Chasseurs de phoques, de Nicolas Lévesque, présente quatre jeunes Madelinots qui pratiquent la chasse aux phoques.

Nicolas Lévesque : changer une image peu reluisante

Les grands yeux des blanchons, les harpons, le sang sur la neige blanche. L’image de la chasse aux phoques est souvent peu reluisante. Le cinéaste Nicolas Lévesque a voulu rétablir les faits. À l’aide d’un documentaire de 70 minutes, il compte redonner du lustre au métier de chasseur de phoques.

Il y a quelques années, Nicolas Lévesque ne connaissait pratiquement rien à la chasse aux phoques. C’est lorsqu’il est devenu guide de kayak aux Îles-de-la-Madeleine, en 2004 et en 2005, qu’il a découvert ce qu’il en est vraiment.

Les chasseurs de phoques doivent composer avec la présence imprévisible des phoques, les risques financiers et la dictature météorologique.

« C’est là que j’ai appris l’essence de la chasse aux phoques. On voit circuler beaucoup d’images des groupes de défense des animaux. On voit du sang sur la glace. Ça fait mal. J’ai voulu montrer ce que c’est vraiment, informer, contrebalancer les discours habituels. J’ai voulu montrer les règles auxquelles les chasseurs de phoques sont soumis. C’est très surveillé. Depuis longtemps, on nous dit que la chasse aux phoques c’est mal, mais on connaît plus ou moins la réalité. Il faut informer les gens sur ce que c’est vraiment », affirme d’emblée le cinéaste originaire de Roberval.

Depuis qu’il a amorcé son projet, Nicolas Lévesque constate à quel point de fausses informations circulent. « C’est surprenant de voir à quel point il y a des gens qui pensent que le phoque est en voie de disparition. Il y a beaucoup d’informations erronées qui circulent. Beaucoup d’argent est investi dans la publicité anti-chasse. Ça me bouleverse chaque fois de constater le salaire des directeurs de la Fondation Brigitte Bardot. »

Afin de tourner son film, Nicolas Lévesque a lui-même dû obtenir son permis de chasse aux phoques.

Nicolas Lévesque s’est grandement investi dans le projet de documentaire pour lequel il a obtenu une bourse de scénarisation de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) en 2013. Quatre années ont été nécessaires avant de voir son film présenté sur écran. Il a dû s’installer aux Îles-de-la-Madeleine pendant quelques mois en 2017. Il est allé jusqu’à devenir lui-même chasseur de phoques, sans quoi, le projet ne pouvait voir le jour.

« Légalement, on n’a pas le droit d’utiliser un site de chasse si on ne chasse pas. J’ai dû obtenir mon permis de chasse commerciale aux phoques gris. Sur les bateaux, il a fallu que j’aide les chasseurs, ils ne te laissent pas le choix. Ils travaillent tellement fort. »

Nicolas Lévesque a tourné Chasseurs de phoques afin de fournir une nouvelle image de la chasse aux phoques.

L’espace restreint sur les bateaux l’a aussi forcé à se débrouiller seul pour ses tournages. « On ne peut pas enlever trois chasseurs pour mettre une équipe de tournage sur un bateau. Je n’ai pas eu le choix de me débrouiller pour tourner. »

Documentaire

Chasseurs de phoques, un documentaire de 70 minutes produit par MC2 Communication Média et qui sera diffusé par TV5, est né de l’expérience. Nicolas Lévesque y dresse le portrait de jeunes Madelinots qui maintiennent l’activité traditionnelle qu’est la chasse aux phoques. Les jeunes chasseurs sont confrontés à la présence imprévisible des phoques, aux risques financiers et à la dictature météorologique.

Les chasseurs de phoques doivent composer avec la présence imprévisible des phoques, les risques financiers et la dictature météorologique.

Son documentaire présente le photographe Yoanis Menge qui documente la chasse aux phoques depuis 2012, Jonathan et son frère Mathieu, chasseurs et pêcheurs, qui prennent la relève de leur père Bertrand, Réjean Vigneau, boucher et chasseur avant-gardiste, ainsi que Jacques Leblanc, un jeune chef qui cherche à faire de la viande de loup marin une gastronomie en demande.

Nicolas Lévesque sait qu’il sera plus difficile de faire voyager son film dans les festivals, notamment en Europe où la chasse aux phoques est un sujet sensible.

Nicolas Lévesque a tourné Chasseurs de phoques afin de fournir une nouvelle image de la chasse aux phoques.

« Je veux seulement que le film soit vu le plus possible, que les gens soient un peu plus sensibilisés. Il faudrait peut-être arrêter de se prononcer sur quelque chose qu’on ne connaît pas. Il faut laisser ces gens-là faire leur travail. »

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PROJECTIONS PRÉVUES

Le documentaire Chasseurs de phoques, fruit du labeur des dernières années de Nicolas Lévesque, sera présenté au public le 24 octobre, à 19h30, au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi, dans le cadre d’une projection qui prendra la forme d’une véritable expérience. 

Un cocktail ainsi que des bouchées gastronomiques de loup marin concoctées à partir d’un phoque chassé par un des personnages du film seront servis avant la projection du documentaire qui se fera en présence du réalisateur. 

Une discussion réunissant le réalisateur, Gil Theriault, directeur de l’Association des chasseurs de phoques Intra-Québec, ainsi que Mario Bilodeau, de Bilodeau Canada, qui confectionne des vêtements et des accessoires en peau du loup marin, suivra la projection. 

Les billets sont en vente via Diffusion Saguenay au coût de 10$. L’accès est gratuit pour les abonnés du Ciné-club. 

Ailleurs au Québec et à la télévision

Chasseurs de phoques a été présenté à la Cinémathèque québécoise du 16 au 18 octobre. Il sera aussi présenté aux Îles-de-la-Madeleine en ouverture d’un festival de courts métrages le 8 novembre. Le documentaire sera ensuite présenté sur Unis TV à compter du 3 décembre.