Un groupe originaire de La Baie, NecronomicoN, se produira samedi soir, à la salle 4-Barils de Jonquière. L’organisateur de ce spectacle, Tommy Tremblay, en profitera pour remettre une plaque aux musiciens, qui mènent une carrière fructueuse sur la scène internationale.

NecronomicoN, enfin prophète dans son pays

Tommy Tremblay vivra un moment important, samedi soir. Un groupe qui a été fondé à La Baie en 1988, dont la carrière rayonne depuis longtemps à l’international, sera la tête d’affiche de l’une de ses productions. Il s’agit de la formation NecronomicoN, que le promoteur accueillera au 4-Barils de Jonquière à la suite d’un patient – et fructueux – lobby.

Pour comprendre la signification de cet événement, il faut savoir que le trio mené par le chanteur Rob The Witch, aussi connu sous le nom de Robin Tremblay, joue rarement dans son patelin. «Ils ne l’ont pas eue facile, ici. Or, ces gars-là ont donné près de 1500 spectacles en carrière et sont très appréciés en Europe, ainsi qu’aux États-Unis. Ils sont trois et jouent comme six», a décrit Tommy Tremblay il y a quelques jours, lors d’une entrevue accordée au Progrès.

Puisque la dernière visite de NecronomicoN remonte à sept ans, il s’est mis en tête de le ramener dans ses terres et de profiter de l’occasion pour lui rendre hommage. Celui-ci prendra la forme d’une plaque que le promoteur, qui est machiniste dans la vraie vie, a confectionnée de ses mains. On retrouvera le logo de la formation, l’année où elle a commencé et le mot merci, exprimé au nom de la communauté metal du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Lui-même chanteur au sein d’un groupe metal, No One Dead, Tommy Tremblay est bien placé pour mesurer le chemin parcouru par Robin Tremblay et ses collègues, dont le batteur dolmissois Jean-Philippe Bouchard. «Leur force est qu’ils sont très originaux. Leurs mises en scène sont théâtrales et les albums prennent des couleurs variées. On peut entendre des sons amérindiens, à d’autres moments, des sons égyptiens», fait-il observer.

L’incursion au 4-Barils survient au moment où NecronomicoN s’apprête à sortir un nouvel album, prélude à une tournée qui embrassera plusieurs continents. Encouragé par la prévente, le promoteur s’attend à accueillir près de 150 spectateurs, alors que la capacité de la salle est évaluée à 175 places. Les portes ouvriront à 19h, soit une heure avant l’apparition des premiers invités, Return To Origins.

«Cette formation death metal existe depuis un an. Elle provient de Saint-Honoré et après une sortie en avril, ses membres sont prêts à faire de la grande scène. Ils sont bien préparés», estime Tommy Tremblay. En prime, les Saguenéens sont des fans de NecronomicoN, ce qui est aussi le cas de ceux qui les suivront sur la scène, les Charlevoisiens de Karmatik. Puis, ce sera au tour de No One Dead de prendre le relais, juste avant les héros de la soirée.

«D’habitude, je ne joue pas dans les spectacles que je produis, pour éviter que ça placote. Là, par contre, j’ai décidé de me gâter», reconnaît le chanteur. Comme celles qui la précéderont, sa formation disposera d’une fenêtre de 30 minutes pour montrer de quel bois elle se chauffe. De son côté, NecronomicoN pourra prendre tout le temps qu’il lui plaira. La nuit lui appartient.

Ajoutons qu’à compter de 18h, un tailgate sera organisé dans le voisinage du 4-Barils. Des hamburgers truffés de porc effiloché seront offerts aux amateurs de metal, annonce Tommy Tremblay. Les revenus tirés de cette activité seront versés au Centre de prévention du suicide 02.

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FERMETURE DU 4-BARILS: UNE PERTE POUR LA SCÈNE MÉTAL

Promoteur de spectacles metal depuis près de six ans, Tommy Tremblay voit approcher avec appréhension le jour où la salle 4-Barils de Jonquière cessera ses activités. C’est le 17 août que le groupe qui en assurait la gestion fermera les livres, ce qui coïncidera avec la tenue d’un ultime événement mettant en vedette les formations Confess et Matante Mutante.

«Je ne sais pas où j’irai à l’avenir. On ignore ce que la Ville fera de la Salle Nikitoutagan et c’est compliqué à la Zone portuaire de Chicoutimi, à moins d’avoir un contact. Il y a le Côté-Cour qui représente un endroit intéressant, sauf qu’il faut réserver longtemps à l’avance, ce qui n’était pas nécessaire au 4-Barils. En plus, c’était une place de type «plug and play», facile à utiliser. Tous les services étaient disponibles, y compris la billetterie», énonce Tommy Tremblay.

Il lui trouvait un autre avantage, du fait de sa localisation. Le même soir, il était possible d’inviter une formation de La Baie et une autre du Lac-Saint-Jean en ayant confiance de voir leurs fans rouler jusqu’à Jonquière afin de les appuyer. «Tous ne partagent pas mon opinion là-dessus, mais je trouve que nous étions bien centrés», fait remarquer le promoteur.

Proche du groupe qui veillait aux destinées du 4-Barils, il croit que l’énergie déployée dans les premières années, alors que les résultats n’étaient pas à l’avenant, a pesé sur la décision de mettre fin aux opérations. Un autre facteur, à ses yeux, tient au fait que la salle ouvrait au gré des demandes, pas toute l’année. «C’était un problème», laisse entrevoir Tommy Tremblay.

Il comprend la décision des quatre associés, toutefois, et se résigne à l’idée que l’institution jonquiéroise connaîtra le même sort que le Bunker et le Sous-Bois, situés à Chicoutimi, et d’autres lieux de diffusion qui tendaient les bras à la scène metal. Précisons qu’en plus du rendez-vous du 17 août, les amateurs pourront s’y rendre le 10, alors que le 4-Barils accueillera les groupes Gutter Demons et Strashers. Du punk, ainsi que du trash metal «made in Saint-Honoré».