En compagnie du comédien Emmanuel Auger, Jézabel Drolet était présente lors de la projection du film Burn Out ou La Servitude Volontaire au Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue, le 31 octobre dernier.

Michelle, le rôle d’une vie pour Jézabel Drolet

D’ici quelques semaines, Jézabel Drolet se retrouvera sur les grands écrans du Québec. La comédienne originaire d’Alma campe le personnage principal du film Burn Out ou La Servitude Volontaire de Michel Jetté, un long métrage qui, estime-t-elle, ne laissera personne indifférent.

Le tournage de Burn Out ou La Servitude Volontaire remonte à plus de trois ans. Jézabel Drolet s’en souvient comme si c’était hier. La comédienne a été marquée par le rôle de Michelle, personnage central du film. 

« C’est le rôle principal, le rôle d’une vie. Je ne pouvais pas jouer le “burnout”, il fallait que je l’incarne. Une dépression, ça ne se joue pas. Ça s’incarne. Ça n’a pas été facile, mais il y a un beau message dans le film », explique la comédienne au cours d’un entretien téléphonique.

Jézabel Drolet n’en est pas à sa première collaboration avec Michel Jetté, réalisateur, scénariste et producteur à qui l’on doit également Hochelaga, Histoire de Pen et BumRush, un film sur les gangs de rue. Elle était de la distribution de BumRush, tout comme Emmanuel Auger. C’est justement pendant ce tournage que le projet de former un couple à l’écran avec les deux comédiens est né.

« Burn Out est un film indépendant produit par Louise Sabourin et Michel Jetté. Il a été écrit il y a longtemps. À l’époque de BumRush, on savait déjà qu’on serait le couple du film », confirme-t-elle.

Burn Out ou La Servitude Volontaire raconte l’histoire d’un couple qui vit dans un monde de surconsommation. Louis, qui suit une formation de technicien en téléphonie, est dépassé par les exigences techniques des nouveaux réseaux de communication. Michelle rêve de devenir directrice de la banque pour laquelle elle travaille. Ils sont épuisés. Au bord du « burnout ». 

« Michelle est très perfectionniste, ambitieuse. Son conjoint et elle surconsomment et, pour mener ce train de vie, ils doivent travailler beaucoup. Michelle assure l’intérim à la banque puisque la directrice est en “burnout”. Mais elle oublie sa santé et sa vie personnelle. Son conjoint vit des choses parallèlement à ça. On voit aussi les dommages collatéraux de l’épuisement », décrit-elle.

Jézabel Drolet est convaincue que Burn Out ou La Servitude Volontaire va déranger. « Ça va être controversé. Ça traite d’un mal de société. C’est un film sombre, lourd, qui parle de dépression. Le film dérange, mais il fait aussi rire. Le personnage d’Emmanuel Auger amène quelque chose de plus doux. » 

Elle est convaincue que le long métrage saura atteindre son public. « Tous ceux qui l’ont vécu ou qui ont accompagné quelqu’un de leur entourage qui a vécu l’épuisement sont touchés, ça ne peut pas laisser indifférent. C’est une claque dans la face. J’espère que les gens vont aller le voir », affirme celle qui espère d’ailleurs qu’une avant-première sera organisée en région. 

Jusqu’à présent, Burn Out ou La Servitude Volontaire a été projeté en première mondiale seulement dans le cadre du Festival de cinéma international en Abitibi-Témiscamingue, le 31 octobre. Il a été si bien reçu qu’il est reparti avec le prix Communications et Société du festival. 

Le prix est remis à un film qui se distingue par ses qualités artistiques et cinématographiques, mais aussi par son apport au progrès humain et à la reconnaissance de valeurs éthiques, sociales et spirituelles.


« C’est le rôle principal, le rôle d’une vie. Je ne pouvais pas jouer le “burnout”, il fallait que je l’incarne. Une dépression, ça ne se joue pas. Ça s’incarne. Ça n’a pas été facile, mais il y a un beau message dans le film. »
Jézabel Drolet

Un chemin parsemé d’embûches

Jézabel Drolet a quitté la région à l’âge de 21 ans pour tenter sa chance en tant que comédienne à Montréal. Celle qui avait touché à l’improvisation, au théâtre, et qui avait fait partie d’une agence de publicité régionale, rêvait de jouer. Elle a atteint son but, même si son chemin a été parsemé d’embûches. 

Dans la métropole, elle a suivi beaucoup de cours de jeu. Elle a obtenu quelques contrats à titre de figurante, puis elle a décroché son premier rôle important dans Tribu.com, où elle a campé Vanessa de 2001 à 2003. 

Elle a ensuite été la Audrey de 3 x rien de 2003 à 2006. 

« Ma carrière était bien partie, mais j’ai perdu ma mère en 2007 dans un accident de voiture et je me suis retirée un peu, même si j’avais beaucoup de projets. Mon deuil a été difficile, raconte-t-elle. Je me suis ensuite rendu compte que dans le milieu, on ne peut pas se permettre de prendre une pause. »

Elle a fait partie de la distribution de BumRush, de Michel Jetté, en 2011, puis elle tient aujourd’hui le rôle principal de son nouveau film, Burn Out ou La Servitude Volontaire.

L’actrice également maman d’un garçon de neuf ans amorce toutefois un nouveau tournant dans sa carrière en ajoutant des cordes à son arc.

Paroles et musique

Avec son conjoint, Wilfred Le Bouthillier, elle a écrit les paroles de Ça fait mal, la chanson-thème du film Burn Out ou La Servitude Volontaire, dont il a aussi composé la musique. Un vidéoclip entièrement constitué d’images du film a aussi été réalisé. 

« On a écrit les paroles ensemble et on a choisi les images du clip. La chanson va se retrouver sur le prochain album de Wilfred. C’est la première fois qu’on travaille ensemble. Quand deux arts se rencontrent, ça fait des feux d’artifice, estime Jézabel Drolet. C’est la première fois que j’écris des paroles de chanson. Ç’a été une très belle expérience. C’est un beau cadeau. »

Le couple travaille aussi à l’écriture d’une sitcom. « C’est quelque chose de léger et drôle. C’est un gros projet. »

Celle qui au départ songeait à camper le rôle principal de la série voit les choses autrement aujourd’hui. 

« Plus la série avance, moins je me vois dans le rôle principal. Je me verrais plutôt dans un rôle de soutien. J’ai une comédienne en tête pour le rôle principal. Le projet avance assez vite. On va s’asseoir bientôt avec un scripteur », souligne celle qui revient régulièrement dans la région pour voir sa famille installée à Saint-Gédéon. Anne-Marie Gravel