Le 42e album d’Angèle Dubeau a été sacré Album de l’année en musique classique, en marge du dernier gala de l’ADISQ.

L’ovation d’Angèle Dubeau à son public

Angèle Dubeau, célèbre violoniste et pionnière de la musique classique québécoise, vient de dévoiler Ovation, son 43e album. Il s’agit du premier enregistré devant public, lors de son passage au Palais Montcalm de Québec, à l’occasion de sa tournée d’adieu. Le petit dernier contient ainsi les plus grands succès de la musicienne.

Celle qui a visité plus de 50 pays afin d’y présenter son art voulait faire un cadeau à son public, en présentant un 43e album, demandé à maintes reprises. En faisant sa tournée d’adieu, Angèle Dubeau a pris le temps d’écouter ses admirateurs à la fin des spectacles, et beaucoup lui ont avoué souhaiter avoir cette oeuvre ultime en main.

Ovation est un album chargé d’émotions vives, qui recrée l’ambiance des spectacles. Il a été enregistré au Palais Montcalm, lors de sa tournée Pour une dernière fois. Elle était sur scène avec son groupe La Pietà, fondé en 1977. Cet ensemble à cordes avec piano est composé de musiciennes parmi les meilleures au Canada. Ces femmes ont accompagné la violoniste pendant 21 ans.

Les quinze morceaux ont été choisis puisqu’ils ont été les plus marquants dans sa carrière. « Ce sont les oeuvres qui ont marqué les 21 années de La Pietà. Je les ai choisies parce qu’elles me rappelaient des moments de ma carrière, ou encore des rencontres, ou des endroits que j’avais visités », a expliqué l’artiste de 56 ans.

Par exemple, la musicienne a inclus la chanson Romanian Rhapsody No. 1 in A Major, Op. 11, parce que le morceau lui rappelle Georges Enescu et ses trois ans d’études aux côtés de ce maître roumain de la musique classique. C’est là, en Roumanie, qu’elle a appris que les violons voulaient « parler, pleurer et danser ».

D’autres lui font penser à des moments où elle a joué pour des personnes influentes, comme Nelson Mandela, ou encore la reine d’Angleterre. Certains lui rappellent des salles, où lorsqu’elle est entrée, elle ne pouvait pas croire que certains artistes avaient foulé les mêmes planches qu’elle.

« J’ai eu le privilège de parler avec Srul Irving Glick, quelques jours avant sa mort, sans le savoir. Il me disait que quand je jouais les chansons de The Old Toronto Klezmer Suite, comme The Rabbi’s Wedding at the Palmerston Shul, qui est sur l’album Origine, il était un papillon qui volait autour de moi. Je ne peux donc pas m’empêcher de penser à lui quand je joue cette chanson », a-t-elle révélé.

Ce n’est qu’un au revoir

L’artiste, originaire de Lanaudière, ne reposera toutefois pas son instrument de sitôt. « Je dis au revoir à un mode de vie. Cela fait plus de 40 ans que je sillonne le Québec, et le monde, pour présenter ma musique, près de sept mois par année », a laissé tomber Mme Dubeau.

Même si l’artiste qualifie ce mode de vie d’« extraordinaire », elle désire passer à autre chose. Elle gardera son violon, parce que c’est sa passion, mais ne fera plus de tournée comme elle le faisait auparavant. Elle continuera de faire quelques concerts par année et certains contrats. Elle pourrait même continuer à faire des albums.

Sa carrière est loin d’être terminée et brille encore de pleins feux. Dimanche dernier, son 42e album, Portrait : Max Richter, a été sacré album de l’année en musique classique, en marge du gala de l’ADISQ. Ce n’était pas sa seule nomination, puisque son concert Pour une dernière fois était en lice pour le titre du spectacle de l’année par un interprète, ravi par la troupe de Demain matin, Montréal m’attend.