Le public de la Salle Desjardins Maria-Chapdelaine de Dolbeau-Mistassini s'est laissé transporter par la vcoix de Mario Pelchat et les chansons de Gilbert Bécaud, vendredi soir.

Mario Pelchat fait revivre Bécaud

« Ça faisait longtemps que j'n'avais pas vu. Un petit oiseau dans ma rue. Je ne sais pas ce qui m'a pris. Il faisait beau, je l'ai suivi. Le p'tit oiseau de toutes les couleurs. »
Et on le suit aussi, Mario Pelchat. Dans ce spectacle hommage à Gilbert Bécaud. On s'envole avec lui dans ce voyage dans la musique qui a bercé notre enfance. Comme chez les Pelchat, le vieux tourne-disque jouait du Bécaud chez moi. Il y a longtemps que j'avais entendu ces chansons qui étaient enfouies loin dans ma mémoire.
À chaque chanson, un souvenir surgissait, ç'a commencé avec l'intense Et maintenant. C'est Bécaud, mais c'est aussi Pelchat. On oublie vite la voix si marquante de Bécaud pour se laisser emporter par celle de Mario. Les chansons triomphent grâce aux jeux feutrés des musiciens. Les vents et les cordes donnent de la texture à l'ensemble.
On sent la sincérité dans la voix de Pelchat. Il voue un amour pour les chansons de Monsieur 100 000 volts. Il laisse les mots jaillir sans trop forcer la voix. Ce fut le cas dans C'est en septembre. Une belle émotion retenue.
Mario a décidé de suivre avec Je t'appartiens une de ses compositions dans une version un peu disco, réussie. Il réservait ensuite une surprise aux spectateurs quand il a entamé L'Amour est mort avec Martine Saint-Claire qui a chanté en duo cette pièce avec Gilbert Bécaud. Les deux voix se sont lovées pour montrer chacun la richesse de leur registre. Les frisons des spectateurs les ont faits levés instamment pour saluer la chanteuse.
Le sourire était sur toutes les lèves quand la jolie mélodie de Le petit oiseau de toutes couleurs s'est élancée. Inspiré, on aurait dit un gamin qui chantait dans sa chambre à l'abri des regards tant ça semblait sincère et enjoué. On comprend alors pourquoi Pelchat répète tout au long du spectacle qu'il trouve qu'il a des ressemblances avec Bécaud. Un peu comme un alter ego. 
Tout comme Bécaud, un arbre sur son terrain a marqué sa jeunesse. Mon arbre prenait alors un autre sens dans l'interprétation de Pelchat. C'est là son talent, le chanteur de Dolbeau n'essaie pas de pousser comme Bécaud, mais plutôt de s'approprier toutes ses grandes chansons.
Par contre, des fois, on avait presque l'impression d'entendre Bécaud surtout dans Un homme heureux. C'était naturel. Le bonheur de chanter tout simplement. 
Comme cette ouverture de la deuxième partie avec L'Orange. La version proposée était envoûtante avec les voix graves des musiciens qui persécutaient le chanteur tandis Joe Bocan et Manon Séguin l'accusaient avec leur timbre tranchant. 
Chose certaine, la solitude n'existe pas. Pas dans ce spectacle qui permet de réentendre de grandes chansons interprétées avec délicatesses et modestie. Et maintenant...Bécaud est présenté ce soir à La Baie.