Voici les boîtiers où ont été placées les nouvelles oeuvres de Luca Fortin. Elles sont le fruit d’un exercice réalisé au printemps, à l’occasion du confinement.
Voici les boîtiers où ont été placées les nouvelles oeuvres de Luca Fortin. Elles sont le fruit d’un exercice réalisé au printemps, à l’occasion du confinement.

Luca Fortin et les vertus du non-contrôle 

Daniel Côté
Daniel Côté
Le Quotidien
À ses débuts au Lac-Saint-Jean, Luca Fortin peignait de grands tableaux, souvent des portraits de femmes. Ils avaient quelque chose d’immersif. On pouvait s’y perdre, alors que sa série présentée pour la première fois dans le cadre de la Foire en art actuel de Québec se situe à l’exact opposé. Les motifs sont abstraits et surtout, ils occupent un espace restreint, celui d’une feuille de papier.

Une cinquantaine d’oeuvres ont vu le jour au printemps, à la faveur du confinement. Tout en jetant un oeil sur sa fille pendant qu’elle faisait ses devoirs, l’artiste originaire d’Alma sortait ses feuilles ramenées de Chine en 2016. Là-bas, on s’en sert pour apprendre à faire de la calligraphie. C’est pour cette raison que des lignes ont été tracées, comme dans un cahier d’exercices.

« Je ressentais le besoin de travailler sur une trame très régulière, constituée de 20 carreaux. À l’intérieur, j’effectuais des interventions à l’encre, de manière aléatoire. J’identifiais les six que je trouvais les plus intéressantes et je saturais les autres de peinture noire, ce qui produisait un effet feutré. Cette démarche m’a permis de trouver une forme de beauté dans la simplicité », a relaté Luca Fortin au cours d’une entrevue téléphonique accordée au Progrès.

Luca Fortin est heureux de participer pour la première fois à la Foire en art actuel de Québec. Il a été sélectionné par la commissaire Dominique Fontaine en vue de l’édition 2020, qui prendra fin le 6 décembre.

Ce mélange de rigueur et de spontanéité n’a pas toujours donné d’heureux résultats. C’est pour cette raison qu’une douzaine de feuilles seulement ont passé le test en vue de la Foire en art actuel. « Je suis content qu’elle ait pris ça », confie l’artiste en parlant de la commissaire Dominique Fontaine.

Lui qui ne détient aucun diplôme en art, dont le principal champ d’études fut l’architecture, apprécie doublement son inclusion au sein de l’édition 2020.

« Vu que je n’ai pas de formation en art, je recherche toujours une reconnaissance parmi les pairs, admet Luca Fortin. La décision de la commissaire, tout comme la présence des autres artistes, amène donc une sorte de validation. En même temps, je sais que la Foire attire des gens qui aiment l’art actuel et que les représentants des institutions y jettent un oeil, ce qui peut donner lieu à des acquisitions. À tout le moins, ton travail est vu. »

Il note également que dans cette série, l’accent était mis sur le processus, davantage que sur le résultat. C’est donc en toute liberté, animé d’un esprit expérimental, que l’artiste a laissé l’instinct guider sa main à l’intérieur des petites cases. « Maintenant, je sais qu’il y a une forme de poésie dans les accidents, dans le non-contrôle », énonce Luca Fortin.