Un certain dépassement physique est nécessaire afin de courser avec les poissons, devant un écran qui détecte les mouvements.

L’univers des poissons... en profondeur

Démystifier le vaste monde des poissons et mieux comprendre l’immense rôle qu’ils occupent, voilà le mandat de la nouvelle exposition présentée depuis juin, et jusqu’en janvier 2019, au Musée du Fjord. L’exposition itinérante Comme un poisson dans l’eau, entièrement créée à La Baie, a reçu une subvention de 300 000$ du ministère du Patrimoine canadien et prendra la route vers d’autres institutions.

Les premiers vertébrés à peupler la Terre étaient, bien entendu, déjà à l’honneur dans l’institution baieriveraine, en particulier dans l’imposant aquarium de 51 000 litres contenant plusieurs espèces issues du fjord, toujours très couru des visiteurs. Mais aux dires de la directrice générale du musée. Guylaine Simard, le sujet avait à peine été effleuré. « Les poissons sont méconnus et, à preuve, de nombreux visiteurs et pêcheurs qui visitent le musée ne cessent de poser des questions à leur sujet », explique la gestionnaire à la tête de l’institution depuis 34 ans. Elle explique du même coup, avec fierté, que le jury du ministère fédéral a été immédiatement séduit par la proposition qui lui a été faite en 2016. En plus de la subvention de 322 649$ octroyée par le gouvernement fédéral, le musée a investi tout près de 100 000$ supplémentaires pour peaufiner le contenu. Ce dernier ne touche pas particulièrement les poissons de la rivière Saguenay, mais toutes les espèces d’eau douce et marine. Au Canada, 1200 espèces de poissons indigènes sont présentes, dont près de 900 vivent en eau salée.

L’expérience immersive, où les spectateurs sont conviés dans les profondeurs du fjord, a entièrement été conçue par des acteurs régionaux.

Visite multisensorielle
Comme un poisson dans l’eau utilise audacieusement les nombreuses expressions liées aux poissons, du genre « avoir une mémoire de poisson rouge », afin d’offrir de l’interprétation sur leur aspect biologique, leur écosystème et la façon dont ils servent l’être humain. Au passage, bien entendu, les visiteurs sont sensibilisés sur la pêche responsable, l’importante part qu’occupe cette espèce dans notre assiette de même que le développement durable qui se déploie afin de préserver la richesse des eaux.

Force est de constater que le dynamisme est le dénominateur commun de l’exposition, à travers laquelle tous les sens sont conviés. Une attraction populaire consiste à se planter devant un écran afin de faire la course avec un thon rouge, un requin et un saumon. À l’aide d’un détecteur de mouvement géré par une console XBOX 360, le visiteur doit nager jusqu’au fil d’arrivée. De multiples jeux d’association et d’autres activités interactives complètent le tableau, en plus d’une expérience immersive livrée sur écran où des images captées aux confins du fjord font baigner le visiteur dans ce riche milieu biologique. La motricité est quelquefois requise, notamment pour tenter de gonfler la vessie natatoire, qui assure la flottabilité (ou non) du poisson.

L’exposition bilingue prendra le chemin de Sherbrooke, au Musée de la nature et des sciences, dès février.

Impliquant tous les sens, l’exposition est très interactive. Ici, une pompe permet de mieux comprendre le rôle de la vessie natatoire chez le poisson.

Impliquer le milieu régional
Une exposition qui se construit en région monopolise bon nombre d’acteurs du milieu. À commencer par le mobilier, l’impression sur toile, mais aussi la validation des informations et faits livrés au public. « Nous avons collaboré avec des chercheurs de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) afin de construire certains volets de l’exhibition. Et le volet cinématographique est entièrement réalisé par des gens du Saguenay–Lac-Saint-Jean », ajoute Lily Gilot, responsable des communications pour le musée. Le vidéaste Alexandre Ruffin a été aux commandes du court métrage qui constitue l’expérience immersive offerte aux spectateurs, avec de magnifiques images sous-marines captées par la plongeuse Sonia Boudreau.