Les membres du comité du concert de Noël, un groupe qui comprend Roger Tremblay, Marc-André Bédard, Chantal Marois et Arthur Bonneau, souhaitent remplir la cathédrale de Chicoutimi, le 15 décembre. Cet événement mettra en vedette la soprano Lyne Fortin.

Lyne Fortin chantera pour la cathédrale

La soprano Lyne Fortin sera la tête d’affiche du concert de Noël au profit de la Fabrique Saint-François-Xavier, un événement tenu le 15 décembre à 15 h, en la cathédrale de Chicoutimi. Elle et ses camarades qui, pour la plupart, proviennent du Saguenay-Lac-Saint-Jean, interpréteront des airs d’opéra, ainsi que des pièces associées au répertoire des Fêtes.

La liste des participants comprend le Choeur Euphonie, qui regroupe des retraités du monde de l’enseignement. Dirigé par Micheline Hamel, il sera mis à contribution au début du spectacle, en compagnie de la soprano et de l’organiste Céline Fortin. Les chanteurs évolueront dans un lieu inhabituel, ce qui correspond au voeu exprimé par le metteur en scène Louis Wautier. Notons que c’est également lui qui a conçu les éclairages mettant les interprètes en valeur, autant que le bâtiment qui leur servira d’écrin.

« Nous avons un programme remarquable et comme l’an dernier, notre objectif consiste à faire salle comble, ce qui représente 1200 spectateurs. Le prix des billets demeure le même, soit 50 $, et la vente progresse à un bon rythme », a mentionné le président de la fabrique, Marc-André Bédard, à l’occasion d’une entrevue accordée au Progrès.

En passant, les habitués remarqueront que le concert a lieu l’après-midi, comme ce fut le cas en 2018. Cette année-là, le comité organisateur avait abandonné la case horaire du samedi soir afin de se conformer à l’agenda des Violons du Roy. Cette expérience a montré qu’il y avait des avantages à se produire le dimanche, notamment parce qu’on ne subit pas la concurrence des partys de bureau. Et comme il fait noir assez tôt, on n’amoindrira pas le potentiel dramatique des éclairages.

« Une belle tribune »

Un autre ajustement tient à la participation des artistes d’ici. Ils étaient déjà présents, mais occuperont une place encore plus grande, le 15 décembre. « À cet égard, je veux souligner la collaboration de la directrice du Conservatoire de musique du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Louise Bouchard. Deux élèves de cette institution feront partie du programme. Il s’agit du trompettiste Nicolas Gobeil et du baryton Marc-André Houde. Nous leur offrirons une belle tribune », indique Marc-André Bédard.

Nicolas Gobeil sera le premier à se manifester, à partir du jubé. Accompagné par Céline Fortin, il proposera un air universellement apprécié, le Trumpet Voluntary de Jeremiah Clarke. Quant à Marc-André Houde, il chantera en duo avec Lyne Fortin sur un extrait de l’opéra Don Giovanni de Mozart, Là ci darem la mano. Puis, c’est seul comme un grand que l’artiste originaire de Chicoutimi interprétera Non piu andrai, une autre pièce de Mozart provenant, cette fois, des Noces de Figaro.

Quant aux incursions de la soprano dans le monde de l’opéra, elles feront la part belle à La Bohème, représenté par Quando m’en vo et Si, mi chiamano Mimi. S’y ajoutera la Chanson de Vilya, tirée de l’opérette La veuve joyeuse, de même que l’Air des bijoux de Gounod, cher aux tintinophiles. Livrés avec la complicité de Martin Dubé (piano), Rachel Baillargeon (violoncelle) et Jean-Michel Marois (violon), ils apporteront la touche classique du concert, sans toutefois porter ombrage au répertoire des Fêtes.

Le Choeur Euphonie en servira de larges tranches, en effet, seul et avec Lyne Fortin qui entonnera, entre autres, le Panis angelicus de Franck, Gesu Bambino et Dans le silence de la nuit. Puis, la soprano originaire de L’Islet offrira sa version du Minuit, chrétiens, toujours avec les choristes. Un grand moment d’émotion, à quelques jours de Noël.

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PROTÉGER LES VITRAUX

Les profits générés par le concert de Noël de la Fabrique Saint-François-Xavier répondent à un large ensemble de besoins. «Ils nous aident à passer les Fêtes, à faire la transition jusqu’en février, moment où se déroule la capitation», donne en exemple le président Marc-André Bédard. On parle de choses comme le chauffage, l’électricité et les travaux d’entretien, des postes budgétaires auxquels il faut ajouter celui des grands chantiers.

Depuis la tenue du premier concert, il y a une dizaine d’années, une part substantielle des sommes amassées a été canalisée dans cette direction. C’est ainsi qu’on a procédé à la réfection du toit et du parvis, remplacé le système de chauffage par une installation alimentée au propane, rafraîchi le presbytère et réaménagé le stationnement, un projet réalisé de concert avec la Ville de Saguenay.

À une époque où la fréquentation des messes atteint un creux historique, le fait d’avoir mené à bien ces travaux constitue un exploit. Le président en est manifestement fier, mais pas au point d’oublier que sa mission n’est pas entièrement accomplie. Avant de pouvoir réaliser son rêve, qui consiste à préserver la cathédrale pour les 100 années à venir, il reste une tâche à compléter.

54 fenêtres à refaire

«Nous sommes confrontés à une urgence, soit les fenêtres extérieures qui protègent les vitraux. Nous devons en refaire 54, en plus des portes latérales. Comme elles remontent à la construction de l’église en 1920, le bois est sérieusement atteint. Les altérations sont visibles», décrit Marc-André Bédard. La situation est telle que la remise à neuf devrait être effectuée l’année prochaine, dans un monde idéal. Passé ce délai, il restera peu de grains dans le sablier.

Le président révèle que des demandes de subventions ont été acheminées au ministère de la Culture et des Communications du Québec, dont un programme d’aide porte sur le patrimoine religieux. «Nous avons déposé notre dossier et peut-être que nous ferons partie des prochaines annonces. Le coût de ce chantier s’élève à 700 000 $», fait observer le président de la fabrique.