Difficile d’imaginer que l’artiste retirera des blagues ou des segments de ce spectacle afin d’aboutir au produit fini qui sera présenté au printemps 2019 à Montréal. Les centaines de spectateurs présents, jeudi soir, ont confirmé que l’objectif final était presque atteint.

Mehdi Bousaidan est prêt

Tout était flambant neuf, jeudi soir, à Alma, alors que l’humoriste Mehdi Bousaidan était de passage afin de présenter son premier spectacle solo en rodage dans une Boite à Bleuets fraîchement rénovée. L’étiquette rodage, accolée aux 90 minutes de matériel présenté, n’avait rien de péjoratif. Une petite mention qui a simplement ajouté l’ambiance décontractée qu’on attend de ce type de laboratoire humoristique.

C’est au tiers de son long parcours, voir marathon, de 90 spectacles de rodage que l’humoriste très populaire auprès des jeunes s’est arrêté à Alma. La Boîte à Bleuets, qui est, depuis peu, d’une capacité de 300 places, était remplie presque au maximum de sa capacité pour l’occasion.

En moins de deux heures, Mehdi Bousaidan touche à tout. La soirée lancée bien simplement en offrant une critique des différentes chaînes de restauration rapide et le phénomène des cantines en bord de route se termine dans un tout autre registre.

Tout est possible pour celui qui a gradué de l’École nationale de l’humour en 2013. Les anecdotes sont bien racontées, même lorsqu’elles impliquent des armes et une équipe de la S.W.A.T. Le rythme est au rendez-vous et efficace, assez pour être fatigué de rire. Et les quelques moments improvisés, dont plusieurs interventions avec le public, confirment l’aisance sur scène de l’humoriste dans la mi-vingtaine. Questionné quant à ses derniers voyages, le public aura répondu la Gaspésie, Montréal et le Colorado, cet état reconnu pour la légalisation du cannabis. Une caractéristique rattrapée au bond par l’artiste.

Les rires sont au rendez-vous même lors d’un numéro mettant en scène les tueries américaines et la folle idée du président des États-Unis Donald Trump de remettre des armes aux enseignants. Et il arrivera même à nous émouvoir et à nous prendre au piège avec le numéro du prisonnier.

Force est d’admettre que l’humour de Mehdi Bousaidan est jeune. Les références à Drake, au film Maman j’ai raté l’avion, le deuxième, et au chanteur Stromae le confirment. Le public présent dans salle le confirme également. Parce que les fans de la vedette des émissions Med et Code G présentées à Vrak sont relativement nombreux. Assez pour qu’on ait, par moment, l’envie folle de leur boucher les oreilles ! Parce que dans ce spectacle, les blagues les plus obscènes côtoient aisément un humour plus intelligent.

D’ailleurs, plusieurs jeunes ont répondu à l’invitation de l’humoriste qui leur offrait un moment pour discuter et prendre des photos après le spectacle. Heure de tombée oblige, la vieille milléniale que je suis n’a pu rester.

Difficile d’imaginer que l’artiste retirera des blagues ou des segments de ce spectacle afin d’aboutir au produit fini qui sera présenté au printemps 2019 à Montréal. Les centaines de spectateurs présents, jeudi soir, ont confirmé que l’objectif final était presque atteint.

Mehdi Bousaidan a confirmé deux choses : d’abord, que les 30 premiers spectacles de rodage ont fait leur travail. Et que la jeune génération d’humoriste lève la main pour attraper un micro et s’éclater sur scène.

Dernière chance

Les Jeannois sont choyés alors que Mehdi Bousaidan y sera pour un deuxième soir, vendredi, au Vieux-Couvent de Saint-Prime. D’ailleurs, quelques billets sont toujours disponibles pour ce dernier spectacle prévu au Saguenay-Lac-Saint-Jean.