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Micheline Duff: Grosse-Île et ses «anges gardiens»… de 1847

Léa Harvey
Léa Harvey
Le Soleil
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Le dernier roman de Micheline Duff a tout d’actuel : propagation de virus, distanciation physique, confinement, manque de personnel hospitalier, vagues de décès, etc. L’écrivaine n’y parle toutefois pas de coronavirus, mais bien de typhus et troque les termes «anges gardiens» pour «semeurs d’espoir».

Il s’agit, en fait, de tout un hasard si Micheline Duff fait paraître en pleine pandémie Les semeurs d’espoir, un roman sur Grosse-Île et l’époque où elle était une station de quarantaine pour les immigrants européens souffrant de typhus ou de dysenterie. L’ouvrage, qui devait tout d’abord être publié en mai 2020, a été rédigé «près d’un an avant la pandémie», lance-t-elle.

Son inspiration, elle ne l’a donc pas puisée dans l’actualité des derniers mois, mais sur le terrain, lors de plusieurs visites.

«Quand je suis allée à Grosse-Île, j’ai vu la liste commémorative des morts qui y ont été enterrés et il y avait des Walsh. J’ai cinq petits-enfants qui sont des Walsh. […] Puis, quand on a fait un tour guidé de l’île, on nous a parlé d’un M. Masson et de sa femme qui donnait des cours de musique. Or, j’ai moi-même marié un Masson et j’ai aussi donné pendant 25 ans des cours de piano. […] J’ai rapidement fait des liens qui m’ont inspiré», raconte en riant l’écrivaine, qui se décrit avant tout comme une épouse, une mère et une grand-mère de 15 petits-enfants.

Pour Micheline Duff, il est essentiel d’injecter beaucoup d’espoir dans les œuvres qu’elle écrit.

Les semeurs d’espoir est ancré dans de nombreux faits historiques, affirme Mme Duff. Le récit se déroule notamment en 1846-1847, période lors de laquelle l’île connaît un bilan tragique de décès. L’ouvrage met également en scène certains personnages qui ont réellement existé, tels que le docteur George Mellis Douglas, surintendant médical de la station de quarantaine.

Mme Duff souligne toutefois que la fiction est bien présente. Son roman est avant tout un plongeon dans le quotidien de Pierre et Antoinette Duhamel, un couple de médecin et d’infirmière qui, voyant le manque de personnel qualifié à Grosse-Île, décide de s’y engager malgré le risque d’y laisser sa peau. Gravitent ainsi tout autour des personnages (travailleurs de la santé, prêtres, cuisiniers, bénévoles, etc.) se dévouant corps et âme pour sauver les immigrants contaminés qui arrivent par bateau.

«Je voulais surtout montrer à quel point ces gens-là ont rendu service tout en apportant un peu de soleil aux autres. Ça prenait des gens pour semer l’espoir, comme maintenant. On peut faire plusieurs parallèles avec aujourd’hui […] Ce n’est pas facile, mais ce sont des gens généreux», affirme celle qui a déjà travaillé plusieurs années dans le secteur de la technologie médicale.

Pour Micheline Duff, il est d’ailleurs essentiel d’injecter beaucoup d’espoir dans les œuvres qu’elle écrit.

«Il y a toujours un bon côté aux choses. Je ne sais pas si j’ai un optimisme maladif, mais je trouve que même dans le malheur il y a des petites pointes de lumière qui font qu’on s’en sort», estime l’écrivaine prolifique, qui cumule avec son plus récent ouvrage 25 romans en carrière.

L’impact de la pandémie

Il est presque impossible de lire Les semeurs d’espoir sans comparer la fiction à la réalité de la dernière année.

Même si la pandémie a retardé à plusieurs reprises la parution de son livre, Micheline Duff estime que l’actualité provoquera peut-être une curiosité ou un certain intérêt chez le public.

Selon l’écrivaine, avec les décès et les cas qui s’accumulent, le positivisme et la lumière que contient son livre pourraient également redonner espoir à plusieurs.

«Un orage ne dure jamais toujours», ajoute-t-elle, citant ainsi les sages paroles héritées de sa mère.

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Un lieu historique

Grosse-Île fait partie de l’archipel de L’Isle-aux-Grues et est située face à la ville de Montmagny, en plein milieu du Saint-Laurent. Propriété de Parcs Canada, la station de quarantaine est aujourd’hui reconnue comme un lieu historique ayant accueilli des dizaines de milliers d’immigrants de 1832 à 1937. L’endroit est généralement accessible aux visiteurs, de juillet à septembre, et propose différents parcours d’interprétation. Certains services peuvent toutefois varier en raison de la COVID-19, indique Parcs Canada sur son site Web.  Léa Harvey