Dans Marguerite, un père (Patrice Leblanc),= raconte les événements fondateurs de Petit-Saguenay à sa fille ((Britany Simard).

Marguerite à Petit-Saguenay: la fierté d’un village

Un décor mobile qui se transforme sous nos yeux, des marionnettes géantes, une chorale de 30 chanteurs, des projections, de la pluie et même quelques animaux vivants... Rien n’a été ménagé pour fêter le centième anniversaire de Petit-Saguenay, ce village qui retrace les étapes de son histoire dans un spectacle à grand déploiement intitulé Marguerite.

Sur scène, un père (Patrice Leblanc) raconte à sa fille Marguerite (Britany Simard) tous les événements qui ont fait de cette municipalité, souvent décrite comment étant dévitalisée, un endroit où la population ne baisse pas les bras.

« On a été façonné par les vents », lance le père à sa fille dans les premières minutes du spectacle. C’est l’idée maîtresse de Marguerite. Petit-Saguenay et ses habitants sont le résultat d’une somme d’événements parfois tragiques, mais aussi créateurs.

Marguerite s’inscrit dans la tradition des fresques historiques régionales. Une soixantaine de Saguenois bénévoles occupent les rôles de chanteurs, figurants et manipulateurs de décor et de marionnettes que l’on retrouve sur scène et dans les coulisses. La mobilisation est impressionnante. C’est environ 10 % du village qui a participé d’une manière ou d’une autre à la création de cet événement.

La mise en scène d’Éric Chalifour présente de belles trouvailles. Des éléments de décor qui étaient des glaciers au début du spectacle « fondent » sous nos yeux et rappellent ensuite le fjord. Les forces que l’on retrouve à Petit-Saguenay (l’Esprit du fjord, l’Esprit de la forêt, l’Esprit du feu, etc.) sont représentées par des marionnettes géantes qui déambulent sur la scène. Du blé, arrosé par un vrai orage printanier, pousse en direct.

Tous les talents créatifs des habitants de Petit-Saguenay ont été mis à profit pour concevoir ce grand spectacle.

Contes

On parle donc d’Histoire dans Marguerite, mais pas de celles que l’on retrouve dans les livres. Ce sont les histoires qui se transmettent de génération en génération et qui sont parfois un peu exagérées. Cependant, elles sont toujours hautes en couleur et elles contribuent à former l’identité et la fierté d’un village.

On y apprend, à partir des légendes que le conteur Élias Côté a apprises de son grand-père, que c’est à Petit-Saguenay qu’a été inventée la célèbre galette au sirop dans un étrange concours de circonstances. On découvre aussi que des portes de poêle condamnées à jamais ont le potentiel de créer une infestation de poux à la grandeur du Québec si elles sont ouvertes.

Un des moments les plus appréciés par la foule aura certainement été le monologue de Richard Gagnon, un ancien servant de messe qui revient sur des anecdotes du temps où l’Église catholique rassemblait la population du Bas-Saguenay. Habillé en curé, l’humour un peu grivois et parfois en bas de la ceinture de ce raconteur né a touché la cible à plus d’une reprise.

Le soir du passage du Progrès, il y avait près des 300 personnes dans la salle qui possède une capacité totale de 325 places. Malgré quelques petits problèmes techniques, on sentait la fierté de la population locale dans la salle. Le spectacle Marguerite est présenté les mercredis et jeudis à l’Aréna Robert-Lavoie pour les deux prochaines semaines à 19 h 30. Il y aura une dernière représentation le 1er septembre lors des Grandes retrouvailles de Petit-Saguenay.

Du théâtre d’ombre, réalisé pour illustrer un conte.