Invitée dans le cadre du Festival jazz et blues de Saguenay, Martha Wainwright livrera quelques chansons d'Édith Piaf, ainsi que des pièces tirées de son propre répertoire, mercredi soir, à l'occasion d'un spectacle présenté au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi.

Martha Wainwright, bilingue et plurielle

Il y a longtemps que Martha Wainwright n'a pas sillonné les régions du Québec à la faveur d'une tournée. Il faut croire que le public s'ennuyait d'elle, puisque le spectacle qui sera présenté mercredi, au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi, affiche complet depuis plusieurs jours. Invitée par le Festival jazz et blues de Saguenay, la chanteuse profitera de l'occasion pour ajouter une touche francophone au menu.
« Je ferai des pièces qui ont été popularisées par Édith Piaf, à qui j'ai déjà consacré un album. Il y aura L'accordéoniste et La foule, ainsi que des titres moins connus. Il s'agit d'une grande artiste qui a su me toucher, mais que je n'essaie pas d'imiter », a-t-elle mentionné mardi, à l'occasion d'une entrevue téléphonique accordée au Quotidien.
De larges tranches de son nouveau disque, Goodnight City, seront également livrées avec la complicité de ses trois musiciens. Or, l'une des plages sélectionnées, Look Into My Eyes, écrite de concert avec sa tante Anna McGarrigle et Lily Lanken, possède aussi des accents francophones. Quelques phrases qui témoignent du désir de l'artiste de s'exprimer dans cette langue.
« Il m'est arrivé de traduire certaines de mes chansons en français, comme je l'ai fait pour l'album Trauma. Je n'avais jamais travaillé directement dans cette langue, toutefois, et j'ai décidé de produire quelque chose après avoir tenté, en vain, de trouver quelqu'un pour m'écrire une pièce originale », fait remarquer Martha Wainwright. 
Toujours à propos de Goodnight City, la Québécoise aime l'idée que, musicalement, ce disque aille dans plusieurs directions. Cela correspond à sa manière, la différence étant que cette fois, la diversité est venue des autres compositeurs, pas juste d'elle. La liste de ces collaborateurs comprend Beth Orton (Alexandria) et son frère Rufus Wainwright (Francis), de même que l'écrivain Michael Onondaatje, qui a fait équipe avec le musicien Thomas Bartlett (Piano Music).
C'est ainsi que des titres au caractère introspectif cohabitent avec des airs pop ou carrément rock, comme ce So Down qui, semble-t-il, fera le voyage à Chicoutimi. « J'ai l'habitude de jouer avec différents types de musiques parce que je n'ai jamais "fitté" dans seulement une catégorie, note la chanteuse. Pourquoi je changerais à 40 ans ? »
Ce que le public n'entendra pas mercredi, en revanche, c'est un extrait de l'album Songs In The Dark, enregistré avec sa demi-soeur Lucy Wainwright Roche et regroupant des titres folk. « Je ne peux pas les faire sans elle. C'est comme Simon and Garfunkel. Ça va ensemble », lance Martha Wainwright en riant.