Les relations hommes femmes, les Québécois dans le Sud, la mort, l’épilation du pubis, Jérémy Demay s’amuse avec tout et n’importe quoi.

L’univers déjanté de Demay

Jérémy Demay est bien plus qu’un simple humoriste. Bien qu’être humoriste doit être tout sauf simple, le Français d’origine a su exploiter toutes les facettes de sa personnalité pour se forger une image qui le distingue. Bruiteur, humoriste, musicien, chanteur et surtout improvisateur ; Jérémy Demay est un homme aux 1001 talents. Et il joue avec eux avec une finesse qui doit faire bien des envieux.

Jérémy Demay était sur la scène du Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi, jeudi soir. Devant une salle comble, celui qui en est à son deuxième one man show, baptisé Vivant, a confirmé l’étendue de son talent. Nul doute, Demay est l’un des meilleurs humoristes de sa génération. Et il est probablement celui qui utilise le plus son public pour construire son spectacle. Tous les humoristes le font, certes, mais Jérémy Demay a le don de choisir les spectateurs qui seront en mesure de donner encore plus de saveur à ses numéros. Et c’est peut-être parce qu’il a de la chance, mais les spectateurs choisis jeudi avaient tous un petit quelque chose de savoureux.

D’abord, il a appris avec stupéfaction qu’un secteur de Saguenay s’appelait Shipshaw. « Wow, on dirait le nom d’une maladie qu’on a pogné dans le Sud. Mais c’est sans doute le plus beau nom de village du monde », a lancé Demay, qui a joué avec ce nom jusqu’aux dernières minutes de son spectacle. « Est-ce que les habitants s’appellent des Shipshiens et des Shipshiennes ? », a demandé Demay. Imaginez-vous donc que les spectateurs lui ont répondu par l’affirmative, bien que ce ne soit pas la réalité. « Et les enfants, on les appelle les Shipshiots, j’imagine ? », a renchéri l’humoriste, prenant la balle au bond.

Robert et Suzanne, qui forment un couple uni depuis 54 ans, ont aussi donné bien des idées de numéros à Demay. « Cinquante-quatre ans ! Elle ne doit plus jouir très souvent, votre Suzanne », a-t-il lancé. « Tu pourrais être surpris », a aussitôt répondu la charmante dame. « C’est bien juste à Chicoutimi qu’on me répond ça... Les cochonnes de Chicoutimi ! », a ajouté l’humoriste.

Peut-être bien que Jérémy Demay fait les mêmes jokes partout où il passe, comme le font bien d’autres humoristes, mais la différence, c’est qu’on n’y voit que du feu. « Je dévie vraiment beaucoup ce soir. Ça fait 25 minutes que je parle et je n’ai même pas encore commencé le spectacle », a admis Demay.

Dès les premières minutes, le public a été plongé dans l’univers déjanté de l’artiste. Le DJ Simon Perreault animait le public depuis quelques minutes déjà lorsque Demay est entré sur scène, en invitant les spectateurs à se lever et à taper des mains. Le public, composé autant de jeunes que de plus âgés, ne s’est pas fait prier très longtemps.

C’est que Jérémy Demay ne doit pas se faire refuser grand-chose. Avec un sourire fendu jusqu’aux oreilles, un accent mignon comme tout et une bouille des plus sympathiques, l’humoriste sait jouer avec son charme.

C’est en fin de première partie que Demay a sorti un nouveau lapin de son chapeau. C’est que l’humoriste chante, aussi. Et il se débrouille pas mal, par-dessus le marché. C’est d’ailleurs sur les airs de la pièce Le temps des cathédrales que Demay a raconté comment il avait vécu son examen rectal pour la prostate...

Les relations hommes femmes, les Québécois dans le Sud, la mort, l’épilation du pubis, l’artiste s’amuse avec tout et n’importe quoi. Et s’il y a quelqu’un qu’on voudrait tous avoir comme invité dans un party, c’est bien Jérémy Demay.