La liste de mes envies raconte l'histoire de Jocelyne (Marie-Chantal Perron), une femme bien ordinaire qui remporte un gros lot de 18 M $.

Marie-Thérèse Fortin propose La liste de mes envies

Le public connaît bien Marie-Thérèse Fortin pour son jeu. Le 21 avril, c'est son travail de metteure en scène qu'il pourra découvrir alors que la pièce La liste de mes envies, mettant en vedette Marie-Chantal Perron, sera présentée au Théâtre Banque Nationale.
Marie-Thérèse Fortin assure la mise en scène de la pièce <i>La liste de mes envies</i>, qui sera présentée au Théâtre Banque Nationale le 20 avril.
La liste de mes envies est issue du roman de l'auteur français Grégoire Delacourt qui a connu un succès international. Maryse Warda en a fait une adaptation. Rapidement, le nom de Marie-Thérèse Fortin, qui a quelques mises en scène à son actif, s'est imposé. 
« La mise en scène, ç'a toujours été un peu accidentel pour moi. Je suis une metteure en scène accidentelle, mais qui peut faire un bon travail, je pense. Le jeu d'acteur m'intéresse avant tout, même si je m'amuse aussi avec les symboles. J'aime surtout la relation entre les personnages et l'auditoire », explique Marie-Thérèse Fortin au cours d'un entretien téléphonique. 
Cette fois, c'est le directeur artistique Pierre Bernard et Maryse Warda l'ont approchée. 
« Le projet était déjà porté par Marie-Chantal Perron. J'ai lu le roman, j'ai lu la première adaptation de Maryse Warda. On a ensuite travaillé conjointement, on a remanié le tout en cours de route. C'est assez délicat le passage d'un livre à la scène. Quand on adapte un roman, il y a ce qui arrive aux personnages, mais il y a aussi toutes les considérations de l'auteur qu'il faut faire ressentir. »
Pour celle qui est d'abord comédienne, le défi de la mise en scène est de taille. 
« J'ai une trouille d'enfer. En fait, la trouille ne me quitte jamais, même si ça fait 35 ans que je fais le métier de comédienne. Mais la mise en scène, c'est autre chose, car j'ai la responsabilité de raconter une histoire. Quand je suis comédienne, j'ai un bout de l'histoire à raconter. Le metteur en scène, c'est un peu le chef d'orchestre. Il faut que ça sonne, que ce soit harmonieux. Il faut aussi que les acteurs se sentent en confiance. »
La liste de mes envies met en scène le personnage de Jocelyne, campé par Marie-Chantal Perron. 
« C'est une femme ordinaire qui a eu quelques ''badlucks'' dans la vie. Elle n'est pas devenue ce qu'elle aurait voulu. Elle a racheté la boutique où elle travaille, elle essaie de tirer parti de ce qu'elle a entre les mains. Ses voisines, des jumelles, achètent des billets de loterie. Elle décide un jour d'en acheter un, puis elle gagne 18 M $. Elle ne le dit à personne. Elle se demande quoi faire avec ça, elle s'interroge sur ce dont elle a vraiment envie. On chemine avec elle. »
Jocelyne interagit avec les autres personnages, mais s'adresse aussi au public par moments. 
Marie-Chantal Perron porte la pièce sur ses épaules. Marie-Thérèse Fortin tenait à lui offrir le meilleur environnement possible. « C'était la première fois que je la dirigeais. C'était important pour moi qu'il y ait des gens qu'elle aime autour d'elle. Les deux comédiennes qui campent ses amies jumelles, Tammy Verge et Anick Lemay, sont des copines à elle. On croit vraiment qu'elles sont jumelles. Elles forment une sorte de fratrie », assure celle qui se dissocie de son rôle de comédienne pour diriger des acteurs. « Je m'efforce de ne pas jouer à leur place, autrement, ce serait terrible. Il faut que l'acteur ou l'actrice trouve en lui le vrai chemin qui est le sien. »
Marc Legault et Steve Laplante, qui sont tous deux apparus dans l'esprit de la metteure en scène dès le départ, complètent la distribution initiale. Ce dernier est toutefois remplacé par Frédérick De Grandpré, son complice de Mémoires vives, pour les prochaines représentations. 
« La chimie entre les êtres dans cette pièce est super importante. Des fois, ça compte moins. Mais là, c'est extrêmement important », assure-t-elle. 
La pièce a été jouée une cinquantaine de fois déjà. « La réponse a été immédiate. Il y a un engouement très fort. Les gens nous disent que nous avons réussi à adapter le roman », se réjouit celle qui n'écarte pas l'idée de faire d'autres mises en scène dans le futur. « Je vais me laisser guider par les événements. La mise en scène, j'aime vraiment ça. Mais le jeu reste ma grande affaire, mon premier réflexe », conclut-elle.
La fin de Mémoires vives
La série Mémoires vives prendra fin l'automne prochain. Avec elle, le personnage de Claire Hamelin que Marie-Thérèse Fortin campe depuis des années disparaîtra. La séparation risque d'être difficile pour la comédienne et toute l'équipe. Mais Marie-Thérèse Fortin se console. D'autres beaux projets sont à venir, notamment celui de jouer un solo sur les planches, un désir qu'elle caresse depuis des décennies. 
Marie-Thérèse Fortin s'estime privilégiée. Celle qui joue autant sur les planches qu'à l'écran cumule les rôles depuis 35 ans.
Aujourd'hui, elle se prépare à concrétiser un grand projet de carrière. Elle proposera La détresse et l'enchantement, un texte de Gabrielle Roy mis en scène par Olivier Kemeid. L'autobiographie de la romancière a été publiée un an après la mort de son auteure. 
« Ce solo, c'est la grande affaire de ma vie. C'est un projet que je traîne depuis presque 30 ans. J'ai fait plusieurs versions de ce projet-là. Je suis très chanceuse que ça se concrétise », affirme-t-elle.
Plusieurs années se sont écoulées avant que le projet prenne forme, mais la comédienne estime que le temps a joué en sa faveur. « Je me sens mieux armée maintenant pour le faire, je me sens plus mûre. Gabrielle Roy avait environ l'âge que j'ai maintenant quand elle a écrit ce livre. C'est une grosse affaire. Je me sens comme une espèce de responsabilité de mémoire. L'hommage posthume de cette femme me bouleverse. »
La pièce sera présentée au Théâtre du Nouveau Monde et au Trident en 2018. 
En attendant, la comédienne tourne actuellement les derniers épisodes de Mémoires vives qui seront diffusés l'automne prochain. Il s'agit de la fin d'une histoire qui dure depuis 2012. 
« C'est à partir du moment où on dit que ça va finir qu'on prend la pleine mesure de la place que ça prend dans notre vie et dans notre coeur. Des liens très forts se sont développés avec les membres de l'équipe. On vit de grands moments d'intimité pendant des années et du jour au lendemain, il faut couper le fil. C'est très dur », assure celle qui a beaucoup aimé camper Claire Hamelin. « C'est un personnage très en contrôle, une femme très forte, ouverte. Elle a été mise à l'épreuve pas mal. »
La comédienne sera également de retour dans le rôle de Monique dans Boomerang, un autre projet qui lui fait plaisir.