Marie-Pier Simard-Gagnon ne jouera plus du violoncelle pour Gregory Charles, puisqu’elle a été tassée de la tournée Virtuose quelques jours avant le concert présenté à Chicoutimi.

Marie-Pier Gagnon-Simard évincée par Gregory Charles

Marie-Pier Simard-Gagnon aurait aimé jouer du violoncelle dimanche dernier, au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi. Depuis le temps qu’elle demandait au parrain de Virtuose, le spectacle, Gregory Charles, d’ajouter une escale dans sa région, la musicienne se faisait une fête à l’idée de participer à cet événement.

Celle qui avait fait partie de la première saison de l’émission Virtuose, présentée à la télévision de Radio-Canada, a toutefois dû remballer son rêve. Quelques jours avant le concert, en effet, un courriel écrit par Julie Lapointe, coordonnatrice de Virtuose, le spectacle, lui a appris que sa présence n’était pas requise, et ce, jusqu’à la fin de la tournée.

« Gregory m’a tassée sans me donner de raison. Juste parce que j’ai posé des questions sur nos conditions de travail », a mentionné Marie-Pier Simard Gagnon mardi, à l’occasion d’une entrevue accordée au Quotidien. L’Arvidienne âgée de 18 ans, ce qui en faisait l’une des doyennes dans le cadre du projet Virtuose, s’interrogeait notamment à propos des cachets, ainsi que des répétitions non rémunérées.

« Pour un concert Virtuose, chacun touchait un montant de 118 $, soit le tarif minimum de la Guilde des musiciens, et il n’y avait rien pour les pratiques. Elles pouvaient durer de huit à dix heures, mais on nous disait que c’était une façon de prendre de l’expérience. Parfois, je me suis sentie exploitée », reconnaît la violoncelliste.

Elle précise que l’an dernier, les conditions étaient meilleures et que ça tenait au rôle alors assumé par Radio-Canada. « Quand on travaillait pour le réseau, le cadre était bien établi. C’était transparent », note Marie-Pier Simard-Gagnon. Ce fut le cas lors de la Virée classique, une série proposée par l’Orchestre symphonique de Montréal avec le concours des Productions Gregory. Autant l’édition 2016 fut agréable à vivre, autant le cru 2017 a laissé un goût amer.

« Cette année, nous avons été laissés à nous-mêmes », déplore la musicienne. Elle n’aurait pas été la seule à s’interroger sur le fonctionnement de Virtuose, soulignant même que les jeunes interprètes ont eu des discussions à ce propos, que des parents ont été parties prenantes de leurs échanges. La crainte de subir le courroux de l’organisation, comme ce fut le cas pour l’Arvidienne, les a toutefois incités à mettre une sourdine à leurs griefs.

« On m’a dit que si je parlais, ma réputation serait salie, mais je ne voulais pas aller à l’encontre de mes principes. Je ne désire pas avoir du succès à n’importe quel prix. Si je me suis exprimée, ce n’était pas pour faire la diva. C’est parce que je considérais qu’en matière de transparence et de conditions de travail, je n’étais pas traitée comme doivent l’être des artistes », énonce Marie-Pier Simard-Gagnon.

Malgré tout, elle a été étonnée de lire dans Le Quotidien de lundi que « d’autres obligations » l’avaient tenue à l’écart du concert de la veille. Oui, elle a travaillé cette journée-là, mais il s’agissait d’un engagement contracté après son éviction de la tournée Virtuose. Son plan A consistait à jouer devant ceux qui ont formé son premier public. « J’ai été déçue pour moi et pour les gens qui auraient aimé m’entendre. Il n’y avait aucun conflit d’horaire », assure la musicienne.