L’éternelle et réciproque passion de Michel Louvain pour son public connaîtra un nouvel épisode le 27 octobre à la salle Thompson alors que le crooner présentera son tout nouveau spectacle: La belle vie.

Michel Louvain: la passion refuse de s’éteindre

Trois-Rivières — Infatigable Michel Louvain. À 82 ans, après avoir lancé un album au printemps, le crooner est reparti en tournée à travers le Québec et s’arrêtera à la salle Thompson de Trois-Rivières le 27 octobre pour présenter son tout nouveau spectacle: La belle vie du titre de son album.

Si les albums s’empilent dans la carrière du chanteur de charme, les recettes de confection changent. Dans ce cas-ci, l’album a été créé principalement à partir de suggestions du public. Sur sa page Facebook, le chanteur a demandé à ses fans quelles chansons ils aimeraient l’entendre interpréter. Les suggestions ont afflué, Louvain et son équipe en ont sélectionné 8 sur les onze que compte l’album. Il a fait son propre choix pour trois autres. Des titres? L.O.V.E., N’oublie jamais, Dansons la rose (Roses de PIcardie), Les plus jolies choses de la vie, Quando, quando, quando (en italien), Besame Mucho (en espagnol), etc.

«Pendant le spectacle, on va aller chercher si ou sept chansons tirées de l’album mais le reste des 23 chansons que compte mon tour de chant, je vais aller les puiser dans l’ensemble de mon répertoire. Des chansons comme Lison ou Sylvie ont tellement marqué ma carrière que je ne m’en séparerai jamais: c’est sûr que je vais les chanter. Mais comme j’aime apporter de la nouveauté, je vais me permettre de faire un bloc de chansons country, ce que je n’ai jamais fait dans le passé. J’ai été à l’affiche du Casino de Montréal quatre soirs consécutifs plus tôt ce mois-ci, et ce bloc-là a vraiment super bien marché: les gens ont complètement embarqué. La belle vie a si bien marché, en fait, qu’on a fait salle comble et que j’ai des supplémentaires à venir jusqu’en 2021.»

Après 62 ans de carrière et de succès continu, un exploit que personne d’autre ne peut revendiquer au Québec, le vieux routier se montre encore surpris et ému de l’affection que lui portent ses fans, toujours obstinément fidèles. «Ma carrière, elle tient à une chose: le public. À la télévision ou à la radio, ce sont les sondages qui font foi de tout. Moi, c’est mon public. Mais il faut que tu en prennes soin. Les fans m’ont été fidèles et j’ai toujours cherché à leur donner ce qu’ils attendaient de moi. Je les rencontre encore après les spectacles, je me fais prendre en photo, je signe des autographes et je parle aux gens.»

«Je ne sais pas pourquoi mais beaucoup se confient à moi et je les écoute. Il y a une femme assez âgée l’autre jour qui est venue me voir et elle m’a raconté qu’elle avait perdu son mari la semaine d’avant et que je l’avais fait pleurer quand j’ai chanté Lison qui était la chanson qui avait joué à leur mariage. C’est extraordinaire d’avoir la chance de toucher les gens aussi intimement en faisant simplement ce que j’aime le plus au monde.»

«Ma gérante m’a déjà demandé si je réalisais combien j’étais important pour bien des gens qui viennent me voir. L’autre jour, une femme est venue me voir et elle s’est mise à pleurer juste à me tenir la main. Sa fille a dit que je ne pouvais pas imaginer combien c’était précieux pour elle. Ce sont des moments bouleversants. Beaucoup viennent me parler de leurs problèmes après les spectacles parce qu’ils disent que je leur fais du bien. J’ai souvent l’impression d’être carrément un membre de leur famille. Je me suis souvent demandé pourquoi c’est à moi que ça arrive et je n’ai jamais trouvé de réponse.»

L’âge n’y fait rien: chanter est encore et toujours la dévorante passion de sa vie. «C’est ma drogue, convient-il. Avant le début du spectacle, je vais derrière le rideau et je me contente d’écouter le son de la salle, des gens qui parlent et là, il y a une montée d’adrénaline. Vous ne pouvez pas imaginer ce que ça fait: même si je suis fatigué ou que j’ai eu une mauvaise journée, j’oublie tout pour les deux heures à venir. Je reçois tellement d’amour sur scène, c’est vraiment magnifique.»

Seul compromis qu’il doit consentir au temps qui pèse sur ses épaules de chanteur de charme, il doit faire bien attention à lui. «La veille d’un spectacle, pas question de souper entre amis ou de boire un verre de vin en mangeant. Je me couche tôt pour être en forme. C’est un peu comme la vie d’un sportif. Pour un spectacle, j’arrive à la salle quatre heures avant pour le test de son et je reste dans ma loge pour bien me préparer.»

Michel Louvain ne sait plus combien de fois il a chanté à Trois-Rivières au cours de sa carrière. Des centaines, assurément. Il rigole en pensant à ses spectacles à l’Hôtel Saint-Maurice, au Château de Blois où à ce club sur la rue des Forges dont il ne se souvient plus du nom. Mais rien ne vaut pour lui l’atmosphère intemporelle de la salle Thompson dont le décor le transporte dans les grandes salles du passé, des endroits chargés des émotions dont le public ne se lasse jamais, pas plus que de ceux qui les leur procurent.