Le spectacle de Mosaïque a lancé de belle façon la 22e édition du festival Tam Tam Macadam, jeudi soir, au centre-ville d’Alma.

Mosaïque et Surojit lancent du bon pied le Tam Tam Macadam

Un nouveau site que les gens ont semblé apprécier. Un groupe familier qui, cette fois, était accompagné par un ami venu de loin. Des musiques d’ici et beaucoup d’ailleurs, d’une douceur comparable à celle de la nuit almatoise en ce jeudi soir qui fut charmant à tous égards. Les conditions étaient réunies pour amorcer du bon pied la 22e édition du festival Tam Tam Macadam.

C’est sur la rue Collard que les activités seront concentrées jusqu’à dimanche, de préférence à la rue Sacré-Cœur. Le stationnement de la Plaza a vu pousser trois rangées de kiosques où on peut admirer une collection de masques créés par une artiste de la région, se procurer des vêtements dépaysants ou juste flâner. Ils ont été nombreux à céder à la tentation, hier, jusqu’au moment où la première formation à se produire cette année est apparue sur la scène.

Elle avait beaucoup d’espace pour se déployer et ça tombait bien, puisque Mosaïque regroupe sept personnes auxquelles s’est joint un artiste réputé du Bengale, Surojit Chatterjee. Il est revenu voir ses camarades du Québec après les avoir accueillis chez lui en janvier, poursuivant ainsi une collaboration amorcée en 2006. Signe de la complicité qui les unit, ce n’est pas lui, l’homme à la notoriété planétaire, qui a accaparé l’attention. Il était un parmi les huit, partageant avec eux le bonheur de faire de la musique.

Une pièce instrumentale au ton joyeux, très percussive, a permis de briser la glace sans rien brusquer. Les petits gradins disposés de part et d’autre de la scène étaient déjà pleins, tandis que quelques dizaines de personnes occupaient la place centrale. Rien pour provoquer une émeute, mais un public attentif qui, jusqu’à la fin du spectacle, n’a cessé de se densifier, tout en affichant de plus en plus clairement son appréciation.

Surojit a charmé les spectateurs rassemblés à Alma, jeudi, en interprétant plusieurs chansons d’une voix très douce.

Comme toujours, Mosaïque a présenté des musiques issues de différentes cultures, une approche qui sied bien à Surojit. Très tôt, il s’est mis à chanter d’une voix douce, agréable, en s’accompagnant à la guitare acoustique. Cet air était aussi léger que le vent qui soufflait sur le centre-ville, un vent trop faible pour éloigner les petites mouches qui, elles aussi, profitent pleinement de cet été plus chaud qu’à l’ordinaire.

Une autre fois, c’est une chanson iranienne, patrie de l’un de ses membres, que Mosaïque a interprétée. Surojit a alors joué de la flûte, tandis que le violoncelle de Jean-François Sauriol ajoutait de la profondeur à l’ensemble. Des gens se sont mis à danser presque malgré eux, en effectuant de légères ondulations. Touché par ce qu’il voyait, content de jouer dans sa ville, le percussionniste Pascal Bouchard a pris la parole. « C’est un beau cadeau pour nos 25 ans. On fête ça avec vous », a-t-il lancé.

Sa consœur Élyse Bergeron s’est aussi constitué un capital de sympathie lorsqu’elle a présenté une autre pièce. « C’est une chanson en bengali, la langue de Surojit, mais ce n’est pas lui qui va l’interpréter. C’est moi. Souhaitez-moi bonne chance », a mentionné la jeune femme. Personne ne saura jamais si les accents toniques étaient à la bonne place. L’important est que sa voix lumineuse, couplée à des arrangements entraînants, a incité tout le monde à lui accorder la note de passage.

Le génie de Mosaïque réside dans sa capacité de faire siennes des œuvres de provenances diverses, ce qu’on a pu vérifier une nouvelle fois lorsqu’il s’est attaqué à un air trad où il est question d’un homme ayant vendu son âme au diable. « On va faire une chanson d’ici, alors que Surojit jouera d’une flûte qui vient de la Chine. C’est ça, le mélange », a expliqué le fondateur de la formation, Jayanta Guha.

Cette année, le Tam Tam Macadam a migré du côté de la rue Collard, à Alma. C’est là qu’ont été regroupés les kiosques où, dès le premier soir, de nombreuses personnes ont fait un brin de magasinage.

Une autre surprise est venue quand Surojit a chanté quelques lignes en français, accompagné par celle qui l’a guidé, Élyse Bergeron. « S’il y a des erreurs, ce sera de sa faute », l’a-t-il taquinée en anglais. L’homme n’est pas à la veille de faire La danse à Saint-Dilon, mais l’effort était louable et c’est avec regret que le public, maintenant nombreux, a pris congé de Mosaïque. Il était presque 21 h et la soirée ne faisait que commencer, puisque le Sénégalais Ilam attendait son tour dans les coulisses.