Ces photographies captées mercredi soir, à Chicoutimi, montrent les musiciens et les choristes au cours d'une répétition du Magnificat, l'oeuvre de Bach qui sera interprétée samedi et dimanche, à Alma et Chicoutimi. Des groupes de l'ensemble de la région se sont rassemblés pour préparer la représentation.

Mobilisation régionale pour le Magnificat de Bach

Il y a dix jours, une répétition tenue au Conservatoire de musique de Saguenay a réuni les 60 chanteurs qui auront pour mission d'interpréter le Magnificat de Bach. C'était la première fois que les groupes formés au Lac-Saint-Jean et au Saguenay oeuvraient ensemble, après s'être préparés chacun de leur côté. Le rêve fou qui avait jailli dans l'esprit d'Ariane Girard, professeure de chant classique à l'Atelier de musique de Jonquière, prenait forme sous ses yeux.
Céline Perreault assure la direction musicale du <i>Magnificat</i> de Bach, une oeuvre majeure qu'interpréteront des chanteurs et des musiciens associés au Conservatoire de musique de Saguenay, à l'Atelier de musique de Jonquière et au département de musique du Collège d'Alma.
« Ça s'est super bien passé. Le fait de voir l'autre groupe a généré une belle énergie. On a senti que les gens étaient fiers de participer à ce projet », a-t-elle raconté lors d'une entrevue téléphonique accordée au Quotidien. Cette semaine, c'était au tour des musiciens de se joindre aux chanteurs, prélude aux concerts qui seront livrés samedi à 20 h, en l'église Saint-Joseph d'Alma, et dimanche à 14 h, à la Chapelle des Antoniennes de Marie, située au 927 rue Jacques-Cartier Est, à Chicoutimi.
Les billets, qui seront disponibles à la porte au coût de 25 $ l'unité (20 $ pour les étudiants), donneront accès à une oeuvre phare du répertoire classique. Elle a été endisquée maintes et maintes fois, mais en raison des effectifs que commande son interprétation, ainsi que des pièges que recèle la musique composée par le maître d'Eisenach, il est rare qu'on puisse l'entendre dans la région.
Ce miracle s'est matérialisé grâce à la collaboration de l'Atelier de musique de Jonquière, du Conservatoire de musique de Saguenay et du département de musique du Collège d'Alma. Tous ont reconnu la valeur de cette initiative au plan pédagogique, si bien qu'à l'automne, élèves et professeurs participaient aux premières répétitions.
« En région, il est important de se tenir les coudes. Si on ne le fait pas, il n'y a rien qui se passe », énonce Ariane Girard, qui a perçu le même désir de collaborer chez les musiciens. C'est ainsi que des membres du Quatuor Saguenay se sont associés à cette aventure, tout comme Céline Fortin qu'on entendra à l'orgue et au clavecin, et plusieurs de leurs camarades. Ils seront une dizaine à s'investir dans cette partition qui se décline sur près de 40 minutes.
Une oeuvre exigeante
L'un des avantages que comporte le Magnificat tient à la présence des solistes, en plus du choeur. Comme les trois écoles associées au projet ressentaient le besoin d'offrir à leurs élèves l'opportunité de se produire en groupe ou en solo, il était naturel d'aller dans cette direction. En même temps, il y a le défi que pose la composition.
« Elle demande de l'oreille et du souffle parce que Bach traitait la voix de la même manière qu'un instrument. En plus, c'est en latin », rapporte Ariane Girard. Elle précise que cette pièce comprend 12 numéros, soit sept portés par le choeur et cinq par les solistes. Le texte tiré de l'Évangile selon Saint Luc évoque l'Annonce faite à Marie, à l'effet qu'elle donnerait naissance à Jésus.
Le concert durera 1 h 15 et il n'y aura pas d'entracte. En lever de rideau, cinq chants seront livrés en solo, appuyés par Céline Fortin à l'orgue. Puis, on abordera le Magnificat, qui pourrait constituer le point de départ d'une jolie tradition si le public est au rendez-vous. « Nous aimerions revivre une expérience similaire l'an prochain. Tout le monde a bien collaboré et il y a tellement de talent dans cette région », souligne Ariane Girard.