Une neuvième compagnie de théâtre professionnelle, L’Imprévu Improvisation, a vu le jour cet été à Saguenay. Cette organisation n’entend pas se limiter au format habituel, celui d’une ligue, afin d’offrir une large gamme de cours et de spectacles. Cet été, par exemple, elle présente des confrontations à deux contre deux, une série qui se poursuivra jusqu’à la fin d’août, à la Tour à Bières de Chicoutimi.
Une neuvième compagnie de théâtre professionnelle, L’Imprévu Improvisation, a vu le jour cet été à Saguenay. Cette organisation n’entend pas se limiter au format habituel, celui d’une ligue, afin d’offrir une large gamme de cours et de spectacles. Cet été, par exemple, elle présente des confrontations à deux contre deux, une série qui se poursuivra jusqu’à la fin d’août, à la Tour à Bières de Chicoutimi.

Naissance de l’Imprévu Improvisation

Daniel Côté
Daniel Côté
Le Quotidien
Mine de rien, la Ville de Saguenay a vu naître sa neuvième compagnie de théâtre professionnelle, cet été. Elle se nomme L’Imprévu Improvisation et souhaite explorer d’autres formats que celui de la compétition au sein d’une ligue. Ses fondateurs croient en effet que le jeu imaginé par le comédien Robert Gravel, en 1978, n’a pas donné tous ses fruits.

«L’idée de former cette compagnie nous trottait dans la tête depuis quelques mois. Nous sommes des passionnés d’impro et nous voulons l’amener plus loin. En Europe et au Québec, on a vu apparaître plusieurs groupes qui ne sont pas des ligues. Nous faisons partie de ce courant», raconte le directeur artistique Christian L’Italien.

Ça peut sembler contre-intuitif, mais la création officielle de L’Imprévu Improvisation a été accélérée par la pandémie. Ses artisans, un groupe qui comprend Marc Guiol, Moira Scheffer-Pinault et Marie-Ève Lemire, en avaient marre de ronger leur frein depuis que la LISE (Ligue d’improvisation du Saguenay et des environs) a interrompu ses activités à la mi-mars.

«Une fois qu’on a goûté à cette spontanéité, aux applaudissements, on devient accro. Alors, vous n’avez pas idée de l’impact qu’ont eu nos premiers spectacles tenus cet été. On s’ennuyait de jouer et une fenêtre d’opportunité s’est ouverte quand le gouvernement a rendu les salles accessibles», mentionne Christian L’Italien.

Ainsi fut constituée la Ligue d’improvisation estivale, dont les activités se poursuivront jusqu’à la fin d’août. Participants et spectateurs ont rendez-vous chaque mardi à 20h, à la Tour à Bières de Chicoutimi. Oui, il s’agit d’une ligue, mais on y joue à deux contre deux, ce qui tranche du format habituel.

«Nous accueillons de 20 à 30 spectateurs chaque soir, ce qui correspond à la capacité de la salle depuis l’imposition des normes», note Christian L’Italien. En parallèle, une école a été ouverte à l’Hôtel des Postes. On y dispense des cours pour élèves de niveaux débutant et avancé. Plus tard, d’autres options devraient être ajoutées: le coaching, l’arbitrage, l’impro chantée et bien d’autres.

«Nous voulons aussi organiser des stages portant sur l’écriture, en plus de monter un programme destiné aux adolescents. Notre désir est de démocratiser l’impro en la présentant de la bonne façon», fait observer le directeur artistique. Il ajoute que la relance des activités est prévue pour le début de septembre et que si la demande le justifie, on se déplacera partout dans la région.

Pour revenir aux spectacles, ils épouseront des formes variées. Le volet corporatif sera ciblé, tout comme les centres d’art, dans le contexte des vernissages. L’objectif consiste à tenir une douzaine d’événements pendant la saison 2020-2021, ce qui aidera L’Imprévu Improvisation à devenir une compagnie professionnelle.

La question de la salle va toutefois se poser, tôt ou tard, puisqu’on souhaite disposer d’une centaine de sièges. Et puis, il y a les caprices de la pandémie. Comment pèseront-ils sur la compagnie? «En attendant de disposer d’une salle dédiée à l’impro, nous miserons sur notre souplesse en ce qui touche les lieux et la forme des spectacles», répond Christian L’Italien.