Mario Pelchat et ses prêtres, de même que plusieurs invités, ont charmé les nombreux spectateurs qui, le 30 novembre, se sont pointés au Théâtre du Palais municipal de La Baie.

Magie sur scène, avec un fond d'incertitude

Les arts de la scène ont donné lieu à plusieurs moments de grâce en 2017, toutes disciplines confondues. Toujours aussi sollicité par les diffuseurs, le public a pu apprécier le talent des interprètes, qui ne se dément pas, mais également leur générosité. Même si l’industrie du disque tire de la patte, même si les compagnies de théâtre luttent chaque jour pour leur survie, ils se démènent pour injecter un peu de magie dans la vie des gens.

Sur ce plan, l’un des plus prodigues est Mario Pelchat. Après avoir chanté Bécaud dans plusieurs villes de la région, il s’est pointé au Théâtre du Palais municipal de La Baie avec un choeur formé de prêtres. C’était déjà bien, mais ce soir-là, d’autres artistes comme Michaël, Cindy Daniel et 2Frères, entre autres, lui ont tenu compagnie.


Un autre visiteur apprécié fut le pianiste Charles Richard-Hamelin, qui s’est produit en compagnie du Quatuor Saguenay, puis de l’Orchestre symphonique du Saguenay-Lac-Jean. Chacun de ses concerts constitue un événement, tant en raison de son jeu que de sa manière d’être. Les mélomanes le sentent pleinement engagé, heureux d’être là, ce qui explique le lien qui s’est vite développé entre eux et le jeune interprète.


Cette complicité explique également les longues fréquentations du groupe Sweet People avec ses fans de la région, lesquelles ont pris fin à la faveur d’une ultime tournée. Dans un tout autre genre, Orloge Simard a donné ce qui pourrait bien être le spectacle de l’année, le 16 avril à La Baie. Il a fait salle comble au Vieux Théâtre, lors du lancement de l’album Beuvez toujours. Ne mourez jamais, et généré une adhésion si forte qu’elle se rapprochait d’un état fusionnel. Impressionnant. Et rare.

Dans ce qui pourrait constituer le spectacle de l’année dans la région, au moins pour l’atmosphère, Orloge Simard a lancé dignement son nouvel album, Beuvez toujours. Ne mourez jamais, au Vieux Théâtre de La Baie.

Un autre grand moment fut le passage de Tiken Jah Fakoly au Festival international des Rythmes du Monde, qui a également accueilli l’inusable Éric Lapointe à l’occasion d’une sortie sur la Zone portuaire de Chicoutimi. Quant au Festival jazz et blues de Saguenay, il a reçu de la grande et belle visite, la chanteuse Stacey Kent, de même qu’une Martha Wainwright délicieusement informelle.


Les fans de Styx, eux, chériront longtemps son spectacle donné au Centre Georges-Vézina de Chicoutimi, tandis que l’ancien gardien des Remparts de Québec, Jonathan Roy, a prouvé qu’il savait chanter lors de son escale à la Salle 4-Barils d’Arvida. Et que dire du rendez-vous almatois de Daniel Lanois, sinon qu’il fut à la hauteur de sa réputation ?


L’année a aussi été marquée par le départ de la violoniste Laura Andriani. Elle a quitté le Quatuor Saguenay, qui compte la remplacer au début de la prochaine année. Une autre disparition, malheureusement définitive, fut celle de la chef de choeur Céline Perreault. Elle qui s’investissait dans tant de projets, dont le remarquable Magnificat de Bach livré au Lac-Saint-Jean et au Saguenay en avril, a laissé un grand vide au sein de la communauté musicale.


Sur une note plus joyeuse, rappelons qu’au théâtre, Guylaine Tremblay a triomphé deux fois plutôt qu’une dans la pièce de Michel Tremblay, Encore une fois, si vous permettez. Quant au Théâtre CRI, il a célébré ses 20 ans en complétant un cycle de quatre spectacles intitulé Entre 4 murs. Chacun a été présenté dans une maison du centre-ville de Jonquière où le public, autant que les comédiens, a vécu une expérience unique en raison de l’exiguïté des lieux.


Enfin, il importe de signaler l’année exceptionnelle de la soprano France Bellemare, originaire du Lac-Saint-Jean. Avant de faire ses débuts au Metropolitan Opera dans Thaïs, elle a incarné le personnage de la mère à la Place des arts, dans le cadre du spectacle Another Brick In The Wall proposé par l’Opéra de Montréal. Dire qu’on a hâte de l’entendre cet hiver dans Faust, la prochaine production de la Société d’art lyrique du Royaume, constitue un euphémisme.