La soprano Lyne Fortin aime les concerts de Noël comme celui qui aura lieu demain, dimanche, à 15h, à la cathédrale de Chicoutimi. Elle y interprétera des airs de circonstance, ainsi que des extraits d’opéras, en compagnie du Choeur Euphonie, du baryton Marc-André Houde et de quelques musiciens.

Lyne Fortin en concert à la cathédrale de Chicoutimi

Lyne Fortin était âgée de cinq ans lorsqu’un adolescent a chanté à la messe de minuit, dans son village de Saint-Adalbert. «Il faisait le solo sur la pièce Dans le silence de la nuit et je trouvais sa voix tellement belle. Ça m’a touchée à ce point qu’aujourd’hui encore, je suis attachée à cette composition», a confié la soprano jeudi, au cours d’une entrevue téléphonique accordée au Progrès.

Elle profite de chaque occasion pour reprendre cet air chéri, ce qui sera le cas dimanche à 15h, à la cathédrale de Chicoutimi. L’artiste partagera l’affiche avec le Choeur Euphonie, dirigé par Micheline Hamel, un groupe de musiciens comprenant l’organiste Céline Fortin, le pianiste Martin Dubé, de même que le baryton Marc-André Houde et le trompettiste Nicolas Gobeil, tous deux originaires du Saguenay. La mise en scène sera signée Louis Wauthier, qui a également conçu les éclairages.

Tout en menant une carrière de professeur, Lyne Fortin demeure active sur les scènes d’ici et d’ailleurs. Après les Fêtes, elle interprétera la Neuvième symphonie de Beethoven avec l’Orchestre symphonique de Laval, prélude à un séjour à Nancy au mois de mai. «Je ferai le rôle d’une méchante sorcière», lance avec humour celle qui incarnera le personnage de Fata Morgana dans l’opéra L’amour des trois oranges, de Prokofiev. Il s’agit d’une production de l’Opéra national de Lorraine.

Néanmoins, la soprano répond présent lorsqu’on l’invite à participer à un concert de Noël. Elle aime le répertoire traditionnel, notamment le Minuit, chrétiens, qui clôturera le programme. «C’est une belle mélodie, une pièce dramatique que j’adore faire. Elle a été créée par une femme, puis les curés ont décidé que seuls les hommes pouvaient chanter à l’église et c’est devenu une tradition. Une tradition fondée sur l’ignorance», raconte Lyne Fortin.

L’artiste profitera de son passage à la cathédrale pour reprendre quelques airs d’opéra. Deux extraits de La Bohème figurent au menu, ainsi que deux titres de Mozart, dont un provenant de l’opéra Don Giovanni. «C’est à ce moment que Don Giovanni séduit une jeune fille, mais comme je suis plus âgée que mon partenaire (Marc-André Houde), notre version mettra en scène une cougar avec un petit jeune», lance la soprano en riant de bon coeur.

Elle anticipe aussi avec plaisir ses retrouvailles avec l’Air des bijoux de Gounod, qui restera éternellement associé à la Castafiore. «C’est plaisant à chanter, cette pièce qui met en vedette une femme contente de trouver son coffre à bijoux, de se regarder dans le miroir et de se trouver belle. Même si je la ferai en concert, il faut que ce soit vivant, interprété, énonce Lyne Fortin. Dans un tel contexte, on ne fait pas juste chanter les tounes.»

Rappelons que les billets pour cet événement sont offerts au coût de 50 $ l’unité et qu’on peut réserver au numéro 418-549-3212, à moins de prendre une chance à la porte. Les profits iront à la Fabrique Saint-François-Xavier.