Chaque pièces a été créée à partir d’objet aussi inusités qu’éblouissants.

Méfiez-vous des apparences

Transformer du laid en véritable oeuvre d’art prend tout son sens lorsqu’on visite l’exposition de Claudie Gagnon, La chambre des demi-jours. Les immenses et splendides lustres transforment la salle de l’Espace Séquence en hall d’entrée de château de conte de fées. Mais en s’approchant, le visiteur pourra découvrir tout l’univers de l’artiste, qui prend soin de choisir minutieusement chaque objet qui bâtit ses oeuvres. Visite au-delà des apparences.

La chambre des demi-jours scintille. Elle illumine. L’exposition de Claudie Gagnon surprend et charme par ses détails, sa lumière et ses sons. Sept oeuvres garnissent la salle de la galerie de la rue Racine de Chicoutimi. D’immenses pièces, accrochées au plafond, comblent l’espace. À première vue, on pourrait croire à une salle de montre de luminaires luxueux, dont seules les propriétaires de gigantesques maisons peuvent se permettre. Mais en prenant soin de regarder de près chacune des pièces, on comprend qu’il ne s’agit en rien d’un lustre comme on en voit dans les salles de bal. 

« J’utilise des objets inusités et récupérés pour créer mes oeuvres. J’aime transformer le laid en beau », note Claudie Gagnon, une artiste de Québec bien connue dans l’univers des arts un peu partout dans la province. 

L’une des pièces – la préférée de l’auteure de ces lignes – a été créée à partir de matériel de chimie désuet et destiné aux ordures. Claudie Gagnon a été chanceuse, puisqu’elle a de bons contacts dans le milieu médical. « Il s’agit vraiment de matériel qui devait être jeté, et je m’en suis emparé ! Il n’y a pas de danger, le matériel avait été lavé et n’était pas utilisé dans un secteur dangereux », précise l’artiste. 

« J’aime transformer le laid en beau. »

Claudie Gagnon

Une autre pièce a été construite grâce à des lentilles de lunettes inutilisées et envoyées au dépotoir. « Les vieilles lentilles ne se récupèrent pas. Imaginez le nombre de lunettes qui se ramassent dans les poubelles ! J’ai vu le potentiel de ces objets pour l’une de mes pièces », explique la dame. 

Elle a aussi vu le potentiel dans le fil à pêche, transformé en luminaire éclatant et scintillant ou dans des éprouvettes médicales qui bâtissent un lustre miroitant. Claudie Gagnon a même réussi à transformer du tampon à récurer en un objet éblouissant. Et en s’y attardant quelques instants, on découvre de petits insectes incrustés dans le verre. 

Vraiment, l’imagination de Claudie Gagnon fait son oeuvre.

Du travail et encore du travail

Inutile de dire que l’artiste a passé de longs mois à travailler sur son exposition. Mettre la main sur tous les petits objets nécessaires à la création a été un travail ardu. 

À elle seule, l’installation a nécessité une dizaine de jours de travail. « J’ai aussi dû monter mon travail directement dans la salle, car les pièces ne se transportent pas dans des boîtes ! », a souligné Claudie Gagnon, dont certaines pièces comme celles-ci prennent déjà place dans les halls de certains musées québécois, comme le Musée d’art contemporain et le Musée des beaux-arts de Montréal, entre autres. L’exposition est accompagnée d’une projection vidéo, montée en marge du festival REGARD sur le court métrage. Ces vidéos ont été créées à partir de performances de Claudie Gagnon, inspirées de tableaux classiques de peintres comme Goya, par exemple. 

Le « bonbon » de Bang

C’est dans le cadre d’une « microrésidence » que le centre d’art actuel Bang a invité Claudie Gagnon à exposer en ses murs. 

« On choisit des candidatures que les artistes nous envoient eux-mêmes, mais on se garde aussi un petit bonbon pour une exposition. Lors d’une rencontre des commissaires, le nom de Claudie Gagnon est ressorti plusieurs fois, et on a convenu que c’était assez unanime ! On est vraiment content de l’avoir chez nous », a souligné la coordonnatrice artistique de Bang, Anick Martel. 

Et en pénétrant dans La chambre des demi-jours, on comprend le coup de coeur de commissaires. 

L’exposition se poursuit jusqu’au 5 mai. 

D’immenses pièces, accrochées au plafond, comblent l’espace. À première vue, on pourrait croire à une salle de montre de luminaires luxueux, dont seules les propriétaires de gigantesques maisons peuvent se permettre.
L’exposition La Chambre des demi-jours se poursuit jusqu’au 5 mai.