PHOTO DE LA PAGE POSTER Michel Marc Bouchard, originaire de Saint-Coeur-de-Marie, au Lac-Saint-Jean, a été inspiré par sa région natale et par la mort de son père pour la création de sa nouvelle pièce La nuit où Laurier Gaudreault s’est réveillé.

Michel Marc Bouchard inspiré par Alma

Michel Marc Bouchard ne s’essouffle pas. Inspiré par sa région natale, le dramaturge récidive avec une nouvelle pièce dont l’intrigue se déroule à Alma. Cette fois, c’est dans l’univers d’une thanatopractrice célèbre qu’il entraîne lecteurs et spectateurs. Un univers particulier qu’il a eu envie de visiter en raison d’un intérêt pour les rites funéraires et d’une expérience vécue à la mort de son père.

La nuit où Laurier Gaudreault s’est réveillé sera jouée au TNM de Montréal jusqu’au 8 juin. Deux supplémentaires sont déjà prévues à l’horaire. On ignore encore si la pièce voyagera à travers le Québec, mais il est possible de découvrir le nouvel univers proposé par le dramaturge dans une publication de Leméac sur les tablettes depuis le 13 mai.

La nuit où Laurier Gauthier s’est réveillé se déroule à Alma, où une femme devenue thanatopractrice de réputation internationale revient après la mort de sa mère. « Mireille Larouche travaille entre l’embaumement et la momification. Des gens importants de partout dans le monde font appel à ses services. Elle revient à Alma pour embaumer sa mère, c’est un peu un dernier hommage. Elle invite sa famille à participer à cet embaumement et un grand secret va être révélé », raconte Michel Marc Bouchard au cours d’un entretien téléphonique.

Mireille Larouche a un passé particulier. « Entre l’âge de 6 et 12 ans, elle faisait de l’insomnie. Elle rentrait donc dans les maisons et allait voir les gens de son quartier dormir. Elle a toute une autre vision du monde, mais il s’est passé quelque chose la nuit où Laurier Gauthier s’est réveillé, ce qui l’a amené à se tourner vers le silence », explique le dramaturge qui qualifie sa création d’« un peu plus romanesque ».

La pièce se déroule entièrement dans la salle d’embaumement, où les membres de la famille sont réunis autour du corps.

« Il y a des moments extrêmement drôles », assure le dramaturge dont l’intérêt pour les rites funèbres remonte à quelques décennies.

« Il y a 30 ans, j’ai fait partie d’un projet avec des auteurs francophones de quatre continents. On avait cherché des repères communs et on s’était arrêté sur les rites funèbres. On n’a jamais rien fait avec ça, mais ça m’a toujours habité. »

C’est toutefois la mort de son père, il y a trois ans, qui lui a inspiré le traitement du sujet.

Julie Le Breton campe le personnage de Mireille Larouche, thanatopractrice célèbre, au centre de la nouvelle pièce de Michel Marc Bouchard présentée au TNM.

« Quand mon père est mort, il avait le visage tellement crispé. Ç’a été dur pour nous, traumatisant. Une fois au salon funéraire, il était d’une beauté exceptionnelle. Ça nous a apaisés, ç’a rendu le deuil plus doux. Je me suis rendu compte que les embaumeurs sont de véritables artistes. Ils peuvent partir d’un corps souffrant et lui donner une quiétude. »

Pour bien comprendre le métier, Michel Marc Bouchard a rencontré plusieurs thanatopracteurs. « Ce sont des gens animés d’une grande générosité envers l’autre. »

Des vedettes sur scène

La pièce qui réunit notamment sur scène Julie Le Breton, Éric Bruneau, Magalie Lépine-Blondeau et Patrick Hivon suscite beaucoup d’intérêt du public.

« On a quatre vedettes dans le spectacle. C’est certain que la distribution a un effet sur la réponse du public. En plus, le public est fidèle à mon travail et à Serge Denoncourt qui en assure la mise en scène. Plusieurs conditions gagnantes sont réunies », estime Michel Marc Bouchard.

C’est la septième fois que Michel Marc Bouchard s’allie à Serge Denoncourt pour une production. « Une grande confiance s’est installée, tout comme une grande sincérité et une grande franchise. »

L’auteur et le metteur en scène ont mené le projet ensemble, puis à la fin du parcours, Michel Marc Bouchard s’est éloigné. « C’est important que l’auteur disparaisse pour laisser tout l’espace au metteur en scène et aux comédiens », estime celui qui travaille déjà sur de nouveaux projets.

Avec l’Opéra de Montréal, il prépare pour 2021 le projet La beauté du monde qui tourne autour du vol d’oeuvres d’art des Juifs durant la Deuxième Guerre mondiale.

Il est également en écriture pour le prochain film de Léa Pool intitulé L’habit du héros, dont l’histoire se déroule dans un contexte d’immigration.

Le 27 mai prochain, il recevra par ailleurs le titre de Compagnon des arts et des lettres du Québec.

« Je suis très fier de représenter ma région. Je fais partie de ceux qui font rayonner la culture québécoise à l’étranger. Ça fait un petit velours sur une carrière. »