Tenu vendredi, au Vieux Théâtre de La Baie, le lancement de l’album Où sont passés les néons? a permis au groupe Mordicus de jouer à deux reprises en compagnie des membres du Quatuor Saguenay. Dans l’une de ces interventions, ils ont conféré des accents beatlesques à la chanson Mourir sur scène, l’une des plus réussies de la soirée

Mordicus, plus vivant que jamais

Le rêve rock’n roll dans lequel baignent les gars de Mordicus est plus vivant que jamais. Encore vendredi soir, au Vieux Théâtre de La Baie, ils l’ont vécu en compagnie de plusieurs centaines de personnes, dont un nombre appréciable de fans beaucoup trop petits pour choisir entre les Stones et les Beatles. Il régnait une atmosphère bon enfant, justement, ce qui a conféré au lancement de l’album Où sont passés les néons ? un caractère enjoué qui cadrait bien avec les nouvelles chansons du groupe.

Signe de l’importance de ce rendez-vous, le quintette était appuyé par deux camarades, Bruno Charest et Gabriel Pearson, ainsi que plusieurs invités. Premiers à se manifester, les membres du Quatuor Saguenay ont participé à l’interprétation d’Ici maintenant, une pièce dont le beat enlevé a poussé Luc Beauchemin (alto), Nathalie Camus (violon) et Jessy Dubé (qui remplaçait la violoniste Marie Bégin) à se trémousser, un plaisir refusé à David Ellis, condamné à jouer assis derrière son violoncelle.

« C’était un privilège de les avoir sur l’album et de jouer avec de vrais musiciens.... Sans rancune, les gars », a lancé le chanteur Max Desrosiers à l’intention de ses vieux complices. Au-delà des blagues, des poses de rock star et de l’énergie avec laquelle il a habité la scène pendant un peu plus d’une heure, on percevait l’émotion de se produire devant les siens et d’ajouter une pierre à l’édifice de Mordicus grâce aux nouvelles compositions. Après tout ce temps, ce n’est pas un mince exploit.

Le désir de persister s’est justement exprimé dans la pièce titre, rehaussée par un solo de saxophone poussé par un autre invité, Michel Leblanc. « On regarde le chemin parcouru, en plus de ce qui nous reste à faire, et la lumière brille toujours », avait confié le chanteur avant de s’engager dans cette ballade qui a suscité une forte réaction au sein du public. Celui-ci a aussi apprécié Maelstrom, le titre le plus rock du disque, porté par un sentiment d’urgence que la version scénique a bien communiqué.

Une autre sorte d’émotion a été exprimée dans Mourir sur scène, une chanson à laquelle le Quatuor Saguenay a prêté des accents beatlesques. Quand on sait à quel point les membres de Mordicus chérissent le Fab Four, on imagine le bonheur que leur a procuré cette version « live », encore plus magique que sur le disque. Ils avaient un dernier atout dans leur manche, cependant, une chorale d’enfants venue présenter Monde en folie.

Ils étaient une vingtaine dirigés par Serge Tremblay, leur professeur à l’école de la Carrière de Chicoutimi. Après avoir lancé des ballons dans la foule, les jeunes ont entonné le refrain avec autorité sous une pluie de confettis. Pendant que les spectateurs leur accordaient un triomphe bien mérité, il était drôle de voir des choristes faire des « high five » aux musiciens avec leurs petites mains. Eux aussi venaient de découvrir à quoi ça ressemble, un rêve rock’n roll.