Ce plan rapproché de la fresque de Luca Fortin montre pourquoi il lui trouve une parenté avec une carte géographique. On voit également se profiler les fragments qui composent l’oeuvre.

Luca Fortin: artiste, architecte et Almatois

Il reste un mois, soit jusqu’au 15 décembre, pour découvrir l’œuvre monumentale créée par le peintre et architecte Luca Fortin. Baptisée Topographies oniriques/Terres de rencontres, elle se déploie sur une surface longue de 45 pieds, à l’intérieur de la salle d’exposition du Centre Sagamie. C’est sa contribution aux fêtes marquant le 150e anniversaire de fondation d’Alma, d’où il est originaire.

Pour symboliser la dimension communautaire de cette célébration, l’artiste a produit les 150 fragments composant sa fresque. Peints à l’acrylique, ils sont faits de papier, un matériau dont la fragilité, loin de constituer un handicap, ajoute un reste d’humanité à l’affaire. Les citoyens sont invités à réserver un morceau de l’œuvre, en effet. Ils partiront avec lorsque l’exposition sera terminée, mais devront le ramener dans 25 ans afin de recomposer le tableau.

« Des sections seront usées. Il y aura aussi des vides », anticipe le jeune homme. Lui-même prendra plaisir à revoir cette mosaïque sur laquelle il a réalisé des interventions à la main, juste avant de la numériser pour mieux la fragmenter. Il aime l’idée de la carte que suggère cette surface aux tons doux, de même que son côté immersif.

Voici l’immense fresque réalisée par Luca Fortin dans le cadre du 150e de la ville d’Alma, une oeuvre intitulée Topographies oniriques/Terres de rencontres. Elle est exposée jusqu’au 15 décembre, au Centre Sagamie.

Ce projet lui tenait à cœur en raison de ses racines almatoises. Il représente également sa première incursion dans un centre d’artiste, lui dont la carrière a été lancée par des portraits de femmes surdimensionnés que s’arrachait la clientèle des galeries. « Pour moi qui ne possède pas une formation académique en art, il était important d’entrer dans le réseau des centres d’artistes, un réseau où il n’est pas facile de présenter une exposition », fait observer Luca Fortin.

L’architecte en lui n’est pas resté sous le boisseau, cependant. On le voit se manifester par l’entremise de quatre monolithes se dressant en face de la fresque. Ils amènent les visiteurs à se déplacer pour explorer différents angles de vision, tout en ayant le mérite d’imposer une présence autre que celle des humains. « Même seul, on a le sentiment que la salle est habitée », souligne ainsi l’Almatois.

Lui qui vient de compléter sa maîtrise à l’Université Laval, prélude à un séjour en Inde en compagnie de jeunes architectes provenant de différentes régions du monde, entend persister dans cette double voie. Certes, une bonne partie de son temps est canalisé vers l’architecture. Il mène des projets personnels, tout en effectuant un stage dans un bureau de la Vieille capitale. Mais l’art n’est jamais loin dans ses pensées.

« Les deux dimensions vont s’équilibrer, à la longue. À mes yeux, elles ont la même importance », énonce Luca Fortin qui, justement, a obtenu l’autorisation de soumettre des propositions dans le cadre de la politique du 1%, laquelle a pour objet de favoriser l’intégration des arts à l’architecture. Déjà, l’un de ses projets a abouti en finale, dans la région de Québec. Une affaire à suivre.