Le groupe Afrikana Soul Sister se produira pour la première fois au Saguenay, le 9 août.

Marier l’electro-house à la musique africaine

Deux Québécois de race blanche maillés à deux Africains, des griots originaires du Mali et du Sénégal. Le groupe dont ils font partie, Afrikana Soul Sister, s’est donné pour mission de marier la musique electro house aux rythmes traditionnels du continent noir. C’est ce que laisse voir leur premier album sorti il y a un an et ce que démontrera le quatuor le 9 août à 19h 30, alors qu’il se produira à Chicoutimi dans le cadre du Festival international des rythmes du monde (FIRM).

C’est à l’ombre de la cathédrale, au coin des rues Racine et Bégin, que cette formation donnera son premier spectacle au Saguenay. Elle a joué au Tam Tam Macadam d’Alma en 2017, au Festival de la chanson de Tadoussac au début de l’été, mais jamais au FIRM. Ce sera l’occasion de montrer que le tout est vraiment plus grand que la somme des parties.

«La musique africaine est une musique de transe et c’est la même chose pour le house chez les jeunes Blancs. Nous les avons donc réunies et tranquillement, pas vite, nous développons notre niche. De plus en plus de gens sont convaincus. Il y en a même qui viennent danser avec nous sur la scène», a raconté Jean-François Lemieux il y a quelques jours, lors d’une entrevue téléphonique accordée au journal.

Lui qui revendique 35 années d’expérience dans le métier cumule les rôles de DJ et bassiste, tandis que Joannie Labelle est aux percussions. Ils sont flanqués de la chanteuse Djely Tapa, originaire du Mali, et du percussionniste sénégalais Fa Cissokho, sans qui ce projet n’aurait jamais pu voir le jour. Leur participation constitue en effet une forme de validation.

«C’était important pour moi de compter sur deux griots, ces gens qui, dans les villages africains, sont considérés comme les gardiens de la tradition, ainsi que des médiateurs, note Jean-François Lemieux. D’en avoir deux dans le groupe, c’est comme un “stamp”. En même temps, ça se trouve au coeur de notre démarche, le fait d’engager un dialogue avec la communauté africaine.»

Quelques sorties au Balattou, une salle montréalaise où la musique africaine a droit de cité, ont fait la preuve qu’il existait un public pour Afrikana Soul Sister. Puis, le répertoire s’est étoffé. Il comprend désormais 50% de compositions originales et 50% de chants traditionnels livrés, le plus souvent, dans des dialectes mandingues fleurissant en Afrique de l’Ouest.

«En spectacle, nous expliquons le sens des chansons. Certaines parlent du respect des aînés, d’autres de la beauté des enfants ou de l’importance du travail, indique Jean-François Lemieux. Nous avons aussi une composition en français et à Chicoutimi, nous ferons de nouvelles pièces qui, tout en s’inscrivant dans la continuité, approfondissent le rapprochement de nos deux mondes. Certaines pourraient se retrouver sur le EP que nous prévoyons sortir au printemps 2019.»

Au-delà des considérations sociales ou pédagogiques, cependant, il y a le plaisir que génère le quatuor. Même la perspective de jouer par temps clair, du moins au début du spectacle, n’inquiète pas le musicien. «J’ai beaucoup de métier et Djely Tapa est née sur une scène. Nous pouvons nous adapter à toutes les situations», laisse entrevoir Jean-François Lemieux.