Nanette Workman a hâte de chanter aux côtés de l’Orchestre symphonique du Saguenay-Lac-Saint-Jean, le 21 avril, à l’occasion du Festival jazz et blues de Saguenay. Aussi accompagnée par le pianiste Yvon Bellemare, elle reprendra des airs de Gershwin et Cole Porter, un classique d’Ike et Tina Turner, en plus de ses propres succès et plein d’autres choses.

Nanette en mode jazz, blues et pop

Nanette Workman participait à une répétition, mercredi, lorsque le journaliste du journal l’a rejoint à sa résidence d’Ormstown. «Je répète avec Yvon Bellemare, un grand pianiste de jazz. C’est lui qui m’accompagnera à Chicoutimi», a-t-elle lancé d’un ton enjoué. L’entrevue a eu lieu pendant une pause, quelque part entre Gershwin et Cole Porter, une dizaine de jours avant son rendez-vous avec l’Orchestre symphonique du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Le 21 avril à 19h 30, en effet, tout ce beau monde sera rassemblé au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi à la faveur d’un événement baptisé Jazz et blues symphonique. Il marquera la fin de la saison des grands concerts pour l’orchestre, tout en faisant partie de la programmation du Festival jazz et blues de Saguenay, dont la 23e édition débutera mardi.

Ce n’est pas la première fois que la rockeuse se livre à un tel exercice. Elle l’a fait récemment aux côtés de l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières et se réjouit d’avance à l’idée de récidiver au Saguenay. «C’est grandiose de chanter avec un orchestre. Ça change d’un band de quatre musiciens. J’aime les instruments, les arrangements», confie Nanette.

Le programme comprenant des compositions que l’orchestre livrera seul, elle dispose d’une fenêtre de 45 minutes pour insérer ses interprétations. Festival oblige, plusieurs standards de jazz ont été sélectionnés par ses soins. C’est ainsi que Someone to Watch Over Me, de Gershwin, cohabitera avec le classique de Porter, I’ve Got You Under my Skin. S’y ajouteront des perles comme My Funny Valentine, The Man I Love et quelques autres.

«Il y aura aussi du blues, dont une pièce qui rappelle que je suis originaire du Mississippi, Mississippi Rolling Stone. C’est une belle chanson que peu de gens connaissent. Elle a été créée par Ike et Tina Turner», précise l’interprète. Quant à ses succès à elle, ils seront regroupés dans un long medley où Danser danser côtoiera Lady Marmelade.

«Une expérience différente»

Celui qui dirigera l’orchestre et, dans une certaine mesure, Nanette Workman, est le chef Jean-Michel Malouf. Bien que la facture de ce concert soit inhabituelle, c’est avec plaisir qu’il envisage cette première collaboration avec une légende du monde de la chanson. «Ce sera une expérience différente et nous en profiterons pour explorer d’autres textures, d’autres sonorités. Nous avons monté le programme ensemble et elle a l’air excitée de travailler avec nous», raconte le maestro.

Outre les pièces mentionnées plus haut, l’orchestre et la soliste proposeront leur version de Purple Rain, le succès de Sa Majesté Pourpre (Prince, pour les intimes). Il y aura également des oeuvres exécutées uniquement par l’orchestre, notamment le Jazz Pizzicato de Leroy Anderson, une jolie curiosité, ainsi qu’une composition de Copland, Hoedown, qui témoignera de l’attachement de cet homme pour le patrimoine musical des États-Unis.

On pourrait croire que ce programme constitue une forme de récréation pour les musiciens, une impression que le chef dissipe rapidement. «Ce n’est pas si simple de bien jouer cette musique, même si elle est moins complexe qu’une symphonie de Malher», note Jean-Michel Malouf. Il ajoute que ce cinquième et dernier rendez-vous de la série des grands concerts couronne une saison fructueuse.

L’orchestre a abordé le répertoire baroque, accueilli le pianiste Charles Richard-Hamelin, mobilisé deux fois le Choeur symphonique, tout en se produisant dans deux églises avant les Fêtes. Il reste maintenant à planifier la suite des choses, imaginer d’autres expériences tout aussi gratifiantes, une recherche dont les grandes lignes commencent à se préciser.

«On a hâte d’annoncer ce qui sera présenté dans la prochaine saison. Il est clair qu’on va garder les cinq concerts et on souhaite en offrir un autre pendant l’été, comme ce fut le cas à La Baie, lors de la venue du Queen Mary. Puisqu’il s’agira de la 40e année de l’Orchestre symphonique, bien des choses tourneront autour de cet anniversaire», laisse entrevoir Jean-Michel Malouf.