Marie-Ève Munger a fait plaisir aux mélomanes venus la rencontrer jeudi soir, à l'occasion d'un concert tenu à Jonquière. Il avait pour but de souligner le 30e anniversaire de Jeunesse en choeur.

Marie-Ève Munger, d'hier à aujourd'hui

Jeunesse en choeur étant indissociable du parcours de Marie-Ève Munger, celle qui a justifié la naissance de cette chorale, le concert tenu jeudi soir, à la Salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière, a épousé les contours d'une biographie musicale. La soprano a refait le chemin parcouru depuis l'enfance jusqu'aux grandes salles d'Europe et d'Amérique afin de lancer, de manière fort agréable, les activités liées au 30e anniversaire de la formation dirigée par sa mère, Gisèle Munger.
Même à la veille d'un long congé, les trois quarts des sièges étaient occupés et on sentait que ce rendez-vous avait des airs de retrouvailles. Il faut dire que la Jonquiéroise a peu chanté dans ses terres au cours de la dernière année, sa carrière étant florissante en France. De grands rôles la sollicitent, mais avant d'aborder le répertoire opératique devant son premier public, elle est revenue au Collège d'Alma , au moment où la musique classique est entrée dans sa vie.
« Je me voyais dans la pop avant d'être admise dans cette école où j'ai été formée par Luce Gaudreault », a confié l'interprète après avoir offert une sérénade de Richard Strauss, la première qu'elle a apprise. Dans la foulée de cet air enjoué, lancé par le jeu cristallin de Louise-Andrée Baril au piano, Marie-Ève Munger a revisité le lied qui a marqué le début de ses fréquentations avec Schubert, une bulle de romantisme dans laquelle la chanteuse s'est glissée avec beaucoup de naturel.
Cette pièce est familière, mais pas autant que l'Ave Maria du même Schubert, que Marie-Ève Munger ne peut aborder sans avoir une pensée pour sa grand-mère. C'est peut-être ce qui explique l'intériorité qui imprégnait cette version, la rendant d'autant plus émouvante. Un extrait du Messie de Haendel, Rejoice, a suivi. On a appris que c'est grâce à lui que la soprano a réalisé qu'elle pouvait chanter vite, un exercice qu'elle a répété en déjouant élégamment les pièges de la partition.
Et puisqu'on célèbre ses 30 ans, il était approprié que Jeunesse en choeur présente aussi quelques titres. Les adultes et les enfants qui en font partie ont donc entonné cinq pièces, dont une charmante version du classique de Richard Desjardins, Le coeur est un oiseau. Le petit bonhomme qui a livré les premières lignes a cappella, avant d'être relayé par ses camarades, a été très apprécié du public, dont l'enthousiasme s'est manifesté plusieurs fois au cours de la soirée.
En guise de dessert, il a eu droit à des airs provenant de deux opéras, Lakmé de Delibes, ainsi que Roméo et Juliette de Gounod. Ils ont mis en évidence le talent de comédienne que possède Marie-Ève Munger, en particulier Amour, ranime mon courage où l'infortunée Juliette se prépare à boire un breuvage qui créera l'illusion de la mort, un subterfuge ayant pour fin de sceller son union avec Roméo.
« Comme c'est Pâques, je vais maintenant ressusciter Juliette avec cet air qu'elle chante avant de rencontrer Roméo », a ensuite lancé la soprano avec humour. Je veux vivre a donc fermé la boucle, du moins en ce qui touche la partie officielle, puisqu'il restait le rappel. Ce fut l'occasion d'entendre La poupée, un numéro si drôle qu'on le revoit toujours avec plaisir, au même titre que son interprète.