Comme tant d’artistes, depuis une dizaine de jours, Luc Langevin est confronté aux contrariétés générées par l’alerte au coronavirus. Il fait toutefois contre mauvaise fortune, bon coeur, puisque la tournée Maintenant demain tire à sa fin.
Comme tant d’artistes, depuis une dizaine de jours, Luc Langevin est confronté aux contrariétés générées par l’alerte au coronavirus. Il fait toutefois contre mauvaise fortune, bon coeur, puisque la tournée Maintenant demain tire à sa fin.

Luc Langevin: rien qu’un illusionniste

– « As-tu le pouvoir de faire disparaître le coronavirus ? »

– « Non. Je ne suis qu’un illusionniste, malheureusement. »

Preuve que Luc Langevin est un simple mortel, l’un de ses spectacles a été annulé le 12 mars, dans les heures qui ont suivi l’annonce effectuée par le gouvernement québécois. Il était rendu à Trois-Rivières quand on lui a appris que ses plans pour la soirée ne tenaient plus, une réalité avec laquelle plein de gens, notamment au sein du milieu culturel, doivent composer depuis que la vie de notre petite société a été mise sur pause.

Un autre rendez-vous, cette fois à Saint-Hyacinthe, se pointait dans l’horizon immédiat. « Il n’a pas été annulé, mais je ne me fais pas d’illusions », a mentionné Luc Langevin, sans donner l’impression qu’il voulait faire un jeu de mots. Il est vrai que la tournée Maintenant demain arrive tranquillement au couchant. Il reste des dates jusqu’à l’automne, au Québec, tandis que le volet français prendra fin au début de 2021.

D’ici là, l’homme continuera d’intervenir sur les médias sociaux, que ce soit au moyen de capsules d’information ou de vidéos mis en ligne sur une base hebdomadaire. Des trucs de magie figurent parfois au programme. « Cette façon de communiquer me permet de rejoindre les deux marchés, celui du Québec et de la France, simultanément. Comme la télé perd de sa popularité, je sens que le Web va devenir un véhicule de plus en plus important », avance l’illusionniste.

Luc Langevin, qu’on voit à gauche sur cette photographie tirée de l’émission Diversion, aime côtoyer d’autres illusionnistes évoluant sur le marché français. Il croit que ceux qui présentent de bons spectacles donnent au public le goût d’en voir d’autres.

Un autre projet mobilisera son énergie, cette fois au petit écran. Il s’agit de l’émission française Diversion, dont les épisodes d’une durée de plus de deux heures sont diffusés sur la chaîne TF1. Deux ou trois fois par année, lui et ses camarades, les meilleurs de l’Hexagone, montrent de quel bois ils se chauffent. Loin de craindre leur concurrence, le Québécois se réjouit de l’émergence de ces talents avec qui il renouera en juin.

« Ma carrière en Europe a progressé grâce à cette émission, si bien qu’au fil de la présente tournée, je donne autant de spectacles là-bas, ou presque. Je crois aussi que la prochaine fois, il y en aura davantage qu’au Québec, anticipe Luc Langevin. La culture du spectacle est plus développée qu’ici, en effet, et les gens ont l’occasion de voir plus de magie. Quand elle est bien faite, ils sont tentés de voir d’autres productions. »

Inspiré par le virus

Le troisième spectacle de l’illusionniste, celui qui succédera à Maintenant demain, ne verra le jour qu’en 2022. On pourrait croire que ça laisse beaucoup de temps pour le préparer, ce qui ne correspond pas à la réalité. « J’ai déjà commencé à y réfléchir, confie-t-il. Les numéros germent dans ma tête parce qu’il s’agit d’un très long processus. Il faut penser aux numéros, puis créer des prototypes et les tester. Ensuite, ça prend de la musique, une scénographie. »

Quand on lui suggère de s’inspirer de la présente pandémie, c’est autant l’artiste que l’observateur attentif du comportement humain qui répond. « On voit à quel point notre société est fragile quand un simple virus arrive à perturber la planète, notamment l’activité économique. C’est très inspirant. Ça pourrait être exploité dans un numéro, à condition toutefois de se montrer patient. Si la crise prend fin dans deux semaines, ce ne sera plus pertinent », estime Luc Langevin.

Ce qui retient son attention dans l’immédiat, ce sont les spectacles qui ont été annulés et ceux dont le sort reste indéterminé (l’un d’eux est prévu pour le 10 avril, au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi). « Les diffuseurs vont tenter de reporter plusieurs de ces événements, croit-il. C’est également ce que je souhaite, mais ce ne sera pas évident en raison du calendrier chargé dans les salles. »

Comme tant d’artistes, depuis une dizaine de jours, Luc Langevin est confronté aux contrariétés générées par l’alerte au coronavirus. Il fait toutefois contre mauvaise fortune, bon coeur, puisque la tournée Maintenant demain tire à sa fin.

À défaut de le voir sur scène, ses fans peuvent se procurer la bande dessinée Juliette à Londres, inspirée du roman de Rose-Line Brasset, originaire du Saguenay. Elle-même portée sur la prestidigitation, l’héroïne rêve de rencontrer son illusionniste favori, un voeu qui, bien sûr, devient réalité. De se voir représenté entre les pages d’un album, sous la plume d’Émilie Decrock, a plu à ce dernier.

« J’avais participé à l’écriture du roman en échangeant avec l’auteure, puisqu’il fallait déterminer de quelle manière je me serais exprimé si j’avais été placé dans des situations similaires à celles de mon personnage, rapporte Luc Langevin. J’ai aimé l’adaptation de cette histoire. Je trouve que la morale qu’elle communique est pertinente pour notre jeunesse. »