, je me suis dit qu’il fallait oser », énonce Claude Saucier.

Il assimile la conception de l’album à de l’artisanat, à « du travail fait à la mitaine », pour reprendre son expression. Il était important d’assurer un équilibre entre les hommes et les femmes, tout en variant le rythme au fil des pièces. Quant à la couleur résolument américaine du contenu, elle reflète celle qu’épousent les classiques des Fêtes popularisés à compter des années 1950.

« Les Fêtes comme on les vit, le répertoire de Noël, ça vient pour une grande part des États-Unis. Pour les artistes, c’est même devenu un thème incontournable à la fin des années 1950. Ils ont été nombreux à sortir un album de ce genre, des gens comme Nat King Cole et Peggy Lee. Et comme mon disque, ça ne démode pas », souligne Claude Saucier.

Avant même l’arrivée de C’est si bon à Noël dans les magasins, 12 000 exemplaires avaient été commandés. Bien des chanteurs vendraient leur mère pour susciter une telle demande. Pourtant, l’animateur voit dans ces chiffres un avertissement, le signe qu’il faudra interrompre la série afin de respecter l’état du marché.

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NÉGOCIER LES DROITS: UN TRAVAIL DE MOINE

Après avoir été sélectionnées par l’animateur Claude Saucier, les versions que renferme l’album C’est si bon à Noël ont fait l’objet de procédures souvent complexes, que ce soit pour obtenir les droits de diffusion ou redonner un air de jeunesse aux enregistrements. C’est la partie du travail effectuée dans la plus grande discrétion, sans laquelle le projet ne pourrait voir le jour.

S’agissant des droits, une partie des démarches est relativement simple. 

« Comme les compagnies Universal et Sony Music ont acheté tous les catalogues des années 1950, il faut les contacter pour obtenir l’autorisation de les utiliser. Après, cependant, il reste à franchir l’étape des ayants droit, ce qui peut se révéler ardu », a-t-il mentionné au Progrès.

Chaque pièce nécessite une recherche ciblée, puisque l’ayant droit est généralement un proche de l’artiste dont on souhaite rediffuser une interprétation. 

« Ce sont des gens qui, souvent, ont obtenu ce pouvoir décisionnel dans la foulée d’un héritage. Ils ne passent pas leur vie là-dedans, toutefois. Il peut arriver qu’on attende qu’untel revienne de la chasse pour amorcer les pourparlers », raconte Claude Saucier.

Il ajoute que chaque personne ou entreprise ayant des prétentions à faire valoir est payée jusqu’au dernier sou, une pratique à laquelle ne souscrivent pas les groupes qui mettent en marché des compilations, affirme l’animateur. 

Ces démarches sont menées par l’une de ses collaboratrices, tandis que le traitement des enregistrements est effectué par des techniciens de Radio-Canada.

« Ils égalisent le son et remasterisent les fichiers fournis par les compagnies de disques. On a un produit de première qualité », fait observer Claude Saucier, qui n’est cependant pas allergique aux bruits de fond. 

Comme peuvent en témoigner les auditeurs de son émission diffusée par Radio-Canada, ils confèrent aux oeuvres anciennes un cachet joliment rétro.