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Musique des Fêtes
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Musique des Fêtes
À l'approche du temps des Fêtes, quoi de mieux que de faire jouer une musique de circonstance. Quelle soit nostalgique ou festive, la musique des Fêtes aide à se plonger dans l'ambiance. Le Droit vous présente des artistes de chez-nous qui vous ont cuisiné une bien belle galette des fêtes!
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Un Noël à trois pour Christian-Marc Gendron et Manon Séguin

Arts

Un Noël à trois pour Christian-Marc Gendron et Manon Séguin

Yves Bergeras
Yves Bergeras
Le Droit
Christian-Marc Gendron et Manon Séguin ont plongé dans la magie de Noël pour revisiter quelques grands classiques du temps des Fêtes, sur le disque Noël à trois.

Le chiffre fait référence à la présence dans leur vie de leur fille Kara — petit miracle en soi, puisque le couple a essayé d’avoir un bébé trois années durant. « Ça n’a vraiment pas été simple », mentionnera à ce propos le chanteur. 

Mais ce titre « un peu prémonitoire », convient M. Gendron, évoque aussi la perspective d’apprendre à passer Noël en format « bulle », en amoureux ou a minima, la période de confinement qui s’étire met en péril la tradition des grandes tablées familiales.

Leur disque ne sacrifie toutefois rien à la magie des Fêtes d’antan. En mode retrouvailles et famille élargie, le couple s’est entouré de quelque 17 musiciens, pour offrir un habillage big band très cuivré, bien adapté aux talents de crooner qu’on reconnaît à Christian-Marc Gendron (La Voix 2019, Pianoman Experience, Rock’n Crooner, etc.), grand amateur de Bing Crosby, Tony Bennett et consorts.

Reflet de leur amour, ce disque imprégné d’harmonies vocales a pourtant aussi quelque chose de très intime.

« Comme tout tourne tranquillement depuis mars, comme tout le monde, on reste à la maison ; c’est peut-être pour ça qu’on est encore plus dans cet esprit de cocon familial », concède la partie masculine de ce « couple très fusionnel ». 

M. Gendron  partage la scène et les projecteurs avec sa femme (qui a chanté au côté de Ginette Reno, Isabelle Boulay, Mario Pelchat, Véronic Dicaire et Luce Dufault, entre autres), depuis une dizaine d’années. C’est pourtant la première fois que leurs deux noms sont réunis sur la couverture d’un disque.

Le couple « rêvait » depuis longtemps de se lancer dans un tel projet. « J’ai toujours aimé la musique de Noël, et je ne pensais jamais pouvoir faire un album à cette saveur avec autant d’arrangements. C’est vraiment un album à grand déploiement. Et le plus beau projet de ma carrière, à date », confie le pianiste. 

« Bon pour le moral »

« Ça nous a gardés occupés pendant le confinement. C’était bon pour le moral », note-t-il. 

Ce disque qui a tout ce qu’il faut pour devenir incontournable du temps des fêtes, Christian-Marc Gendron le peaufine l’album depuis juillet. Ce qui ne l’empêche pas de multiplier les activités connexes, à commencer par ses capsules covidiennes. Suivant à la lettre la ‘prescription’ du Dr Horacio Arruda, Gendron a imité, sur le ton « Ça va bien aller ! » et le sourire en coin, les plus grandes voix du Québec et de la France, au fil de quatre vidéos devenues immensément populaires sur les réseaux sociaux.

Chez les Gendron-Séguin, le sapin est déjà décoré depuis des semaines, enchérit Manon Séguin. « On le monte très tôt chaque année et on écoute de la musique Noël dès la mi-novembre parce qu’en temps normal — l’époque pré-COVID — on travaillait beaucoup [à la période les Fêtes]. Ça nous permettait donc de nous mettre dans l’esprit de Noël et de profiter de ces moments magiques » un peu plus tôt.

« Et ce sera encore plus magique cette année » à présent que grandit leur fille, qui n’avait que deux mois à Noël 2019, ajoute la Franco-Ontarienne. « Cette année, elle va pouvoir bien se rendre compte de la magie des Fêtes. Tous les jours, elle décroche une boule et, très fière de l’avoir enlevée, vient nous l’apporter », sourit sa maman.

« Ouvrir l’album [avec Kara] allait de soi. Et puis ça donne bien le ton au reste de l’album : des chansons à saveur big band un peu contemporain, à la fois moderne et vintage », analyse le papa


« Ouvrir l’album [avec Kara] allait de soi. Et puis ça donne bien le ton au reste de l’album. »
Christian-Marc Gendron

Maman Manon

Profitant de la « carte blanche » que lui offrait Mario Pelchat, le couple a glissé, parmi sa sélection de 9 titres incontournables, trois chansons originales. Outre l’éponyme Noël à trois, Christian-Marc Gendron a écrit Noël sans toi, à la mémoire de sa belle-mère Manon, décédée « il y a quatre ans ce mois-ci ».

« Je revis plein d’émotions en lien avec son départ — et aussi avec l’arrivée de l’enfant — que je n’ai jamais su mettre sur papier. C’est Christian-Marc qui a écrit cette chanson touchante, qui pour moi est un chef d’œuvre. J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps » en l’entendant pour la première fois », avoue la chanteuse. « Un album de Noël, c’est festif, mais Noël, c’est aussi un moment de recueillement. Elle, c’est ‘la’ chanson triste du disque. »

À la suggestion de Mario Pelchat (« on n’aurait pas pensé à la faire », avoue Marc Gendron), le disque comprend aussi le Minuit, chrétiens — un air traditionnellement chanté par des voix masculines, mais ici interprété par Manon Séguin. « C’est un clin d’œil à ma maman, qui la chantait à l’église de son village, L’Orignal, lors des messes de minuit », partage Manon Séguin. « C’est une intouchable, dure à interpréter. Et comment faire différent sans dénaturer un tel classique ? » Enthousiasmée par « les harmonies et les beaux arrangements » que lui proposait son mari, elle a accepté d’y glisser sa voix féminine.

Façon de contrebalancer la tristesse véhiculée par Noël sans toi, le troisième titre original, Noël pour la vie, a été composé sur des notes nettement plus ‘hop la vie !’.

Il fallait inclure « une chanson plus sing along, une sorte d’hymne rassembleur » lorgnant du côté du War Is Over de John Lennon, explique Marc Gendron. « On a eu l’idée d’ajouter un chœur d’enfants, et ça lui donne un petit côté féérique. »

Noël à quatre

Disponible depuis le 6 novembre, Noël à trois est produit par Christian-Marc Gendron, avec la complicité de Mario Pelchat, grand ami et collaborateur du couple — dont il avait d’ailleurs célébré l’union — qui en a orchestré le développement, à titre de producteur délégué.

Au début de la COVID, Christian-Marc Gendron et Manon Séguin offraient aux internautes de sympathiques petites «prestations live, sans prétention, avec [leur] fille sur nos genoux», rappelle Marc Gendron. Sympathiques et intimes, ces sérénades familiales ont convaincu Mario Pelchat que le couple était le candidat idéal pour le projet d’album de Noël qu’il voulait mettre en branle.

Le disque s’ajoute aux deux opus que Mario Pelchat a déjà glissés dans sa ‘hotte’: Mario Pelchat et les Prêtres et Les Noëls d’Autrefois de Paul Daraîche». Il a été réalisé par le talentueux Christian Turcotte, qui était déjà derrière la console de Mario Pelchat et les prêtres et de la Caravane Country, entre autres ambitieux projets.

Céleste Lévis: Un Noël tout autour

Arts

Céleste Lévis: Un Noël tout autour

Mario Boulianne
Mario Boulianne
Le Droit
L’idée de lancer un album de Noël n’est pas née hier, pour Céleste Lévis.

Noël tout autour, c’est le titre de l’album, pourrait plus se décrire comme le troisième effort en studio de l’auteure-compositrice-interprète qu’un simple album de Noël.

« Oui, c’est un disque de Noël, mais je le vois plus que le 3e album de Céleste Lévis, de confier la chanteuse originaire Timmins. Sur ce disque, on a écrit et composé toutes les chansons sauf deux reprises, The Christmas Song et Minuit, chrétiens. Les huit autres, ce sont des titres originaux. »

Céleste a encore une fois tout fait à sa manière, pour cette troisième galette qui sortira le 27 novembre, en version numérique et physique.

Épaulée par son complice Marc-Antoine Joly, toute la production de l’album a été faite dans leur studio d’Ottawa.

« Tout a débuté quand on a offert notre spectacle de Noël à la Quatrième salle du Centre national des arts, l’an dernier, confie-t-elle. À ce moment, notre spectacle ne comptait que des reprises et des classiques des Fêtes. J’adore ces chansons qui ont marqué mon enfance, mais j’avais aussi envie d’offrir aux gens des chansons originales, des pièces qui me représentent bien et qui auraient une signification pour moi. »

C’est donc cette réflexion de coulisses qui a conduit à l’écriture de Noël tout autour. Des 10 chansons qui composent l’album, huit sont des compositions originales signées par Céleste et Marc-Antoine Joly.

« On a écrit ça pendant la pandémie, dans une période où je ne pouvais pas visiter ma famille et où je m’ennuyais terriblement d’eux, avoue-t-elle. Ce fut un déclencheur. J’ai beaucoup écrit, tant pour cet album que pour un autre projet. C’était très motivant et inspirant. »

L’écriture de l’album a aussi été un baume au cœur pour l’artiste qui, comme la grande majorité de ses collègues, se voyait forcée de faire une pause dans ses projets.

« Ça m’a fait beaucoup de bien d’écrire ces chansons-là, dit-elle. J’ai replongé dans mes souvenirs d’enfance, dans les traditions familiales qui m’ont rapidement rapproché de ma famille. J’ai aussi écrit dans les deux langues, en anglais et en français. Ça aussi, ça me représente bien. »

Parmi les classiques de Fêtes qui se retrouvent sur l’album, il y a Minuit chrétiens. Une chanson, dit la chanteuse, qu’elle devait « absolument » mettre sur le disque.

« J’ai toujours chanté cette chanson, que ce soit chez mes parents ou à l’église, ajoute-t-elle. Depuis quatre ans maintenant, je l’interprète à la messe des enfants à Timmins. Je devais l’enregistrer et la mettre sur l’album. »

Pour The Christmas Song, Céleste et Marc-Antoine se sont permis d’ajouter une intro musicale, avec la collaboration de leur pianiste et ami Martin Gagnon. 

Enseignant à l’école secondaire Samuel-Genest d’Ottawa, le musicien accompagne Céleste et Marc-Antoine sur scène et il a collaboré à l’écriture de ce dernier effort en studio.

Un spectacle

À la suite du lancement de l’album le 27 novembre, un spectacle est prévu le 12 décembre à la Quatrième salle du CNA.

Pour l’instant, l’événement est toujours programmé. Selon l’évolution de la situation de la pandémie et des mesures sanitaires en vigueur, la direction du CNA prendra une décision à savoir si le spectacle sera présenté devant public ou en webdiffusion.

« J’aimerais beaucoup présenter ce spectacle où nous pourrons offrir toutes les chansons de l’album et plusieurs classiques de Noël, espère Céleste Lévis. On aimerait aussi beaucoup faire de ce concert de Noël au CNA une tradition et l’offrir chaque année. »

Quant à l’album, l’artiste ajoute que la version physique du disque sera aussi disponible et on peut la précommande en visitant le site web celestelevis.com.

Pour ce qui est de la suite des choses, Céleste Lévis avoue travailler sur un quatrième album. 

Outre l’album de Noël, l’artiste franco-ontarienne avait lancé Donne-moi le temps en 2018. Ce disque avait été suivi par une tournée qui l’avait tenue occupée pendant plus d’un an.

Geneviève Leclerc: La douceur de la neige

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Geneviève Leclerc: La douceur de la neige

Mario Boulianne
Mario Boulianne
Le Droit
Geneviève Leclerc l’avoue d’emblée, ce n’était qu’une question de temps avant qu’elle s’offre un disque de Noël.

Avec Neige c’est chose faite. 

Ce mini-album comprend quatre chansons, dont trois pièces originales et une écrite par l’artiste. À cela, la chanteuse originaire de Gatineau y a ajouté une reprise, Winter Song, comme pour se faire un cadeau avant le temps.

« J’ai produit et réalisé ce EP en plus d’avoir écrit une des quatre chansons qui se retrouvent sur le disque, confie-t-elle. C’est une très grande fierté pour moi que de pouvoir revendiquer le titre d’auteur-compositrice. »

Blanc de Neige est sa toute première composition. Un texte qu’elle a écrit sur une mélodie de Nick Burgess. 

« Je suis particulièrement fière de ce texte, dit-elle. J’écris depuis un bout de temps, mais je n’ai jamais osé mettre ça sur un album et encore moins un disque de Noël. Mais aujourd’hui, je crois que le temps était venu de m’affirmer en tant qu’auteure. »

Comme un baume sur une année difficile, autant pour elle que pour toute l’industrie de la musique, Neige offre une sonorité différente des albums plus classiques de ce temps de l’année. 

Il y a bien sûr Blanc de Neige qui met l’accent sur la solitude et la nostalgie amplifiée par la perte d’un être cher. 

Mais, il y a aussi la très celtique Flocon, composée par Marc-André Sauvageau, de même que Je ne reviendrai que pour toi, également de Sauvageau, où l’artiste chante la réjouissance des retrouvailles associées très souvent à la période des Fêtes.

« Ce fut un long processus de création, confie la chanteuse. J’ai passé plus de 90 heures sur zoom avec Medhat Hanbali. Il a fait tous les arrangements et la réalisation de l’album. Je l’ai choisi spécialement pour ses qualités d’arrangeur. Son sens du tempo et la modernité de ses idées étaient exactement ce que je voulais pour ce EP. »

<em>Neige,</em> le mini-album de Noël de Geneviève Leclerc.

Un risque

Au risque de perdre quelques fans en cours de route, Geneviève Leclerc a maintenu le cap sur son idée d’offrir un album de Noël peu commun.

« Le processus de réalisation s’est fait de juillet à septembre, dans la chaleur de notre été pas comme les autres, insiste-t-elle. Après avoir produit cet album, j’ai évidemment d’autres projets de compositions originales qui me trottent dans la tête. On verra aussi quelle vie aura Neige et je vais voir pour la suite. »

Cette petite galette des Fêtes ne serait pas complète sans y ajouter la reprise d’un classique du genre. C’est donc Winter Song, une chanson écrite et composée par Sara Bareilles et Ingrid Michealson, qui s’ajoute à ce mini-album.

À cela, on y ajoute un vidéoclip et c’est la pièce Flocon qui en a bénéficié. Réalisé par La Clic, sur un concept de Geneviève Leclerc, le clip est une production de Musicor.

Aussi, un spectacle s’ajoute à la sortie de l’album qui est d’ores et déjà disponible sur les plateformes de téléchargement. Le concert aura lieu le 13 décembre à 20 h sur la plateforme de webdiffusion WhiteBox Play. En plus des pièces du mini-album et du répertoire habituel de Geneviève Leclerc, la chanteuse promet quelques belles surprises. 

Enfin, elle ira interpréter sa chanson Blanc de Neige lors d’un spécial de Noël qui sera présenté sur les ondes de TVA et dont la date reste à déterminer.

« Noël a toujours été mon moment préféré de l’année. Chez moi, la musique des Fêtes commence à jouer au début du mois de novembre, avoue la Gatinoise. J’aime tout de cette période. Les décorations, la bonne bouffe, les réunions familiales et bien entendu la neige. Ça faisait longtemps que je voulais sortir mon propre matériel de Noël et j’ai senti que cette année, c’était le bon moment de le faire. »

Information: genevieveleclerc.com

Mélissa Ouimet et Laurence Nerbonne dans l'esprit des fêtes

Arts

Mélissa Ouimet et Laurence Nerbonne dans l'esprit des fêtes

Mario Boulianne
Mario Boulianne
Le Droit
La Franco-Ontarienne Mélissa Ouimet et la Gatinoise Laurence Nerbonne ont toutes deux écrit et lancé des chansons de Noël.

C’est en plein été que Mélissa Ouimet a écrit Noël dans la tête. Et pourtant, cette chanson a tous les éléments des froides soirées de décembre.

Voulant se lancer dans ce projet d’écriture depuis quelque temps déjà, la Franco-Ontarienne a profité d’une pause dans son agenda pour se mettre à table.

« C’était un vieux rêve d’écrire une chanson de Noël, mais j’étais loin de me douter que ça serait à ce point difficile, explique-t-elle. Non pas que j’étais en manque d’inspiration, mais plutôt que de s’attabler pour écrire une toune de Noël en plein été, je vivais en pleine incohérence. »

Cette chanson où l’on entend autant de clochettes que sur les rennes du père Noël, a été écrite avec son complice Bruno Labrie et réalisée par Gautier Marinof.

Noël dans la tête est déjà disponible sur toutes les plateformes de téléchargement.

« J’adore ce moment de l’année où s’arrête le temps, confiait l’artiste. Tout ça me rend très fébrile chaque fois. J’espère que ma chanson fera revivre aux gens qui l’écouteront, en un instant, la magie du temps des fêtes. »

À la suite de ce lancement, l’artiste promet de belles surprises d’ici le 25 décembre. 

Par ailleurs, Mélissa Ouimet a déjà entamé une série de spectacles en ligne pour les écoles franco-ontariennes. Plus d’une vingtaine de représentations sont prévues en décembre.

Laurence Nerbonne

Laurence Nerbonne: C'est Noël

Une ambiance festive, des notes techno et un texte bilingue. C’est une chanson très « Laurence Nerbonne » que l’auteure-compositrice-interprète offre pour Noël.

Fidèle à sa tradition annuelle, la Gatinoise présente une chanson originale, écrite en collaboration avec Amylie Boisclair, qui saura faire sourire et taper du pied.

C’est Noël (Naughty Christmas) est une pop moderne agrémentée de grelots et de clochettes. Oui, on rend hommage à l’esprit du temps des fêtes.

On pourrait se procurer la chanson le 4 décembre sur les différentes plateformes de téléchargement.

Pierre Lapointe: mêmes fêtes, nouveaux angles

Musique

Pierre Lapointe: mêmes fêtes, nouveaux angles

Geneviève Bouchard
Geneviève Bouchard
Le Soleil
Pierre Lapointe le reconnaît : il entretient un rapport ambigu avec la musique de Noël. Rien toutefois pour le décourager de plonger à son tour dans le bain avec Chansons hivernales. L’auteur-compositeur-interprète l’a toutefois fait à sa manière, assumant un côté kitsch, quelques accents grinçants, doux ou tragiques et se donnant pour défi d’embrasser des codes connus sous des points de vue inédits.

«Il ne faut pas se mentir : à une époque où faire des albums rapportait encore de l’argent, ç’a été un moyen extrêmement facile pour les maisons de disques de faire de l’argent rapidement. Ç’a donné des trucs qu’on pourrait comparer à de la saucisse bas de gamme», estime Lapointe, qui ne nie pas que «de grandes» chansons de Noël sont nées dans le contexte. 

«Mais la sixième version dance d’une chanson de Sinatra ou d’Elvis, elle n’était peut-être pas nécessaire. Ce n’est pas ça qui reste de toute manière», avance le musicien. 

Ses propres compositions, il ne cache pas son désir de les voir durer d’un Noël à l’autre.

«J’ai essayé d’écrire des chansons qui, je l’espère, deviendront de nouveaux classiques, confie-t-il. J’espère que dans 15 ans, certaines seront reprises et possiblement massacrées par d’autres personnes de mon industrie. Ce sera signe que j’ai réussi...»

Des reprises pour Pierre Lapointe? C’était donc hors de question. «Ça ne m’intéressait pas du tout, tranche-t-il. En raison du métier que j’exerce depuis 20 ans et en raison du savoir-faire que j’ai, j’aurais trouvé ça insultant pour moi-même de reprendre des chansons bêtement. Le but était de trouver de nouveaux angles. Même si le contexte était plutôt restrictif, il m’a aussi donné beaucoup de liberté et d’occasions d’être encore plus imaginatif.»


« J’ai essayé d’écrire des chansons qui, je l’espère, deviendront de nouveaux classiques. J’espère que dans 15 ans, certaines seront reprises et possiblement massacrées par d’autres personnes de mon industrie. Ce sera signe que j’ai réussi... »
Pierre Lapointe

Au bout du fil, le musicien se lance dans une énumération. «Ç’a donné des chansons d’amour entre deux gars, une chanson en créole, une autre avec un coming-out qui vire mal. Il y a une chanson sur un party de famille où je dis carrément que la famille me dégoûte, mais qu’on finit toujours par y revenir. Parce que la famille, c’est du monde qu’on n’a pas choisi, qui nous énerve souvent, mais qu’on va aimer toute notre vie.»

Pierre Lapointe évoque les rassemblements parfois surréalistes qui viennent avec les clans nombreux. «Moi, je viens d’une famille au Lac-Saint-Jean. Du côté de ma mère comme de mon père, ils étaient 10 enfants. Les partys de Noël avec 20 mononcles et matantes, au moins 20 cousins et cousines dont la moitié a l’âge d’avoir un chum ou une blonde qui viennent avec eux… Il y a toujours des moments un peu drôles.»

Dans un registre plus doux, il s’adresse au poupon Jules, un nouveau filleul qu’il n’a pas pu accueillir comme il l’aurait souhaité à cause de la pandémie.

«Je n’ai pas pu le prendre dans mes bras au moment où il est né, raconte-t-il. J’ai trouvé ça extrêmement dur. Je n’ai pas pu aller à l’hôpital quand il est arrivé, je n’ai pas pu préparer sa venue comme j’aurais voulu. Pour moi, cette chanson, c’est une façon de réparer ça et de lui faire un beau cadeau de bienvenue. Mais encore une fois, le regard que j’ai sur la vie s’exprime là. Ce que je lui dis, en gros, c’est que la vie, c’est dégueulasse et merveilleux à la fois.»

Jouer sur les clichés

Au moment d’entrer en studio avec le réalisateur Emmanuel Éthier, Pierre Lapointe n’a pas fui les clichés musicaux qui viennent souvent avec le répertoire de fin d’année. Au contraire.

«On a joué avec les sons. Quand j’ai parlé avec Emmanuel, je lui ai dit qu’on sortirait tous les clichés : les cloches, les chœurs, les violons… Tout ce qu’on peut sortir pour qu’au niveau de l’écriture, je puisse aller n’importe où, mais qu’au final, les gens puissent ressentir cette espèce de chaleur, ce côté rassurant du temps des Fêtes. Mais je voulais avoir le droit d’aller n’importe où.»

Thèmes pas si souvent — voire jamais? — déclinés dans le répertoire de saison, des histoires d’amour ou de désamour ancrées dans la communauté LGBTQ, notamment en duo avec Mika ou Mélissa Laveaux. «Je suis content parce qu’il y a plein de chansons sur cet album qui nous ont fait dire : “ça ne s’est jamais fait”», se réjouit-il.

C’est toutefois arrivé un peu par hasard, assure le musicien. «Je pense que ce qui fait que des gens hétéros peuvent se retrouver dans mes chansons et depuis plusieurs années maintenant, c’est que ce n’est pas du militantisme. Je fais juste parler de ma réalité et ma réalité, elle est très proche de n’importe qui. Je parle d’émotions.»

Au final, ces angles d’attaques poétiques ont donné la permission à Pierre Lapointe de jouer sans gêne la carte kitsch, en musique comme dans le visuel de Chansons hivernales. «Ça nous a permis de ne pas basculer dans du cucul guimauve. On réussit à surfer sur la guimauve sans jamais s’affaisser dedans!» lance le musicien.

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Une pochette signée Pierre et Gilles

La pochette de Chansons hivernales nous montre un Pierre Lapointe sur fond pastel, la larme à l’œil, vêtu en coureur des bois. «En poète coureur des bois», précise le principal intéressé, qui a vécu un «grand moment» en collaborant ici avec le «mythique» duo de portraitistes français Pierre et Gilles. 

La pochette de l'album <em>Chansons hivernales</em> de Pierre Lapointe

«Le premier portrait qu’ils ont tiré à la fin des années 70, c’était Andy Warhol. Leur particularité, c’est qu’ils prennent des photos, mais qu’ils peignent sur les photos après. Ça donne toujours des couleurs hyper éclatantes», s’enthousiasme Pierre Lapointe, grand passionné d’arts visuels. 

«Ils ont photographié Madonna, Marilyn Manson, Juliette Gréco, reprend-il. Ce sont des monstres sacrés de la culture populaire. Je les ai invités à venir voir mon concert La science du cœur. Ils sont venus. J’ai été hyper ému quand ils m’ont dit qu’ils étaient intéressés à faire mon portrait.»

Pour les deux artistes, Pierre Lapointe a mordu à belles dents dans un stéréotype lié aux Québécois qu’il a souvent déploré dans l’Hexagone. 

«Ça fait des années que je viens à Paris et que je me bats contre ça : le caribou, la poutine, les “hé tabernacles”, cite le musicien. Parce qu’ils travaillent les clichés et qu’ils les magnifient en bijoux bonbon, je leur ai dit que j’étais prêt à m’habiller en coureur des bois pour eux.»

L’œuvre s’est retrouvée dans une exposition à Paris, aux côtés de celles consacrées à plusieurs grandes vedettes. De ça, Pierre Lapointe n’est pas peu fier. Une nouvelle création de Pierre et Gilles devait à l’origine être réalisée pour Chansons hivernales. Dans l’impossibilité de voyager pendant la pandémie, Pierre Lapointe et son équipe ont plutôt acheté les droits de ce coureur des bois. 

«Au final, je suis content, parce que je trouve qu’elle illustre extrêmement bien le contenu de l’album, observe-t-il. C’est poétique, c’est beau, c’est attirant, mais en même temps, il y a quelque chose d’un peu inquiétant ou d’un peu ridicule...»  Geneviève Bouchard

La fête préférée de Mario Pelchat

Arts

La fête préférée de Mario Pelchat

Daniel Côté
Daniel Côté
Le Quotidien
Au moment où le Québec est entré en dormance, à la mi-mars, Mario Pelchat venait de présenter pour la troisième fois son spectacle rendant hommage à Charles Aznavour. Une grosse production, avec 20 personnes sur la scène. Dans son esprit, il fallait déployer de tels d’effectifs parce que le répertoire le commandait. C’est donc à regret qu’il a mis cette production sur la glace pendant trois ans, peut-être quatre, afin de se concentrer sur d’autres activités.

« La seule fois où je suis resté aussi longtemps sans chanter remonte à 2005, mon année sabbatique. En plus, un seul de mes spectacles a été annulé pendant mes 40 ans de carrière et ce n’est pas moi qui avais pris la décision. J’ai donc trouvé ça plate, ordinaire, le fait d’en annuler plusieurs dans les derniers mois », a confié l’interprète au cours d’une entrevue téléphonique accordée au Progrès.

Le Jeannois a chanté, bien sûr. Dans sa voiture quand il se trouvait seul. Une fois ou deux pour des projets, comme la version du Blues du businessman entonnée avec plusieurs de ses camarades, aux côtés de l’Orchestre symphonique de Longueuil. C’est seulement les 3 et 4 décembre, cependant, que Mario Pelchat donnera son premier tour de chant à l’ère de la COVID-19. De retour avec l’orchestre dirigé par son ami, le violoniste Alexandre Da Costa, il célébrera Noël, la fête la plus chère à ses yeux, à la faveur d’un concert virtuel.

La primeur de cet événement sera réservée aux citoyens de Longueuil, puisqu’ils le financent à hauteur de 50 000 $. Pour les fans qui résident ailleurs, par contre, une fenêtre sera ouverte du 10 au 24 décembre, toujours à 20 h. Pour réserver, il suffira de se rendre sur le site de l’Orchestre symphonique de Longueuil. Ce sont ses membres qui ouvriront le programme, avant d’accueillir leur invité dans la seconde partie.


« J’adore Noël et ma mère aussi aimait cette fête. Je pense donc à elle, en même temps qu’à nos chers disparus. »
Mario Pelchat

« Cet événement devait se dérouler l’an passé. Il a été remis et maintenant, on le fait en mode virtuel, précise l’artiste. Il s’agira de ma première expérience du genre et même si je sais que plein de gens sont contents que je le fasse, je ressens un peu d’appréhension. Je n’ai jamais fait ça, chanter dans une salle où il n’y a personne, mais on ne sait pas. Peut-être que j’aimerai cette expérience. Ce qui est sûr, c’est qu’avec Alexandre, ce sera bien. Après tout, c’est lui qui m’a sorti du confinement pour faire Le blues du businessman. »

Il rappelle que cette version est née au moment où les salles de spectacle ont à nouveau fermé leurs portes. L’idée consistait à passer un message au gouvernement provincial, pour qu’il garde à l’esprit que les arts d’interprétation constituent un besoin vital. « Cette fermeture a fait mal à beaucoup de monde. Les artistes. Les techniciens. Les diffuseurs », fait remarquer le Jeannois.

Une aura nostalgique

Mario Pelchat était encore un gamin lorsqu’il a abordé pour la première fois le répertoire de Noël. Ça s’était passé à l’église Saint-Jean-de-la-Croix de Dolbeau, aujourd’hui désacralisée. Il avait participé à la messe de minuit, dont la vedette était son père, doté d’une voix semblable à la sienne. La mémoire de son Minuit, chrétiens demeure vivace.

« C’est la pièce la plus impressionnante parce qu’on se demande si l’interprète va atteindre la dernière note, avance-t-il. Elle fera partie du concert de Longueuil, tout comme Nouvelle agréable, Il est né le divin enfant et ma version du Noël à Jérusalem d’Enrico Macias. Je reprendrai également Noël ensemble, une composition originale que j’ai chantée avec Les Prêtres. »

Ce répertoire que l’homme connaît par coeur produit sur lui autant d’effet que dans sa jeunesse, sinon davantage. Il est en effet nimbé d’une aura nostalgique, laquelle devient plus dense au fil des ans. « J’adore Noël et ma mère aussi aimait cette fête, raconte-t-il. Je pense donc à elle, en même temps qu’à nos chers disparus. »

Quant à ses capacités vocales, elles n’ont pas été sollicitées pour la peine, mais il ne s’en émeut guère. Quelques exercices suffiront pour les ramener à niveau, ce qui lui permettra de savourer le plaisir que procurera son retour à la scène, à l’intérieur de la cocathédrale Saint-Antoine-de-Padoue. « Recommencer à chanter, c’est comme si on réalisait pour la première fois qu’on possède un don », souligne en effet Mario Pelchat.

Los Pedros Chimicos: Le Noël d’Armand

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Los Pedros Chimicos: Le Noël d’Armand

Mario Boulianne
Mario Boulianne
Le Droit
Un air de reggae et un texte coquin, ce ne sont pas les ingrédients traditionnels pour un classique des Fêtes.

Et pourtant, Le Noël d’Armand a tout ce qu’il faut pour devenir la ritournelle de cette année 2020 qui n’a rien d’ordinaire.

Ce nouvel extrait du collectif Los Pedros Chimicos pourrait bien envahir les ondes radiophoniques du Québec sinon, les salons des chaumières québécoises avec l’arrivée de l’hiver.

Sur une musique de Paul Bellemare (Les Frères à ch’val) et des paroles de Martin Valois, Le Noël d’Armand est offert sur un ton irrévérencieux qui nous laisse des images d’Elvis Gratton sur une plage des îles Caïmans tout en nous rappelant les meilleures parodies musicales de Rock et Belles Oreilles.

« On voulait proposer une chanson colorée et imagée comme on l’a fait avec notre EP lancé cet été, explique Martin Valois, l’instigateur du collectif et auteur-compositeur-interprète. Cette chanson est probablement le début d’un projet consacré aux aventures d’Armand. On verra bien où ça pourrait nous mener. »

Ce collectif d’artistes est composé de Paul Bellemare alias Polo, de Martin Valois, de Fred Beauchamp et de Dominic Dagenais. 

Les quatre Pedros avaient commis un premier EP en juin dernier intitulé J’m’en fous. Avec Le Noël d’Armand, c’est du soleil qu’ils ont voulu mettre dans nos salons pour le temps des Fêtes.

Fondateur de Los Pedros Chimicos, Martin Valois explique avoir voulu monter ce projet juste pour faire rire sa conjointe.

« Ma copine a eu un accident de moto et j’ai créé ce projet-là simplement pour la faire rire, explique l’artiste qui est aussi orthodontiste à Gatineau. Au fil des créations, Los Pedros a pris de l’ampleur et aujourd’hui, avec l’année que l’on traverse présentement, je crois que Armand vient apporter un peu de soleil et de positif dans tout ça ».

L’idée du Noël d’Armand est apparue en avril dernier, en pleine pandémie.

« J’ai reçu une musique que Polo avait composée, ajoute Martin Valois. Il m’a expliqué qu’il n’a jamais trouvé le bon texte pour sa chanson en ajoutant que mon humour pourrait bien servir sa musique. C’est comme ça que j’ai écrit la chanson. »

Le nouveau <em>single</em> des Los Pedros Chimicos, <em>Le Noël d'Armand</em>.

Une deuxième vie

La musique a toujours fait partie de la vie de Martin Valois. 

Ayant opté pour une carrière de dentiste afin, dit-il, « d’assurer ses arrières », il n’a jamais laissé totalement la musique. En 1993, il a pris part au Festival de la chanson de Granby. 

Il a mis de côté cette passion pour y revenir en 2015 où il lance un premier album sur lequel Steve Hill et Richard Rainey ont collaboré. 

En 2019, c’est l’album Décohérence country qui le replace sur la voie rapide et l’amène jusqu’à la finale Stingray Musique au Festival western de St-Tite.

Avec Los Pedros Chimicos, il trouve un espace créatif hors norme, qui lui permet d’explorer de nouveaux horizons.

« Les Pedros, c’est un bel espace de création, dit-il. Je veux laisser ouvert le collectif à d’autres artistes qui aimeraient aller ailleurs, sans pour autant se faire juger par leurs fans ou leur entourage. C’est vraiment un endroit pour se faire plaisir en tant qu’artiste. »

Le Noël d’Armand est disponible sur les plateformes numériques depuis lundi dernier. Cette sortie coïncide également avec un lancement radio.