Nicolas Lévesque, adepte du téléphone intelligent

Depuis cinq ou six ans, Nicolas Lévesque utilise son téléphone intelligent pour produire des photographies. Au départ, il s’est fait un peu violence, eu égard aux limites techniques de cette technologie. L’écart lui semblait d’autant plus grand que dans le cadre de ses activités professionnelles, le Saguenéen travaille avec des appareils bien plus sophistiqués.

« J’avais des préjugés », reconnaît-il volontiers. Néanmoins, d’innombrables images ont été emmagasinées, captées le plus souvent lors d’activités familiales. Une visite chez le médecin. Du camping en été. Le déneigement d’un chemin sur la terre de son père. Toutes sortes d’expériences ont été immortalisées et ce sont elles qui figurent dans le livre La maison est vivante.

Quand l’auteur Emmanuel Simard, qui est aussi son ami, lui a parlé de ce projet de publication, Nicolas Lévesque a soumis des photographies réalisées à l’aide de son téléphone. « Il a aimé ça, mais il a voulu éliminer toute trace de modernité afin de privilégier les traces laissées par les humains. C’est ainsi qu’on a gardé l’image d’une échelle abandonnée dans un verger et celle montrant une truite récemment pêchée », a-t-il raconté lors d’une entrevue accordée au Quotidien.

Une première sélection comprenant 150 photographies a été effectuée par l’artiste, qui a ensuite ramené le nombre à 50. C’est à cette étape que le poète est entré en scène. Les deux hommes ont déterminé quelles seraient les 25 images qui figureraient dans le livre. « En même temps, nous avons tenté d’établir un rythme », explique Nicolas Lévesque.

Dans Derniers souverains, le livre qui est né de leur première collaboration, il n’y avait que des photos panoramiques, alors que La maison est vivante regroupe des photos carrées. Ce changement a plu à Nicolas Lévesque, tout comme le recours à la couleur, peu fréquent à l’intérieur de sa pratique. « Le carré amène à l’essentiel, fait-il valoir. Ça recentre les choses un peu. »

Il apprécie également le format de La maison est vivante, qui se rapproche de celui d’une plaquette. « Ça fait de très petites photos, mais comme elles sont carrées, ça s’intègre mieux à l’ensemble. De toute manière, on peut difficilement grossir les images produites au moyen d’un téléphone. Le résultat n’est pas satisfaisant », mentionne le photographe.

Néanmoins, il a réalisé quelques impressions qui seront offertes aujourd’hui (jeudi), à 17 h, lors du lancement du livre. Cet événement aura lieu au 27 rue, Racine Est, à Chicoutimi, dans les bureaux de l’agence Canopée Médias.

« Nous présenterons une petite exposition et le prix des images sera moins élevé que pour les photos provenant de Derniers souverains. Elles avaient été vendues 400 $ », précise Nicolas Lévesque.