Ludovick Bourgeois a donné un spectacle rempli de toutes sortes d’émotions, vendredi soir, devant près de 400 personnes rassemblées à la Salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière.

Ludovick Bourgeois, à Jonquière comme chez lui

Près de 400 personnes rassemblées à la Salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière, vendredi soir, ont été prises d’un accès de ludomanie. Il s’agit d’une douce affliction provoquée par la présence du chanteur Ludovick Bourgeois sur une scène, laquelle a frappé les aînés au même titre que les jeunes adultes et les enfants venus voir le gagnant de la cinquième édition de La Voix.

Il est rare de voir un artiste susciter une telle adhésion. Nettement majoritaire, la frange féminine de l’auditoire a laissé échapper des cris perçants dès l’arrivée du jeune homme en compagnie de ses trois musiciens. « Je reprends le temps », a-t-il lancé d’un ton enjoué, pendant que le groupe faisait monter la température en injectant une dose de rock dans les arrangements.

Du rock, il y en avait également dans le clin d’oeil adressé à celui qui fut son coach à La Voix, Éric Lapointe. Sa version de Terre promise n’était pas aussi granuleuse que l’originale, mais le souffle y était, tout comme le caractère épique. Le plus drôle est que tout en étant à son affaire, Ludovick Bourgeois ne donnait pas l’impression de forcer outre mesure. En toutes circonstances, il affiche un naturel que pourraient lui envier des collègues plus aguerris.

On peut même affirmer que dans ce spectacle, c’est sa manière d’être, davantage que ses musiques ou les paroles de ses chansons, qui capte l’attention. On le trouve « cute » lorsqu’il tend la main à une adolescente venue saluer l’interprétation de Ta silhouette. On s’amuse avec lui quand il pose un genou sur la scène, absorbant chaque parcelle d’électricité libérée par le solo de son guitariste.

On a aussi la gorge serrée au moment où celui qui porte le deuil de son père Patrick présente la pièce écrite par Ingrid St-Pierre, Sur ton épaule. « Ce soir, je donnerais n’importe quoi pour faire envoler ta douleur », chante le fils avec une telle sincérité que ses fans, émus et sans doute un peu troublés, se sont levés d’un bloc afin de lui accorder une ovation.

L’invité de Diffusion Saguenay a accueilli cet océan d’affection avec une réserve qui trahissait sa propre émotion. Le temps de dessiner un demi-sourire, cependant, et il entrait de plein-pied dans le répertoire des B.B. avec Donne-moi ma chance. L’air était entonné avec vigueur tandis que les spectateurs, debout encore une fois, ne pouvaient faire autrement que de constater à quel point des succès d’un autre temps peuvent se révéler thérapeutiques.

Pourquoi t’es dans la lune ? a suivi, puis Fais attention, et la notion de plaisir a pris le pas sur le besoin de se souvenir. « Tout le monde est rentré dans le party », a constaté l’artiste, qui lâchait maintenant son fou pendant que les lumières flashaient, annonçant la fin de la première partie. On aurait pu craindre une baisse de régime à son retour, mais le ratoureux avait prévu le coup. Le rock est devenu omniprésent, ce qui a incité une poignée d’aînés à battre en retraite.

Ils ont raté une jolie version d’American Woman où les couplets étaient livrés sur un ton proche du hip-hop, puis cet hymne consensuel qu’est sa composition intitulée I Heard Of You. Le public battait la mesure, criait encore plus fort que d’habitude à la fin, comme pour se réchauffer en prévision de l’interprétation la plus réussie de la soirée, le Summer Of ‘69 de Bryan Adams.

Debout à nouveau, les gens dansaient devant leur siège pendant que le groupe tricotait une version pas asthmatique pour deux sous, proche de celle popularisée par le Canadien. « Vous êtes une maudite belle gang », a affirmé Ludovick Bourgeois, qui avait bien raison. Ce n’est pas tous les soirs, en effet, qu’on remarque un tel degré de complicité entre un artiste et ses fans.

Ludovick Bourgeois a donné un spectacle rempli de toutes sortes d’émotions, vendredi soir, devant près de 400 personnes rassemblées à la Salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière.