Le passage de Martin Deschamps dans la région aura lieu le 25 septembre, au Vieux Théâtre de La Baie, si la situation sanitaire le permet.
Le passage de Martin Deschamps dans la région aura lieu le 25 septembre, au Vieux Théâtre de La Baie, si la situation sanitaire le permet.

Martin Deschamps, serein malgré tout

Dans un monde idéal, Martin Deschamps se serait produit le 10 avril, au Vieux Théâtre de La Baie. Amorcée à la fin de l’hiver, la tournée Comme je suis 2020 a pour objet de célébrer ses 20 ans de carrière en solo, ce qui aurait justifié la présence à ses côtés d’invités spéciaux comme Nanette Workman, Marco Calliari et Angel Forrest. Ce rendez-vous aurait été son premier au Saguenay–Lac-Saint-Jean, mais comme tant d’autres, il est tombé à l’eau.

« Là, tout est arrêté jusqu’en mai et si on veut être réalistes, probablement que ce sera plus long. On vit au jour le jour, mais on est chanceux parce que les responsables de salles font preuve de collaboration. Mes spectacles ont été reportés à l’automne », a mentionné le chanteur à la faveur d’une entrevue téléphonique accordée au Progrès.

Le titre de la tournée correspond à celui de son premier album, dont 100 000 copies avaient trouvé preneurs. Toutes les pièces qu’il renferme sont livrées en duo, en fonction de la personnalité musicale de ses partenaires. En prime, l’homme qui aura 50 ans le 23 juin – un autre signe que le temps passe vite – s’accorde le plaisir de chanter avec sa fille, Lou Granger-Deschamps.

Le passage de Martin Deschamps dans la région aura lieu le 25 septembre, au Vieux Théâtre de La Baie, si la situation sanitaire le permet.

« Ensemble, nous faisons Peace And Love, une composition à moi qui comporte un peu de soul et de gospel, tout en étant assez pop. On en donne une version acoustique », décrit Martin Deschamps, qui pourra en faire la démonstration le 25 septembre, la nouvelle date où l’accueillera le Vieux Théâtre.

Il est évidemment déçu de mettre ce spectacle entre parenthèses, d’autant que les premières sorties s’étaient révélées prometteuses. « Nous l’avons présenté six fois en neuf jours, en février, et les gens ont capoté. Ils étaient très réceptifs à ce qui se passait sur la scène. C’était cool », fait observer l’artiste.

Ses fans n’ont pas tout perdu, cependant. Ils n’ont qu’à fréquenter sa page Facebook pour être témoins de ses performances réalisées à la mode du jour, soit à bonne distance de ses partenaires. Parmi les extraits qu’il est possible de visionner, notons un duo avec sa fille sur l’air de Purple Rain. Une autre fois, il a entonné le succès du Steve Miller Band Jet Airliner, assis dans le coffre d’une voiture pendant que Ricky Paquette l’appuyait à la guitare.

Le passage de Martin Deschamps dans la région aura lieu le 25 septembre, au Vieux Théâtre de La Baie, si la situation sanitaire le permet.

« J’ai la chance d’avoir une belle maison, où je vis avec ma conjointe et ma fille. Je possède aussi un studio où je vais travailler », raconte Martin Deschamps, qui, parallèlement à ses prestations musicales, profite de ses temps libres pour mettre en ligne des mots d’espoir.

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VINGT ANS DE SPECTACLES EN SOLO: UN HOMME AFFRANCHI

Ce n’est jamais simple, décider de faire carrière en musique, à plus forte raison en solo. C’est pourtant le choix qu’a effectué Martin Deschamps en 2000, après avoir fait partie du groupe Offenbach pendant deux ans. Sa rampe de lancement fut l’album Comme je suis, vendu à 100 000 exemplaires, grâce à des succès comme la pièce titre et Casanova.

« Ce sont des chansons qui ont changé ma vie, si bien qu’après tout ce temps, je porte un regard positif sur ce qui a été accompli. Ce sont 20 années de bonheur et pleines d’aventures musicales avec de nombreux artistes. J’ai aussi eu une belle reconnaissance de la part de l’industrie », a commenté Martin Deschamps au cours d’une entrevue accordée au Progrès.

Parmi les personnes qui ont le plus compté dans son cheminement, il mentionne spontanément Breen LeBoeuf. Celui-ci faisait figure de vétéran quand son jeune collègue a assuré la relève après le décès de Gerry Boulet. Le mode de vie rock’n’roll, qui avait conservé une partie de son aura, offrait son lot de tentations auxquelles maints camarades avaient succombé.

« Breen m’a pris sous son aile à la fin des années 1990. J’ai été chanceux d’avoir un bon modèle comme lui, moi qui étais le plus tannant du groupe, à l’époque. Aujourd’hui, par contre, je suis le plus sage de mon band. J’ai appris que ton énergie, t’es mieux de la garder pour quand ça compte », fait observer le chanteur.

Aucune barrière

Aux nombreuses collaborations évoquées plus haut correspond son désir de s’affranchir de toutes les barrières au plan musical. Tout en continuant de chérir le rock’n’roll – « Je perpétue ce genre porté par des incorruptibles », dit-il –, le chanteur affiche un goût prononcé pour l’exploration.

« J’ai enregistré des albums comportant différentes saveurs. De fois, c’est rock, mais je me donne aussi la liberté de faire du hip-hop ou des pièces comiques. Je ne veux pas m’imposer de limites », mentionne-t-il, une philosophie de vie qui embrasse également son attitude vis-à-vis ce corps à qui il manque une jambe, ainsi qu’une partie d’un bras.

Il faut l’avoir vu en spectacle, pivotant à la manière d’un Mick Jagger, jouant de la basse comme si de rien n’était, pour réaliser que sa volonté va au-delà des mots. « Je suis fier de ma différence. Elle génère des énergies très positives autour de moi. Je reçois de beaux témoignages, mais si j’ai pu aller de l’avant, c’est grâce aux gens autour de moi », énonce Martin Deschamps, qui célébrera son 50e anniversaire de naissance le 23 juin.