D’abord connue pour ses sculptures, Natalie Birecki profite de son congé de maternité pour créer des illustrations. C’est ainsi que sont nées les images du livre Rappelle-toi, Arvida, dont le texte est signé Sophie Torris.

Natalie Birecki, de sculptrice à dessinatrice

Le livre Rappelle-toi Arvida a fait ressortir l’imaginaire de l’auteure Sophie Torris, mais aussi le travail de l’illustratrice Natalie Birecki. Mieux connue en tant que sculptrice, l’artiste établie au Saguenay a eu la chance d’aborder un médium différent par l’entremise de ce projet. Elle y voit une heureuse addition, un créneau susceptible d’occuper davantage de place à l’intérieur de son cheminement.

«L’impact du livre est très positif. Il amène les gens à tracer des liens entre mes deux pratiques, notamment le caractère surréel qui imprègne mes oeuvres. J’aurai aussi l’occasion de poursuivre dans cette voie grâce à mon amie, l’auteure Joanie Desgagnés. Pendant l’hiver, je produirai une dizaine d’images inspirées par un conte où il est question d’un quartier ayant perdu son facteur. Ce sera pour des enfants âgés de six à 12 ans», a mentionné Natalie Birecki au cours d’une entrevue accordée au Progrès.

Le moment était bien choisi pour aborder l’illustration, puisqu’elle est en congé de maternité depuis quelques mois. En prime, sa collaboration avec Sophie Torris, professeure appréciée au temps de ses études universitaires, lui a fait découvrir l’histoire d’Arvida où réside l’essence du livre. «Cette histoire me rejoint sous l’angle multiculturel. Moi-même, j’ai des racines polonaises du côté de mes deux parents», indique la jeune femme.

Ses échanges avec l’auteure ont amené à l’avant-plan d’autres facettes de la vie de la communauté, notamment les souvenirs que chérissent ses citoyens plus âgés. «Ce qui devait ressortir, c’était l’idée de la mémoire, des choses comme le parfum du lilas, très présent à l’époque, ainsi que les pâtisseries. Il y avait plein d’options à envisager», rapporte Natalie Birecki.

Une de ses illustrations aborde ces thèmes par le biais d’une tapisserie formée de lilas, de noisettes et de pâtisseries, lesquelles ont été dessinées après une visite chez Ladouche, un commerce établi au centre-ville de Chicoutimi. Le rêve est aussi très présent, comme le suggère le scénario centré sur la mémoire de la reine, qui semble tombée en panne. Ainsi la voit-on au temps de sa prime jeunesse, assise sur le dos d’une bernache qui vole au-dessus de la ville. Souvenirs. Souvenirs.

Une autre scène montre la reine au moment où elle se mire dans une glace. Entourée d’angelots représentant des enchanteurs, elle vient de reconnaître son visage, signe que la crise est terminée. Le passé retrouve la place qui lui incombe, une idée à laquelle l’artiste a souscrit à sa manière, en utilisant des crayons de couleurs pour produire cette illustration.

«Je veux sauver ce médium qui est de moins en moins présent en raison de la place qu’occupent les arts numériques, depuis quelques années. C’est hyper long de travailler de cette manière, mais c’est hyper satisfaisant. On sent le grain du papier, avec le gras du crayon qui dépose dessus. Les traits sont apparents», fait valoir Natalie Birecki, dont le livre est disponible à la bibliothèque municipale d’Arvida.